‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 127 sur 190 · Valran, p. 376 et suiv · texte numérisé non relu

Valran, p. 376 et suiv

2. Au dessus : « pour le lundi de la semaine de Passion ». — En marge : « 24. De la médis(ance) ».

personnes au sujet de la médisance : ceux qui en sont les auteurs, et ceux qui en sont les témoins, ceux qui la font, et ceux qui l'entendent. Ainsi ne pas médire de son prochain et ne pas écouter avec complaisance ceux qui en médisent, c'est le vrai moyen de bien parler ; et c'est à quoy je vais vous exhorter dans les deux parties de ce discours, après que nous aurons salué la Sainte Vierge. Ave, Maria.

II. Pour le second dimanche du Carême. — Du petit nombre des élus.

Hic est filins meus dilectus in quo mihi bene complacui, ipsum audite. Math., cap. 17. C"est icy mon fils bien aymé en qui j'ay mis toutes mes complaisances, c'est luy môme que vous devez écouter.

Comme il n'y a point de profession qui n'ait ses maximes et ses loix, celle des Chrétiens doit avoir les siennes : mais aussi comme il n'y a point de profession qui n'ait ses maîtres et ses modèles, celle des Chrétiens doit avoir les siens. La loy des Chrétiens, c'est l'Evangile ; le maître et le modèle des Chrétiens, c'est J. C.

Aussy pouvons-nous dire que toutes les fois que le Père Eternel a fait entendre Sa voix dans le Nouveau Testament, ce n'a été que pour nous recommander Timitatiou de Son Fils, et les paroles qu'il fait entendre aujourd'hui sur le Thabor, nous marquent assez clairement cette obligation indispensable. Hic est filius meus dilectus, etc.. c'est icy mon fils bien aymé, c'est l'objet de mes complaisances, c'est luy que vous devez écouter, c'est-à-dire, c'est luy que vous devez croire lorsqu'il vous parle par Ses paroles, c'est luy que vous devez suivre et imiter lorsqu'il vous parle par Ses exemples.

Mais qu'il est rare, M., de trouver des chrétiens qui se

rendent par la sainteté de leur vie les imitateurs de ce divin mod(Me. Toute la vie de J. C. s'est passée à former un petit nombre de disciples. Encore n'en choisit-il que trois aujourd'huy pour les rendre spectateurs et participans de la gloire du Tliabor. De ce grand feu qu'il est venu allumer sur la terre, il ne Luy reste plus qu'une étincelle qui va presque s'éteindre, et parmi ce nombre infini des gens qu'il a tirez de leurs ténèbres pour les appellcr à Son admirable lumière, à peine en trouvons-nous quelques-uns qui, vivans selon l'esprit de leur vocation, soutiennent la gloire de l'auguste nom qu'ils portent'. C'est que presque tout le monde est insensible aux devoirs et aux obligations les plus indisp(ensables) du christ(ianisme), que le salut est par conséq(uent) p(ou)r peu de gens et que le nombre des élus est très petit. C'est à cette vérité. M., que je m'arrête aujourd'hui, et je la crois d'autant plus importante p(ou)r etc..

III. Pour le premier dimanche du Carôme^ Scriptum est, non in solo pane vivit homo, sed in omni verbo quod procedit de ore Dei. Matth. 4. Il est écrit, l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

Tous les autres noms sous lesquels J.-C. dans l'Evangile nous peint la parole du salut, sont des éloges plutôt que des instructions : et nous voyons plus son excellence et les merveilles que sa force devait opérer sur l'univers, que les dispositions que luy doit aporter la piété des fidelles ^. Tantôt elle est appellée un glaive sacré qui sépare le père de l'enfant, l'époux de l'épouse, le frère de la sœur, le mondain de ses attaches criminelles, et l'homme de luymôme ; et par là nous est marquée sa puissance à laquelle

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