‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 175 sur 190 · Paris, Hachette · texte numérisé non relu

Paris, Hachette

peusemciit l'ane des scènes de « lu trilogie Diabolique sous Louis XIII ». Nous pensons que les « dévotes à confiture » et les « pénitentes à bouillon » qui avaient fini par compromettre de Guigues, n'auraient môme pas, on peut en répondre pour elles, songé à se dévêtir entièrement et à enfourcher un balai pour aller demander aux autorités d'un sabbat quelconque la puissance de s'attacher l'àme du pauvre imprudent : une poupée d'étoupe leur suffisait, et une cérémonie où elles riaient de bon cœur. Entre le P. Girard et la Cadière il n'en fut pas ainsi.

Quoi qu'il en soit, et si peu tragique que nous paraisse le procès que jugea M^' de Grillon, il a sa gravité et son intérêt comme tout ce qui touche à l'étude des mœurs ecclésiastiques d'autrefois et des hérésies. Bossuet, préoccupé de l'idée, du rêve, si l'on veut, de la réunion des Eglises protestantes à la Catholique, a montré par suite une certaine indulgence au jansénisme : les récentes études du R. P. lugold et de M. Rébelliau, ainsi que les critiques qu'elles ont provoquées de la part de M. Gazier, en témoignent. Evêque de Vence, aurait-il été indulgent au janséniste que nous avons vu M^' de Grillon condamner ? Bossuet a été sévère aux casuistes et aux m^-stiques. Evêque de Vence, aurait-il ménagé ce prêtre qui associait si étrangement la lecture et la communication d'ouvrages tels que les Provinciales et Vlmitation, la direction d'une confrérie où les dévotes de Tourettes pratiquaient un quiétisme qui eût surpris M""" Guyon et un jansénisme qui eût étonné M'" de Joncoux, et la vie la moins réglée ou tout au moins la plus compromettante. De Guigues a été jugé, par son évêque, digne d'être placé, du moins une fois, au rang de ces « ecclésiastiques scandaleux » que Bourdaloue avait signalés à la génération précédente.

Faut- il soniîer à Tartuffe et à Don Juanf Ce dernier

n'appartenait pas à TEg-lise; et Tai-tufFe, Thypocrite de religion qui désorganise la famille et y éteint tous sentiments naturels, n'a porté la soutane des « directeurs do conscience » que le 12 mai 1664, lorsque les trois premiers actes de la comédie de Molière furent joués à Versailles et y provoquèrent, même sous cette forme incomplète, assez de protestations pour que le roi en ait interdit la représentation publique, puis le 29 novembre 1664 et le 8 novembre 1665, lorsque l'œuvre entière et achevée fut donnée au château de Raincy et devant Condé. Dans un travail récent', M. Rabbe a fait connaître « une société secrète catholique au XVII""" siècle », la Compagnie du Saint-Sacrement, qui fonctionna de 1631 à 1665. Il a (d'après les propres A ?r?iaies de cette association « d'intolérance et d'inquisition religieuse », comme il dit), montré ce qu'elle fut, pourquoi Mazarin l'abolit selon la demande de plusieurs évêques, comment elle poursuivait ce que l'auteur du travail appelle « un idéal de rigorisme bigot et de religiosité béate », et tout le mal qu'elle s'est donné, même au moment où le Parlement avait interdit toute assemblée à la fin de décembre 1660, pour mener à bonne fin l'interdiction du Tartuffe. En avril 1664, la société, supprimée en droit, sinon en fait, s'agite pour supprimer la pièce; en mai, elle se réjouit de ce que le roi, « bien informé par M. de Paris », en avait interdit la représentation ; en septembre, elle décide « une personne de capacité » (sans doute le prince de Conti, dit M. Rabbe) de rien écrire contre cette comédie, afin qu'elle soit oubliée plus vite. L'auteur de ce curieux article conclut qu'on sait désormais quels furent les vrais originaux de Tartuffe, visés par Molière dans un premier placet, celui d'août 166 i : trois des membres de la « société secrète », l'abbé Roquette, le prince de Conti, le président de Lamoignon, puis Bossuet.

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