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]e blason fut repeint « il y a quarante ans » ' ; les trois successeurs de Godeau n'y ont point touché.
Le reste du mémoire du marquis met dans une plus vive lumière la figure de M^' de Grillon. « Le sieur evesque de Vence affecte une modération en ce pays que l'on ose dire qu'on ne luy connaît point en Provence. Il veut faire comprendre que ce n'est que par les mouvements de sa conscience qu'il agit... Feu M. de Viens, dernier évêque de Vence, qui était un prélat d'un vrai mérite, n'a pas trouvé d'inconvénients à ce que le père du marquis actuel refît les bancs qui tombaient en poussière ». De son côté Grillon, à qui son adversaire semble reconnaître peu de vrai mérite, critiquait deux bancs hauts de trois marches, avec des prie-Dieu élevés de deux pieds et demi au-dessus de la Sainte Table : « le Saint Giboire était à deux pieds et demi au-dessous des sieur et dame de Villeneuve », quand on donnait la communion.
L'évêque rappelait des violences que les Villeneuve d'autrefois avaient commises contre ses prédécesseurs ; et article par article. A cela le marquis ripostait. « On est surpris qu'un prélat qui ne doit donner que des exemples de modération, aille fouiller dans les cendres des morts ». Glande et Alexandre de Villeneuve ont qualifié Godeau, disait Grillon, de fripon d'évéquc et menacé de couper les oreilles à son aumônier : le marquis répond que Godeau était « d'une vertu reconnue », mais que ses domestiques le gouvernaient sur la fin de ses jours. Mais il a demandé au roi une sauvegarde contre les Villeneuve et l'a obtenue, disait Grillon: la preuve qu'elle fut, riposte Sextius, « surprise de la religion du roi », c'est que le marquis a l'original de la révocation de cette sauvegarde. Thomassin, « alors évêque de Sisteron », a été injurié par Gharles
1. Donc c'est au moins de 1702 que date ce conflit des deui conseigneurs de Vence; voir d'ailleurs ce qui suit.
de Villeneuve : mais, répond le marquis, ce dernier est mon oncle et gouverne le diocèse de Glandèves.
11 s'ag-it de Charles de Villeneuve- Vence, nommé en avril 1686 et consacré seulement le 18 avril 1694, et qui mourut en 1702. Donc ce mémoire date au plus tard du début de cette année. M*^"" de Villeneuve eut pour successeur César de Sabran (1702-20) et Dominique-Laurent de Crillon (1721-42). Je mentionne celui-ci à cause de sa parenté avec l'évoque de Vence dont il est parlé en ce chapitre : on peut voir plus haut. Quant à Cli. de Villeneuve, il est certain ' qu'il avait voulu, en novembre 1677, être reçu en la dignité de prévôt du chapitre de Vence; comme ce chanoine était absent du diocèse depuis trois ans ^, Thomassin l'avait invité « à fournir des attestations de vie et de mceurs requises par les statuts synodaux » et à faire une retraite spirituelle de dix jours au séminaire de Vence. Le 2 décembre, il avait « chargé d'injures et d'outrages l'évoque, au cours de sa visite, le traitant par ses discours d'orgueilleux, de superbe, d'injuste, de passionné, d'intéressé » ; il avait môme approuvé « les injures que la dame, sa belle-sœur, » avait adressées à Thomassin « qu'elle sommoit de donner les dimissoires pour les ordres à son fils » ; il avait été suspendu pour deux mois. 11 en appelle et viole « la censure, en assistant, le 5"'% in habitu et ex otficio, à la grand'messe » et en occupant, non sa place de chanoine, mais celle du prévôt; il tombe ainsi dans l'irrégularité, est cité de nouveau, ne se présente pas, est menacé d'excommunication. Le 8 février 1678 il obtient « sentence par défaut de rorticial de Sayne (Scnez) en la métropole d'EmU-un » ; le 8 août, un arrêt du Conseil lui permet de demander la levée de l'interdit ; le 17 février 1679, il l'obtient de l'official de Vence.