‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 102 sur 190 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

4. En particulier le tome VI, publié en 1873 et relatif à des faits de 1679 à 1681.

ne sait si cette image était baptisée. Une vitrière, la Joly, qui faisait des traités avec « l'Esprit », promet à Madame Dreux qui voulait, entre autres morts, celle de la fiancée d'un de ses amants et celle de son mari, de faire « plusieurs figures d'homme de cire pour les desseins de la dame... pour les faire fondre... et prétendait faire diminuer les personnes pour qui elles seraient faites à mesure que les figures fondraient » \

Puis les fagots qu'on brûle. La fille de la Voisin dit que sa mère avait fait faire par la Landry — chez qui il j avait plusieurs têtes et os de morts — pour Madame de Montespan « des conjurations et autres cérémonies où elle y a vu brûler des fagots pour la dite dame, et brûlant la Landry lisoit dans un papier le nom de la dame et celui du roi, en disant: Fagot, je te brûle, ce n'est pas toi que je brûle, mais le corps, l'âme, l'esprit, le cœur et l'entendement de Louis de Bourbon, de manière à ce qu'il n'ait à aller ni à venir, reposer ni doraiir, jusqu'à ce qu'il n'ait accompli la volonté d'une telle dame, et la Landry nommoit le nom de la dite dame ». Une autre sorcière, la Desponts, brûle le fagot « d'une façon extraordinaire, toute nue, les cheveux épars ».

Enfin les papiers écrits. A ce qui précède, je joins Mabile qui faisait brûler une tête de mort, prise par lui et par l'abbé Mariette dans un cimetière, « pour être bien avec son oncle en disant des mots inscrits sur un papier qu'une petite fille avait donné à la Leroux ». — Je ne dis rien de la Duval, une avorteuse, qui possédait, à ce qu'un prêtre affirme, « un chat qui parlait ».

Je termine par les allures de nos paysannes de Tourettes.

1. Il ne s'agit plus de les piquer, comme au temps où Robert d'Artois fabriquait une figurine représentant Philippe de Valois, — « une image de cire enveloppée en un guevrechef crespe, laquelle image estoit à la semblance d'une tigure d'un jeune homme et estoit bien de la longueur d'un pied et demi », — la faisait baptiser par un moine et y enfonçait des aiguilles.

« Regarde un peu, quaquo es geiitc », aurait dit de Guigues à Varages en jDarlant de l'isnai-dc. Ne dirait-on pas Don Juan plaisantant avec .Sganarolle, aux dépens de la paysanne Charlotte, la tiancée de Pierrot, qu'il veut enjôler ' '^ — De Guigues renverse la Gazagnaire en jouant. N'est-ce pas ainsi que, dans son don Juan, Molière raconte les amours de la grosse Thomasse et du jeune Robin, et que le pauvre paysan Pierrot s'émerveille, en son patois, de ce qui se passe ^f Quand Panurge, « en compagnie de quelques dames », fait tomber la conversation « sur le propos de lingerie », il leur met la main sur le sein et demande « si cet ouvrage est de Flandre ou de Hainant ». Tartuffe s'inspire de lui, tàte l'étoffe moelleuse de la robe d'Elmire et admire de près la dentelle de son liclm. De Guigues, moins galant, culbute la veuve, du moins — car rien ne prouve qu'il l'ait culbutée — selon son dénonciateur. — Enfin l'histoire des fruits fait songer, bien que la situation ne soit pas du tout la môme, aux poires que Thibaudier, l'important conseiller au présidial d'Angoulôme, envoie à une grande dame ^ Cette scène, sur laquelle on reviendra, fait penser surtout, puisque c'est de Jansénisme que nous parlons, aux espaliers de Port-Royal qu'Arnauld d'Andilly cultivait si bien et dont il envoyait les pavies et les poires — « ces fruits bénits », comme disait Mazarin, — aux grands personnages de la cour. Personne ne lui en avait fait un crime. La « demi-peche » ensorcelée et la noix que GauftVidi avait fait manger à Magdeleiue de Mandols avaient eu d'autres conséquences.

1. Acte II, se. I. — « Pout-oii lien voir de plus aj,néablc ? Ah! que cette taille est jolie ! que ce visage est niij^iioii ! Ouvrez vos yeux eutièremeat. Ah ! qu'ils sont beaux. Que je voie un peu vos dents, je vous prie: ah! qu'elles sont amoureuses, et vos lèvres appétissantes ».

2. Acte II. se. 1. — « Aile est toujou autour de li à l'agacer et ne le laisse jamais en repos. Toujou ul li fait queuque niche ou li baille queuque taloche en passant. Et l'autre jour qu'il était assis sur un cscabiau, al fut le tirer de dessous li et le fit choir tout de son long par terre. Jardi ! v'ia où l'en voit les gens qui almont ».

Page 1