Annal, du Midi, 1898, p. 168, Cf. Cognet, p
4. La dernière vint de l'évéque de Digne, Mgr Raphaël de Bologne.
frapper le livre da P. Pirot. Qu'on lise son mandement: il y dépeint à son diocèse de Vence, en mai 1659, « l'horreur » provoquée, durant une des séances de 1656, par « plusieurs propositions de quelques casuistes modernes », lues par les curés de Rouen et de Paris. Il compare l'émotion à celle que « les blasphèmes du livre d'Arius » avaient provoquée chez les Pères du Concile de Nicée. Il dit que l'on fut sur le point de se boucher les oreilles, que « ces malheureux écrivains corrompent étrangement » l'Evangile, que leur morale ferait « la honte d'honnestes Payens et le scandale de bons Thurcs » \ que Pirot avait réuni « toutes les ordures, extravagances, défaut de jugement, corruptions », que par contre rien n'est plus beau que les Instructions de saint Charles Dorromée.
Il ne pouvait parler des Promnciales en mai 1659 : du moins il insiste sur « les nouveaux casuistes qui ont introduit d'étranges corruptions », parle d'Escobar, encore vivant à cette date ^ , de Sanchez et de Vasquez, deux des « 24 vieillards d'Escobar », comme disait Pascal que Godeau se garde de citer, glorifie l'abbé de Ciron, « personnage de savoir et de piété », qui avait apporté de Toulouse la traduction de feu M»"" de Montchal, qualifie de « bas » le style de Pirot et de « puéril » son raisonnement. La condamnation que, trois mois et demi plus tard, l'Inquisition infiigea à cette Apologie, donna une force de plus à ce que l'évêque de Vence avait dit dans ce synode de mai 1659 ^ Aussi le poète compléta chez lui l'acte du prélat: dans une pièce dédiée aux évêques et écrite « contre la mauvaise morale du temps ^ », puis dans un passage des
1. Ce trait de la polémique contre les jésuites est caractéristique : on le retrouve dans Pascal. L'Apologie du P. Pirot avait été condamnée à Paris, non par le cardinal-archevêque de Retz, mais par ses vicaires généraux qu'il laissait agir.