‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 167 sur 190 · ancien style usité dans les bulles · texte numérisé non relu

ancien style usité dans les bulles

tenir, exposer et prêcher la doctrine de Jansénius. Le 2 septembre précédent, Tx^ssemblée générale du clergé de France avait, sur la proposition de Marca, — qui, dôs le 11 juillet 1653, avait composé un modèle de mandement qui précisait la bulle d'Innocent X, puis en 1655 une rédaction de Formulaire, — décrété ce môme Formulaire qui condamnait « de cœur et de bouche la doctrine des Cinq Propositions contenues dans VAugustinus, qui n'est point celle de saint Augustin, que Jansénius a mal expliquée ». On compléta le Formulaire en y mentionnant la bulle d'Alexandre VII, et l'Assemblée du clergé pria le roi de le faire signer. Nous avons dit queGodeau, alors évoque de'Vence, avait signé une lettre adressée au Pape, au Roi, à la Reine-Mère, aux Evêques, afin qu'il fût souscrit à la bulle de 1653. Celle de 56 fut publiée le 17 mars 57 : la question du Formulaire en restait là, mais à titre provisoire.

Quant à la bulle de Clément XI du 15 juillet 1705, Vineam Domîjii, survenant après la querelle du Cas de Conscience dont nous avons parlé plus haut et dit que M»' de Crillon avait, sur l'exemple de Rome, condamné cet ouvrage, elle ordonnait « de croire le fait, sans expliquer si c'était d'une foi divine ou humaine », alors que le cardinal de Noailles exigeait qu'on crut le droit d'une foi divine et le fait d'une foi humaine, et que d'autre part Fénelon et plusieurs évoques réclamaient la foi divine pour le fait

On voit que nulle mention n'est faite de la condamnation que le pape avait, le 13 juillet 1708, infligée au livre de Quesnel : il est vrai qu'elle n'avait pas été reçue en France.

Il reste à remarquer, dans la sentence de de Guigues, ce qui concerne « la soumission de respect et de silence à l'égard des constitutions apostoliques ».

On sait à quoi ces mots font allusion. Lors de la Paix de l'Eglise, une fois que Pavillon, évoque d'Alet, eut enfin, après ses trois autres collègues de Beauvais, d'Angers et de Pamiers, signé le 10 septembre 1G68 la lettre de soumission respectueuse au Pape — ils y déclaraient tous quatre s'être résolus à changer de conduite dans l'intérêt de la paix et à ordonner dans leurs diocèses une nouvelle souscription du Formulaire, et la lettre avait été rédigée à l'hôtel de la duchesse de Longueville, par Arnauld et Nicole, d'accord avec les deux médiateurs, Gondrin, archevêque de Sens, et Vialart, évoque de Châlons, avec Le Tellier, de Lyonne, Colbert, le nonce et le roi, — le Pape confirma la Paix par un bref qui arriva le 8 octobre et fut connu le II. Le Roi la sanctionna par l'arrêt du Conseil du 23 qui accorda quelque condescendance. Plus tard, en 1676, l'évoque d'Angers ne voulut plus recevoir de signature pure et simple du formulaire, exigea qu'on en passât par la distinction du fait et du droit, érigea en règle ce <j[ui pouvait être une tolérance pour quelques-uns : le 30 mai, Louis XIV, à la demande de l'archevêque de Harlay, déclara que l'arrêt du 23 octobre 1668 ne tirait pas à conséquence pour l'usage général, que la condescendance dont on avait usé pour quelques particuliers ne révoquait point la bulle, que celle-ci prescrivait de signer avec serment. Le silence respectueux, « inventé par Arnauld, adopté par l'école de Port-Royal, et qui n'implique aucune adhésion intérieure de l'esprit, mais une simple déférence extérieure envers le Souverain Pontife » ', c'est de là que Port-Roj^al avait vécu. Le jour où les religieuses de Port-Royal furent invitées à le déserter conformément à la bulle Vineam, c'en fut fait d'elles. Telle est la conclusion du procès dont fut l'objet le

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