ACTE ni
SYLVAIN
Qui sait?...
ULRICH
Suzanne a été dénoncée...
Quel intérêt avait-on à perdre cette jeune fille?
ULRICH
Taisez-vous! Cette jeune fille, vous ne la connaissez pas, mais madame la connaît bien, elle. Madame sait le nombre de ses châteaux, de ses biens, de ses terres... Madame ne lui a pardonné, ni sa richesse, ni son titre, ni surtout ses vertus. Encore une fois, qu’avez-vous fait de la comtesse de Manstein?
PHILIPPE
La comtesse... de Manstein!... Suzanne?...
SYLVAIN
Je comprends...
LA MARQUISE
Vous m'insultez... chez moi... Prenez garde que je n’appellè, comte Ulrich... • ^
(Mouvement des deux jeunes gens à o« nom.)
ULRICH
Oui, VOUS enverriez le-vieux soldat de Marie-Thérèse rejoindre l’héritière dont il est le seul protecteur; mais je no suis pas une femme, moi, et si vous faites un geste hostile, il y aura du sang versé ici!
LA Marquise.
Mon fib! à moi...
ion
ULfilCH.
Appelez uu peu votre fils... appelez-le, lui, votre confident, votre complice peut-être... appelez-le, c’est tout ce que je demande. .r Je vous ai dit que je vous connaissais... appelez-le...
LA MARQUISE
Comte ! -
ULRICH
Je liil dirai ce que vous êtes venue faire, en 1768, à Schœnbrunn, chez l’impératrice... pourquoi vous obteniez ce commandement, ou plutôt cet exil d’un an dont vous aviez besoin pour tromper votre mari.
LA MARQUISE
Oh! comte!...
(Elle veut fuir.)
ULRICH, l’arrêtant.
Je lui dirai, puisque vous ne voulez pas me répondre où est Suzanne... je lui dirai votre fuite, chacun de vos pas depuis l’Allemagne jusqu’àla France, depuis Schœnbrunn jusqu’en Picardie.
n PHILIPPE, tremblant.
Par pitié 1 ' . ■
ULRICH
Où est Suzanne?...
LA MARQUISE, éprrdue.
Je ne le sais pas, je ne le sais pas.