‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 130 sur 190 · Quelques lignes barrées · texte numérisé non relu

Quelques lignes barrées

est une disposition de prière et de recueillem(en)t, la seconde est une disposition de douleur et de pénitence. Renouveliez vos attentions à ces importantes véritez.

La première disposition qu'exige J. C. à la sainteté de sa parole, est une disposition de prière et de recueillement. Vous devez, avant de venir dans ce temple et d'entrer dans l'enceinte de cette s(ainte) maison, vous adresser au Père des Lumières, Lui demander qu'il vous donne ces oreilles du cœur qui vous fassent écouter comme il faut les vérités qu'on vous y annonce, qu'il Lui plaise surmonter cette cruelle insensibilité qui ne vous permet jamais de comprendre les véritez que vous entendez, qu'il fortifie ces sensibilitez d'un moment qui peut-être vous ont mille fois fait prendre de bonnes résolutions de vous convertir et qui cependant n'ont jamais eu de succez, qu'il donne à nos discours cette force, cette onction si puissante pour votre conversion, qu'il nous donne à nous-mêmes cette dignité proportionnée à un si saint ministère, qu'il répande sur nos travaux une abondante bénédiction, qu'il nous communique cette portion de Son esprit, cette charité touchante, infiniment persuasive qui n'agit jamais en vain; en un mot, vous devez recueillir votre âme au pied des autels, en bannir toutes les pensées des affaires humaines, des plaisirs de la terre, et des choses du monde, et vaincre tous les obstacles qui jusqu'icy vous ont fait entendre cette s(ainte) parole sans fruit.

Voila ce que la religion demande de nous pour nous préparer à entendre avec fruit la parole de Dieu. Mais qu'arrive-t-il le plus souvent? Les nus viennent l'entendre, cette s(ainte) parole, par un esprit de curiosité ; quelques autres, par un esprit de critique et de censure. Ceux-cy y viennent comme à un spectacle qui les divertit pour reconnoître le portrait d'un chacun sans jamais le prendre pour

eux-mcraes ; ccux-la y viennent par coutume et par une pure bienséance qu'ils doivent à la religion. La foy ne nous y prépare nullement, la piété ne nous y conduit point, et venir entendre la parole de Dieu n'est pas môme une œuvre de religion pour nous.

Eh ! comment voulez-vous qu'une telle disposition serve de préparation à la Grâce qui est attachée à la sainte parole f comment voulés-vous que la parole divine aille vous démêler de la foule des pécheurs pour vous toucher et vous convertir, vous qui n'apportez aucune disposition pour attirer sur vous un si grand bienfait ? comment voulez-vous qu'un esprit obscurci de mille images mondaines, qu'un cœur souillé de mille affections impures, qu'une imagination gâtée de mille fantômes, soient capables de faire attention à la parole de Dieu? Non : comme la religion n'a point de plus précieux dépôt que celuy de la vérité, elle n'a rien qui demande des dispositions plus imp(ortantes) pour s'y préparer. Première raison du peu de fruit qu'on retire ordinairement de la parole de Dieu : le défaut de prière et de recueillem(en)t avant que de l'entendre.

La seconde disposition qu'exige la parole de l'Evangile, est une disposition de douleur et de pénitence : je veux dire, un désir sincère de la conversion. Je ne dis pas que, pour entendre cette parole, il faille être exempt de tout péché et en état de grâce. Mais je dis que pour l'écouter utilement il * doit avoir quelque désir de sa conversion et chercher, comme dit saint Augustin, dans cette ennemie universelle de tous les péchez de quoy pouvoir se purifier des siens. Sans cela, je veux dire, s'il veut entendre cette parole avec une affection actuelle au péché, avec une négligence et une indifférence d'en sortir, c'est se mocquer d'elle, c'est se mettre hors d'état de l'entendre d'une ma-

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