Sic
(le J. C. fassent la matière de leurs discours ^ et dont on puisse dire que leur conversation est toute dans le ciel.
Et d'où vient cela? c'est ^ que nous vivons p(ou)r la plus part selon la chair qui nous tient attachez à la terre et qui nous fait vivre selon nos passions. C'est pourquoi bien loin de désirer le 2'' avenem(en)t de J. C, la seule pensée de cetavene(ment) devient p(ou)r nous unsuplice. Mais celuy qui vit de la foy, qui connoit pourquoy Dieu l'a créé, et pourquoy par une nouvelle création il l'a adopté p(ou)r un de ses enfans en le faisant membre du corps raistique de J. C. son fils, un chrétien qui scait ce que le S(ain)t Esprit, qu'il a reçu dans le baptême, veut faire de son cœur, que ce peintre adorable en veut faire une vive image du fils de Dieu môme en formant icy bas par la foy les p(remie)rs traits de sa ressemblance, p(ou)r l'achever dans le ciel par la lumière de la gloire, et qu'en devenant ainsi enfant de Dieu il en devient aussi l'héritier; celuy ^ qui comprend aussi ce qu'il doit à la justice de Dieu comme péch(eu)r et ce qu'il doit haïi* en luy môme comme enfant d'Adam; celuy ^ qui fait profession de n'être point de ce monde, qui passe sa vie dans le gémissem(en)t comme un captif dans Babilone, et qui a toujours les yeux de sou cœur tournez vers la Jérusalem céleste comme en étant ^, celuy qui n'a que du degout p(ou)r les plaisirs et p(ou)r les richesses de la terre *^, et qui attend les J03'es du ciel et les biens éternels ; enfin celuy qui peut dire avec s(ain)t Paul : Mihl vivere Christus est, J. C. est ma vie, celuy-la n'aura pas de peine à adjouter avec cet apôtre : Et mori lucrum, la mort est mon bien, mon avantage, et mes délices.