‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 147 sur 190 · Effacé ; « rapel · texte numérisé non relu

Effacé ; « rapel

qu'un g'emisscm('cii)t continuel vers les biens du ciel, ou plutôt vers Tunique bien de l'Eternité, fort différentes de ces âmes adultères qui ne craignent l'arrivée de leur Epoux que parce quelles se plaisent dans cette vie misérable. Ce sont des Epouses chastes et fidelles qui gémissent de l'absence de leur Epoux, et qui loin de craindre son retour n'aprehendent rien tant que d'en être encore longtemps séparées. C'est pourquoy leur unique souhait est de mourir au plutôt, afin d'entrer dans l'heureuse' liberté des Enfans de Dieu et dans la pleine et invariable possession de l'héritage des Elus. Mais voyant que la mort les fuit, elles la poursuivent par des mortifications volontaires tant corporelles que spirituelles, par des longues veillées, par des jeûnes, et par toute sorte d'aust(érité). Elles se privent du plaisir de la convers(ation) en s'eloignant des compagnies séculières, en cherchant la retraite ; et mourant ainsi au monde et à elles-mêmes, elles commencent à goutfer par avance autant qu'elles peuvent combien Dieu est doux. Mais cela ne les contente pas, il ne sert qu'à acroitre leur désir, à multiplier leurs plaintes, et à témoigner à Dieu leur tristesse de ce quelles demeurent si longtemps dans le monde, étant privez du bonheur de le voir et de le posséder.

Voilà quel est l'état de ces âmes eminentes et qui ne touchent quasi pas à la terre. Elles sont peut être inconnues au milieu du monde, au fonds d'un cloitre, mais quelque part quelles soient, que j'aurois do joye, dit s(ain)t Aug(ustin), d'en trouver une, de l'entendre parler, et de me rendre son disciple, une ame s(ainte), une ame toute de feu, une ame qui languit dans l'attente du règne de Dieu! je n'ay garde d'entreprendre de lui parler; il n'appartient qu'à Dieu d'entretenir et de consoler cette

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