CHOEUR FINAL
Musique de M. Doche Jlls .
Sonnez , clairon , sonnez , trompette !
Tous nos soldats sont réunis;
Une bataille est une fête, Quand la victoire en est le prix.
{^Brandt suit le roi et serre en passant la main de Charles qui s incline devant Sa Majesté. Le G-oui^err.eur a l'air fort étonné et s'incline aussi profondément. Uii détachement rangé dans le fond p.résenle les armes. )
FIN DU PRE311Ea ACTE.
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(Le théâtre représente le jardin du château de Newvod ^ sur les remparts. Au fond^ vers la droite^ les murs forment une batterie demi-circulaire ; à l un des angles de la batterie , presquau milieu du tïiéâtre , une petite tourelle dans laquelle est un escalier tournant qui descend à la poterne. Au-delà des remparts., on voit la campagne et les montagnes en panorama. La disposition de la décoration doit bien indiquer qu'on est sur une hauteur. Sur le devant de la scène , à droite de V acteur .^ le berceau de Bathilde. A gùuche., une galerie gothique servant de péristyle au château. )
SCEME PREMÎEIIE.
• BATHiLDE , CKET TLE.
r.iïu lever du rideau, Crettle est occupée à travailler à C aiguille. Bathilde f iii carton sur les genoux, dessine un paysage . )
lîATlIILDE.
Ah! mon Dieu! mon Dieu! que ces points de vue sont iristes et désagréables 1
CRETTLE.
Vous les trouviez si beaux , si pittoresques , avant le voyage de huit jours que nous avons fait chez votre tante h lireslaw-
BATHILDE
Oui, alors ça n'était pas ma!... mais maintenant... c'est peut-être la faute du jour.
CRETTLE , examinant le dessin de Bathilde Eh ! mnis qti'est-c« que vous faites donc là ?... Comment , vous dessinez un troupeau de moutons , et Toiie berger est en uniforme.
BATHILDE
Oui, ma lionne, c'est plus gai... Au lien de houlette, je lui ai mis une tfpée, et Aes, bottes h l'écuyèrc eu place de sabots.
CRETTLE.
Eh! Dieu n.e pardonne, c'est tout le portrait de ce jeune homme dont vous parlez sans cosee depuis notre retour... Fi, mademoJMlle , que c'est vilain !... la fille de M. deBlumenthal, commaudani de la forteresse de Newrod^ aimer ainsi le premier venu !...
BATHILDE
Mais, ma bonne, quand quelqu'un commence a nous plaire, est-ce que n'est pas toujours le premier venu? D'ailleurs il est si gentil, si aimable 1....
CRETTLE.
Belle passion de roman... Un petit page qui ne vous a seulement jamais parle'...
BATHILDE
C'est vrai.... Mais à la promenade, où nous allions tons les soirs avec la société de ma tante , il était toujours arrivé avant nous... et en m'en allant, je voyais bien qu'il restait là pour nous regarder encore de loin... 11 y a manqué hier pour la première fois... Ah! que ce voyage m'a semblé court !
Air anglais , arrange par M. DocJieJlls.
Nos amours ont duré toute une semaine ; Mais que du bonheur les instans sont courts.
S'adorer huit jours ,
C'éL-iit bien la peine ;
Le temps des amours
Devrait durer toujours.
Ah ! que son regard était doux et tendre ! Sans qu'il dît un mot, je savais l'entendre; Mais lorsque ces murs sont entre nous deux. Comment , à présent nous parler de» yeux (jbii) ?
Nos amours , etc.
Combien II m'aimait !... mais souvent la gloire Fait , aux amoureux , perdre la mémoire. Hier il jurait d'aimer jusqu'à la mort... Hélas ! pourvu qu'il s'en souvienne encor... (Bis).
Nos amours , etc.
CRETTLE.
AUon", allons, vous êtes une étourdie, et je vous préviens que je me fâcherai , si vous me parlez encore de votre petit page.
BATIIII.DE.
Je te conseille de me faire des reproches, toi qui ne pense qii'h ton vieux hussard.
CRETTLE.
Quelle diiFéroncc, mademoiselle', je suis formée, moi, raisonnable, majeure.... Et d'ailleurs , comment pouvezvous comparer un freluquet , un amoureux de huit jours à un homme comme Brandt, à un adorateur qui me porte dans son cœur depuis vingt-cinq ans.
Air du dimanche à Passj\
De tous le.s amans c'était le vrai modèle : Courageux, galant, Courtois et complaisant , Pendant vingt-cinq ans à sa belle Fidèle.
Hélas ! aujourd'hui , On n'en voit plus ainsi !
Il était hussard quand je fis sa conquête ; D'un sexe enchanteur Son cœur N'avait pas peur ; Car il me disait : Je prendrai ma retraite , Si vous voulez , vous , Me prendre pour époux.
I! a cinquante ans ; Mais il en est plus sage.
D'ailleurs , je le sens , Si je compte mon âge, J'ai vu toujours veits Bien des printemps divers , Sans compter les hivers.
A mon tendre amant la nature propice, Avant maint chevron , Avait fait plus d'un don.
Dieux ! qu'il serait beau , sans une cicatrice Qui lui prend au front
Et <lescend au menton.
Mon hussard buvait , Mais me disait :
<• Ma chère !
» ,1'bois à la beauté , » C'est boiie à vot' sauté. •
Mon hussard jurait , Mais pouvait-il déplaire?
Ne jurait-il pas Au nom de mes ajipas?
Mon hussard fumait ; Mais son âme charmée Voyait mon portrait A travers la fumée.
Bref, il grisonnait,
N'était ni beau, ni laid ;
Il criait ,
Tempêtait ,
Se grisait ,
S'emportait ,
Et même on prétendait,
Que parfois il battait....
( Parlé. ) Mni.s c'est égal.... Ah ! Dio'i I
De tous les amans c'était le vrai modèle : Courageux, galant.
Courtois et complaisant , Pendant vingt-cinq ans à sa belle Fidèle.
Hélas ! aujourd'hui , On n'en voit plus ainsi .'
BATHILDE
C'est très-bien; mais chiciin son goûl ; moi, j'ainio mienx un jeune page que le vrai modèle de tons les amans, avec sa cicatrice et ses cheveux giis.
Cr.ETTLE.
Voici votre père, mademoiselle; silence devant lui, je vous en prie en grâce.