‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 173 sur 190 · Papou · texte numérisé non relu

Papou

2. Dans les papiers de M'' de Surian, j'ai trouvé le brouillon d'une curieuse lettre de cet évéque relative à cette grave allaire. Voir Hev. Iiistor. de l'rov., 1901.

d'extases, de stigmates reçus du côté du cœur, de choses qu'il est inutile de citer, même eu latin. Durant tout le cours de cette affaire qui fut portée devant le Parlement d'Aix, il j eut de grands désordres dans les rues de la ville; le procureur général demanda en septembre 1731 l'acquittement du Jésuite et la condamnation de la femme; le parlement finit par les acquitter tous deux. Le P. Girard, renvoyé devant l'officialité de Toulon « pour le délit commun », poursuivi dans Aix par une foule furieuse qui faillit l'empêcher de se réfugier dans la maison des Jésuites, fut absous à Toulon et mourut, dit la relation de ses derniers instants publiée par sa Société, en odeur de sainteté à Dole en juillet 1733. Quant à la Cadière, elle fut accompagnée par des milliers de personnes dans les visites de remerciements qu'elle fit aux juges; le carrosse du premier président fut criblé de pierres parce qu'il avait voté contre elle; il fallut appeler le régiment de Flandre pour la forcer à quitter Aix et ses partisans à rentrer dans l'ordre.

Tout se passa avec plus de calme à Vence et à Tourettes, et pourtant le brave « curé » avait été condamné avec quelque sévérité, sans que dans son procès nous ayons trouvé de ces détails malpropres ou de ces scènes scabreuses qui abondent dans l'histoire du P. Girard et de la Cadière et qui nécessitent, comme les plaisanteries d'Aristophane, l'intermédiaire d'une langue qui sache « dans les mots braver l'honnêteté ».

Nous est-il permis de prendre des comparaisons hors de la Provence ? L'affaire de J.-B. de Guignes est bien innocente au prix de telle autre. Qu'on lise, dans les Archives de la Bastille, celle de Fr. Bouchot, confesseur des religieuses de la Saussaye à Saint-Dizier, qui fut brûlé à Paris, en place de Grève, le 23 juin 1673, « pour profanation du Sacrement de Pénitence, sacrilèges et méchants

commerces avec quelques jeunes religieuses », après avoir été soupçonné d'avortement dès 1069 : l'éditeur a dû mettre en latin une partie des questions et des réponses, et le triste sire dont il fait connaître les crimes eut une manière spéciale de célébrer le Vendredi-Saint '. Qu'on y lise encore ce qui regarde toute cette bande d'invraisemblables prêtres qui sont mêlés à l'affrcase « Affaire des Poisons » sous Louis XIV : les uns disant des messes « noires » sur le ventre de femmes nues et couchées sur l'autel, Davot, Tournet, Rebours, Gérard; d'autres disant « des messes à l'envers », Deshayes, Lépreux ; l'un consacrant des couleuvres et disant « qu'il a un génie qu'il promettait de donner à une femme qui aurait préalablement livré au Diable la créature dont elle était enceinte », Lépreux ; un autre récitant des conjurations sur un livre et un couteau, Lemperier ; un antre faisant des exorcismes « d'après saint Cyprien et saint Ambroise » et d'ailleurs égorgeant des enfants, Lemeignan; un autre disant des messes sur de la verveine pour un sorcier et une empoisonneuse, Bobie ; plusieurs qui récitaient des évangiles sur la tête de celles qui les consultaient, Davot etc.. — l'abbé Olivier qui avait une pierre d'autel dans un mauvais lieu et y disait des messes pour la Voisin, l'abbé Dubousquet, ami de celle-ci, l'abbé Dulaurens, commensal de la Pilastre, une sorcière chez qui il disait des messes, l'abbé Lefèvre, commensal de Fouquet, et qui répondait aux offices obscènes d'un Guibourg, — et plus horribles encore que tous ceuxlà, Cotton, Mariette, Guibourg : Cotton, qui disait une messe au Diable dans la nuit du Jeudi-Saint au Vendredi- Saint, vêtu d'ornements sacerdotaux, invoquait trois princes des démons en paroles inintelligibles, baptisait « des figures de cire pour l'amour » au nom de celui par qui

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