‹ Le hussard de FelsheimChapitre 13 sur 32 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes, BLUMENTHAL.

BLUMENTHAi,, en entrant.

Bonjour, mon enfant... bonjour, Creitle.

( Creitle fait une grande rc'f^érence. )

CliEÏTLE.

iMoncicur le baron...

BATHILDE

liltblen, mon père, me direz-voiis enliu ce grand secret que vous m'annoncez (le[)uis un mois?

CRETTLE.

Pi»licncedonc, mademoiselle, je vous répète sans cosse qn^ine jeune personne ne doit pas èfre curieuse. — Monsieur le baron , nous vous écoutons.

blumentiial.

Mil chère BathiUle , tu as seize ans.

BA.THILDE , souriaiU.

Est-ce là votre secret ?

BLUMEWTHAL.

\ oyons, finis. Je ne plaisante pas... écoute-moi sérieusement.

BATHILDE

Sérieusement... allons, je lâcherai.

blu.menthal.

Je t'ai toujours trouvée docile à mes volontés.

CRETTLE.

Dieu merci! je n'ai rien négligé pour ça...

BATHILDE

J'attends le secre!, mon père.... Oh! je suis toujours sérietîse... Resfardez plutôt.

BLUMENTHAL

J'ai pensé, ma fille, qu'il était temps de fixer ion sort , et je veux te marier.

BATHILDE

Me mariej-, et avec qui?

BLCMENTHAL.

Avec un homme très-recommandable, fort riche, et qui plaît beaucoup au loi.

BATHILDE

Mais , mou père, si le roi avait mauvais goutl...

CUETTLE.

(>'est impossible, mademoiselle , c'est imposssibb'.

BLUMENTHAL

j'espère, mon enfant , que tu appiouYcras mon choix... Eh! ranis, qu'as-lu donc?

BATIULDE.

Oh! pour celle fuis , je suis loiU-h-fait sérieuse... V^on» m'avez permis de vous parler toujours avec franchise.

BLUMEITTHAL.

Eh bien?

EAïHILDn.

Eh bien! mon père, j'ai peurtjne ce mari, trè -leconimandable , fori riche, et qui plaît beaucoup au roi, n'ait pas le don de me [.l.iire.

CRETTLE.

Ah! mon Dieu!

BLUMEA'TFJAL.

Et pourquoi donc cela?

BATHILDE

Ne vous fâchez pasj je vais tout vous dire... C'est que, vovez-vous, a la promenade , àBreslaw... un jeune liouime... Il a l'air si distingue! l'uniforme lui va si bien!... Jl n'est pas très-grand \ mais les dames irouvaient quesatoui nure était charmante... Elles le regardaient toutes; mais, lui, il ne regardait que moi... Moi, jo le regardais aussi pour faire comme les autres... et eniin... je crois que je l'aime, mon père.

BLUMENTHAL

Quelle folie !

BAxni; DE.

J'espère, au moins, que M. le baron ne dira pas qu'il y ait de ma faute; car enfin les gouvernantes ne peuvent pas empêcher les demoiselles de lever les yeux.

BLUMENTBAL.

Allons, allons, c'est une plaisanleiie... Quelque petit fou qui déjà, peut-être, ne pense plus à toi, et que, sans doute, tu oublieras bientôt toi-même... Il n'y a pas là àv. quoi me faire renoncer à mon projeî... Dans ma carrière, je j)uis être, a tout instant, force de le quitter; le roi peut m'appeler à un service actif; et, dans ces temps ne gi.ci re, si tu me perdais, je veux au moins te laisser un protocieur.

BATHIt.DE.

Que diies-voiis?...

Air : On prétend qu'il parcourt le monde (cîe la Visite à

Bedlam. )

Grâce au ciel, de long-temps, j'espère, Je n'aurais pas à pleurer ce ma'heur ; Mais si quelqu'un doit remplacer mon père, Faites , du moins, qu'il soit selon mon cœur. Que dans mon âme il puisse faire éclore Les sentimens et l'amour le plus doux ; Car, je le sens, il faut que je l'adore , Pour que je l'aime autant que youi !

BLUMENTHAL

Clière enfaat!... va, je le pardonne ion étourderie en faveur de ton bon cœnr.

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