SCÈNE QUATRIÈME
MONTACABKRE.
J’étais si troublé que je mettais tout dans ma poche.... pour dégrafer plus vite. — J’ai fait le bracelet, comme on dit à la police correctionnelle. Maintenant il faut le rendre délicatement.
ROHANÈCHE, remootaut, avec joie *•
Ah ! il y U une cocotte dans la maison de mon beau-père, et on veut que j’y reste! (Revenant à iiontacebère.) Tu en es bien sûr?
UONTACABÈRE.
Lis plutôt ce menu, qui est tombé de la poche du paletot. — On avait dîné... chez qui? — chez Bignon, cent dix-sept francs cinquante pour deux.
ROMANfeCHF.
Oh! oh! parfait! parfait!
MONTACABÈRE
Ce n’est pas une femme honnête qu’on nourrirait si bien.
UOMANÈCHE, arec joie.
Non. — Nous avons une cocotte! — A quel étage?
MONTACABÈRE
Je venais te le demander.
ROHANÈCHE.
Nous la trouverons.
MONTACABÈRE
Je n’ai pas besoin de toi. Je n’aurai qu’à foire son portrait. — Elle n’a pas sa pareille.
. ROHANÈCHE.
Vu, va, Montacabère, et s’il te plaît de faire un peu de scandale, ne te gêne pas : la maison est à mon beaupère.
* Romauèchd, Mootacabère.
MOXTACABÈRE.
Je me contenterai d’être irrésistible.
ROMANÈCRE.
Tu as ton porte-monnaie?
M0NTACAB(;RE, froissé.
Oui, — oui, je l’ai. — (changeant de ton.) Mais je ne suis pas renseigné.
ROMANÈCHE
Sur quoi?
Sur cette jolie pécheresse. On ne peut traiter toutes les femmes de la même façon. Le genre cocotte a ses variétés.
ROMANÈCHE
Ob ! le même fruit, — à des étalages différents.
MONTACABÈRE
J’entends bien, mais je n’aime pas à être bête avec les femmes, moi.
ROMANÈCRE.
Nous n’avons pourtant que ce moyen de leur plaire.
MONTACABÈRE
Que lui offrirais- tu, toi?
ROMANÈCRE.
Quelques jolies pièces d’or : elles font prime.
MONTACABÈRE
Tu oses donner ainsi, brutalement, ce vil métal?
ROMANÈCRE.
Oui.
Moi, non.
Pourquoi?
MONTACABÈRE
■ ROMANÈCHE