SCÈNE VI
’ Les Mêmes, ULRICH, dans le salon voisin.
ULRICH
Eh ! que m’importe qu’elle soit seule ou non î (Il entre.)
PHILIPPE et SYLVAIN,
"Herbach!
LA MARQUISE, il elle- même.
Le comte Ulrich !
ULRICH, à Sylvain et à Philippe.
Ah I VOUS m’avez devancé... (A la marquise.) Où est Suzanne, madame la marquise?
Suzanne?
sylvaik.
Vous la cherchez?
ULRICH
Vous ne savez donc pas?...
PHILIPPE
Je ne sais rien...
SYLVAIN
Dites!
* ULRICH
On est entré en mon absence... des soldats... on l’a arrêtée...
LA MARQUISE
Ah!...
PHILIPPE
Suzanne...
SYLVAIN
Cette enfant...
ULRICH
J’ai couru... j’ai suivi quelque temps ses traces, mais les forces m’ont manqué... Je me suis jeté dans une voiture... et me voici... Où est Suzanne?
in.i
LK HUSSARD DE BICRCHEXY
LA MARQUISE
Mais, monsieur, le sais-jel...
ULRICH. •
Si, vous le savez! si, vous savez qu'il lui est arrivé malheur! Oh ! je m’attendais à cette réponse... car je vous connais et je vois bien pourquoi vous êtes venue dans ma maison.
LA MARQUISE
Je suis allée chez M. Rozel...
PHILIPPE
Je ne m’appelle pas Rozel.
LA MARQUISE
Je suis allée chez monsieur pour concilier une querelle entre lui et mon fils; j’en appelle à vous, monsieur, à votre loyauté...
PHILIPPE
En effet, c’est là ce que vous m’avez dit. ^
Soit, mais je sais que vous y avez vu Suzanne, que vous l’avez reconnue, que vous avez trouvé une occasion de venger tous vos mécomptes, de venger l’affront fait à votre fils bien-aimé. Je sais enfin que depuis un mois, nous vivions ignorés, tranquilles, et qu’une heure après votre visite, sans prétexte, sans imprudence de notre part, Suzanne a été dénoncée, trahie, arrêtée.
LA MARQUISE
M’accusez-vous, par hasard ?
PHILIPPE
Mon ami, la douleur vous trompe...