‹ Le hussard de Bercheny drame en cinq actes Auguste MaquetChapitre 57 sur 118 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

comme tu lo st^rais pour moi. Imagine un secret oonfi<5 à cette àme no.ble et courageuse... un secours qu’on lui aurait demandé dans un moment de danger, de désespoir... 11 y a de ces heures terribles, il y a de ces lits de souffrance que menacent à la fois la honte et la mort... Eh bien ! si la femme dévouée, si l’amie à toute épreuve s’est faite complice d’une pareille infortune, si, pour sauver une vie qui s’éteint, un honneur qui sombre, si elle a tout quitté pour fuir par les chemins, cachant quelque chose sous son manteau, si elle est venu frapper à la porte de ta maison, Sylvain, tu ne lui diras pas ce que tu disais tout à l’heure ; tu admireiUs, tu pleureras, tu feras comme Dieu, qui détourne, en souriant, la tête, quand il voit un de ces anges bercer un petit enfant dans ses bras.

SYLVAIN

S’attendrit-elle?... non.

LA MARQUISE

Un secret n’appartient pas à célui qui l’a reçu en dépôt.

rUILlPPE,

Oui, oui... mais vous pouvez, sans trahir, sans compromettre, vous pouvez me faire le plus heureux des... k; plus reconnaissant des hommes. Savoir que je ne suis ni seul au monde ni à tout jamais oublié, qu’une âme. quelque part, une pauvre âme enchaînée, aspire à moi sur la tefre, ou qu’une âme délivrée me plaint et prie pour moi au ciel... savoir qu’on ne m’a pas impitoyablement, férocement jeté au grand chemin par peur ou par haine, voilà tout ce que je désire, voilà ce qui m’empêchera, tant que je vivrai, d’accuser la vio... Oh! quoi quelle ait fait, cotte personne, votre amie, dont vous avez été l’ange, elle a bien fait; je l’absous, je la vénère, je l’adore... Je ne vous demande rien, je

LE HUSSARD DE BERCHEÎVY

n’attends rien ni d’elle ni de vous... ù partir d’aujourd’hui, je jure de ne jamais vous revoir. Dites-moi seulement : elle vous regrette... ou bien elle vous aimait!...

LA MARQUISE, }i part.'

Il est trop tard... je rougirais devant mon filsl... (Haut.) S’il était possible qu’une amie m‘eùt confié son honneur, son secret, mon devoir serait de ne pas vous répondre... le vôtre, de respecter mon silence.

PHILIPPE

Tu avais raison, Sylvain; je n’ai rien à chercher ici... Le jour où ta mère est morte, ce jour-là, j’ai perdu ma mère !

SYLVAIN

Eh bien , en venant , tu avais des scrupules , tu croyais devoir quelque chose à madame... maintenant tu sais que tu ne lui dois rien, nous pouvons tuer M. le marquis. Viens!...

Messieurs!... un moment!...

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