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a dit qu'en cherchant dans les vieux auteurs, on trouverait sans doute des relations analogues aux relations actuelles sur le hoquet. Il a dû, ce germe inconnu, manifester plusieurs fois au cours des âges, sa curieuse action pathologique. A lui aussi, son histoire se répète; nous avons assisté en décembre à un retour, périodique peut-être, de cet événement; si des cas se sont produits antérieurement, ils ont été trop bénins, ou trop peu nombreux pour qu'on les prenne en considération.
Le germe de l’encéphalite lui-même n'a-t-il pas évolué au cours des âges ? Il est certain qu'il n'est pas venu au monde dans le courant des années 1915 et 1916, époque à laquelle le Docteur Cruchet constatait les premiers cas. Qui pourrait dire que ce germe n'a pas existé de tout temps, que l'humanité ne le traine pas avec elle, depuis ses origines, et que des influences inconnues lui ont donné cette affinité terrible pour le système nerveux et cette action pathogénique que nous connaissons. |
Les grandes races animales s'adaptent sans cesse à des conditions nouvelles de vie; les races microbiennes connaissent des évolutions plus rapides, et de leurs conditions nouvelles de vie naissent des rapports nouveaux avec leur hôte, et des influences pathologiques nouvelles. Il faut du temps pour que l'organisme parasité réagisse à l'hôte nouveau, pour que la maladie s'allume dans l'espèce humaine: il en faut aussi pour que les organismes s'accoutument ou triomphent. Si par malheur cette adaptation ou cette victoire ne se produit pas, le parasite transmettant à ses descendants ses caractères acquis, donne une race microbienne nouvelle dont les effets certains et bien fixés sont redoutables.
L'agent du hoquet épidémique n'a jamais pu se résigner à un saprophytisme complet, il n’a jamais pu s'élever au rang de pathogène bien défini. Décembre 1920 a connu le maximum de son effort, peut-être reparaitra-{-il sur la scéne l'hiver prochain, mais il est condamné sans doute
de par la loi de son évolution cyclique à rentrer dans l'ombre, d'où il n'est sorti qu'un moment, pour jeter sur l'homme cette maladie peu grave que l'on a nommé hoquet épidémique.
Généraliserons-nous notre opinion au point d'en rejeter toute autre? Non. Nous demeurons persuadés, par exemple, que l’imitation a joué un certain rôle dans l'épidémie de 1920. Nous savons que l'encéphalite à forme myoclonique donne elle aussi des secousses diaphragmatiques, et nous estimons que certains hoquets relevaient d’elle; cas de Courtois-Suffit, de Rathery et Bordet, de Rivet.
Nous pensons aussi que certaines grippes ont présenté, avec de la toux, quelques manifestations de hoquet : nous n'oublierons pas, en un mot, que le hoquet n'est. qu’un symptôme dont les causes sont multiples. Mais nous réservons notre hypothèse à l'immense majorité des cas connus, à tous ceux, en particulier, que nous avons observés et qui forment bien le type de ce qu'on a appelé le hoquet épidémique.
Le Professeur Petges écrivait dans la Gazette des Sciences médicales, du 6 février 1921 : « Ce que j'en ai vu m'incite à penser plutôt que le refroidissement peut provoquer ce syndrome, à la façon d’une angine, d’une bronchite, d'une diarrhée. Il s’agit assurément d'une infection très particulière, peut-être banale, analogue à certaines manifestations intra-articulaires rhumatismales ou rhumatoïdes. On connaît, dans l’armée en particulier, l'existence de myalgies, lumbago, torticolis à allure épidémique, j'en ai observé jadis en hiver et au printemps. »
Déjà, -en 1903, dans les Archives de Médecine des Enfants, au sujet de l’Angine diphtérique, M. le Professeur Cruchet écrivait : « Au reste, en quoi y a-t-il nécessité que tel microbe donné soit forcément. le facteur unique de telle maladie donnée? Voici un pneumocoque ou un colibacille, qui pour une raison ou pour une autre, a longtemps séjourné dans une gorge : il s'est accoutumé à ce milieu
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— qui est un milieu spécial — et il est arrivé à y vivre, croitre et reproduire. |
€ Croyez-vous que, si par un moyen quelconque, peutêtre par les soins de ce « génie épidémique » dont parlaient les vieux auteurs, il se trouve mis en contact avec Îles divers tissus d'un individu quelconque, il ne choisira pas de préférence, le milieu spécial, ce milieu de la gorge auquel il s'était habitué depuis plusieurs générations? »
Et plus loin : « Il faut en convenir tout de suite, les mots varient de sens avec les époques. La spécificité telle que la comprenait Bretonneau, n'est plus aujourd'hui la nôtre : célait une spécificité en quelque sorte symptomatique, tandis que la nôtre est étiologique... La spécificité symptomatique ne change guère, tandis que la spécificité étiologique est essentiellement fugitive : l’une, est de tous les temps; l'autre, demeure la mode passagère d'un temps. »
Ces lignes nous semblent confirmer d'une manière éclatante, l'opinion que nous nous étions déjà fait sur le hoquet épidémique et sur la facon dont il faut comprendre ses manifestations : Cette affection a acquis une spécificité symptomatique; ce qui ne permet de rien préjuger sur son agent causal.