‹ Le hussard de Bercheny drame en cinq actes Auguste MaquetChapitre 82 sur 118 · SUZANNE, PHILIPPE · texte numérisé non relu

SUZANNE, PHILIPPE

6UZANKE.

Je devine maintenant. Je suis dans cette maison d’arrêt dont vous êtes le médecin. Je vous revois, je vous re^ouve! Hier, je ne l’espérais plus.

' PHILIPPE

Avez-vous donc pensé à moi... Suzanne?... Madame la comtesse.

SUZANNE

Et voua me connaissez, vous pouvez me juger maintenant. Oli ! Dieu soit loué ! j’ai souffert la prison; j’ai souffert r incertitude , pire que la mort. Mais vous me connaisses. , vous me rendez justice , je ne souffre plus!

PHILIPPE

Huit jours dans ces angoisses! et je le savais et je ne pouvais rien pour vous !

SUZANNE

Quand ils m’ont enfermée dans ce caveau lugubre qu’ils appellent le secret, quand ils croyaient avoir brisé mon âme par la terreur, l’isolement, l’attente du dernier supplice, une idée me soutenait, celle-ci : Phi-

UO ^ LE HUSSARD DE RERCHENY

lippe me cherche, il me plaint, et si l’on me fait souffrir, c’est peut-ptre parce que j’ai réussi.

PHILIPPE

Réussi... mais vous voilà bien émue et bien efxattée, ce me semble.

SUZANNE

Croyez-vous qu’on porte impunément le fardeau d’une si lourde responsabilité? Songez -que j’ai été arrêtée subitement , sans rien savoir , que j’ai usé chaque seconde, pendant huit journées, à écouter, à guetter, à me former mille suppositions qui, toutes, aboutissaient à la folie du désespoir ou à là folie de la^ joie... (Mouvement de Philippe, qui se demande si elle a bien sa raison.) Songez que ce matin, tout à l’heure, on m’a tirée démon cachot et amenée ici, sans que j’aie osé faire une question, sans qu’on m’ait adressé une parole. Vous, au contraire, vous étiez libre, vous saviez tout, vous comprenez l’inquiétude qui me dévore... Ne me faites pas languir, dites-moi sincèrement tout ce qui s’est passé.

PHILIPPE

Mais vous me parlez de choses que je ne comprends pas.

SUZANNE. ■ '

Comment?...

PPILIPPE.

Je sais que vous n’étes pas Suzanne Herbach, mais Suzanne, comtesse de Manstein, c’est vrai. J’ai entendu nommer comte Ulrich celui que je croyais Franz Herbach, votre père, mais voilà tout.

, SUZANNE

Vous ignoriez ce que j’étais venue faire en France?

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