‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 143 sur 190 · Effacé : germer · texte numérisé non relu

Effacé : germer

nous demand(ons) aussi tous les jours : adveniat regnum tuum. Nous sçavons que rien n'égaie ce bonlieur, que c'est posséder un héritage incorruptible et inaltérable, que c'est régner avec Dieu et être comme assis sur son throne, que c'est être consommé dans l'amitié de Dieu, être rempli et pénétré de sa majesté, jouir de son repos, être dans son sein, être abreuvé du torrent de sa joye, être son héritier et le cohéritier de son fils, que c'est voir Dieu tel qu'il est, et devenir semblable à luy. Cependant la faim et la soif de ces biens célestes est si rare que rien plus ' dans les âmes mêmes qui font profession de pieté, et quoy qu'on ne puisse douter que ce ne soit une grande faute et une infidélité considérable, je ne scay s'il y en a beaucoup qui s'en accusent ou qui y fassent môme réflexion ; à peine de chrétiens s'entretiennent-ils ensemble du bonheur où ils aspirent, au lieu qu'ils devroient oublier tout le passé p(ou)r ne penser qu'aux biens à venir, comme s(ain)t August(in) raconte qu'il faisoit avec sa sainte mère peu de jours avant la mort de cette veuve incomp(arable). « Nous cherchions, dit-il, en vôtre présence, ô immuable vérité, quelle sera la vie éternelle des bienheureux ; cette vie que nul œil n'a jamais vue, que nulle oreille n'a jamais entendue, et que le cœur de l'homme n'a jamais comprise : et les bouches de nos cœurs s'ouvroient avec avidité vers la source des eaux célestes, de cette source de vie qui est en nous et qui est vous-même, afin qu'en étant arrosez autant que nous en étions capables, nous puissions en quelque sorte nous représenter si incompréhensible. »

Tels étoient les discours de ces deux âmes généreuses qui ne vivoient et ne respiroient que pour le ciel. Voyons-nous rien de semblable aujourd'huy ! Ah qu'il est rare de trouver de ces âmes à qui l'amour, le désir du second avènement

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