‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 174 sur 190 · Tome IV · texte numérisé non relu

Tome IV

telle femme voulait être aimée, les mettait sur l'autel, faisait des neuvaines sur un livre de magie avec une hostie consacrée etc.. — Mariette qui disait des Evangiles sur la tête de Madame de Montespan, agenouillée et occupée à réciter des conjurations contre Louise de la Vallière, ou en faisait lui-même, à Saint-Séverin, sur des cœurs de pigeons bénits aux noms de celle-ci et du roi, — Guibourg, qu'on a envie d'appeler « l'aumônier » de la Voisin, son chapelain, et qui fut assurément son compère, l'homme des messes noires et obscènes dites dans des caves et sur des ventres, des messes « sèches », sans Consécration, le consécrateur de philtres où le sang de la chauve-souris coagule des saletés qu'on ne saurait nommer qu'en latin, l'égorgeur d'enfants. Il suffit de relire le t. VI des Archives de la Bastille ^ et le Dra,7ne des Poisons de M. Fr. Fuuck- Brentano ^.

L'affaire de notre de Guignes n'eut rien non plus du procès d'Urbain Grandier en 1634. Les apparitions nocturnes de malins esprits, dont les Ursulines de Londun se crurent tourmentées, ont autrement de gravité, ainsi que l'intervention de l'évoque de Poitiers, de l'archevêque de % Bordeaux, de l'intendant Laubardemont et de la commission qu'il présida, la condamnation du prêtre comme convaincu du crime de magie, maléfice et possession, le supplice du feu qu'il subit le jour même et sur un bûcher où furent brûlés aussi « les pactes et caractères magiques étant au greffe, ensemble un livre manuscrit par lui composé sur le célibat des prêtres ». La scène de magie, digne de Théocrite ou de Virgile, mais moins sérieusement conduite que chez ces deux poètes, est simplement amusante et n'a rien de commun avec ce que Michelet nomme pom-

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