Eâacé : d'en sortir
démon ni avec nous même qui sommes notre plus dangereux ennemi. Peut-on penser à un danger si terrible sans être frapé d'une frayeur mortelle f peut-on se souvenir (sans) trembler de la funeste exper(ience) que l'on a faite si souvent de la faiblesse hum(aine) et des plaies reçues dans cette cruelle guerre de la chair et de l'esprit ? peut-on ne pas désirer d'être délivrez au plutôt de cet ange de Satan, de cet asservissem(en)t à la corruption qui nous entraîne vers l'abisme du péché \ et ne soupirer pas dans l'attente de l'effet de l'adoption divine qui sera la rédemption parf(aite) de n(otre) âme et la délivrance de nos corps, asservissem(en)t qui a fait gémir et soupirer si souvent les plus grands saints ?
Aussi saint Paul, considérant le combat de sa chair contre son esprit et la violence qu'il soufroit dans cette guerre intestine, s'écrie : infelix ego homo, quis me liberabit de corpore niortis liujus ? malheureux que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ? mon désir est d'être dégagé des liens de ce corps afin d'être avec Jesus-Christ : desideriiun habens dissolvi et esse ciiin Xto. Vous diriez, dit saint Grégoire pape, que l'apotre, en parlant de la sorte, est lié, qu'il est garroté et prisonnier : dissolvi Paulus non quaereret, nisi se vinclum videret. Il désire qu'on ouvre sa prison, c'est un captif qui demande son* libérateur, un exilé son rapel, un mal(ade) son médecin, un enfant son père, un débiteur sa rançon, enfin un pupille oprimé son juge et son protecteur.
Tele etoit aussi la disposition des pr(emier)s chrétiens, des Ignaces martirs, des Policarpes, des Irenées, des Justins, des Clémens d'Alex(andrie), des Denis de Corinthe. Telle est encore celle de ces âmes dont la vie n'est
1. Effacé : « Et qui noua fait faire le mal que nous ne voulons pas faire ».