‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 72 sur 190 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

La bibliothèque de l'abbé de Guigues

En juillet, l'abbé de Guigues, qui avait été l'objet d'une première mesure au printemps, fut surveillé d'une manière beaucoup plus grave, et qui semble indiquer que, durant les neuf à dix semaines qui s'étaient écoulées, M^' de Grillon avait appris du nouveau. Non content d'avoir interrogé de Guigues à Vence, l'évoque veut savoir quels livres il possède à Tourrettes. En juillet, l'official J.-B. Olive \ le promoteur G. Isnard \ et le secrétaire de l'évôché vont à Tourrettes, examinent les livres que de Guigues possédait, puis en saisissent une partiel Cette opération était justifiée par les soupçons dont le prêtre était déjà l'objet. Un inventaire est dressé. Cette pièce a été conservée * et mérite d'être reproduite : ce fut la première base du procès qu'il s'agit de faire connaître. La comparaison des écritures montre que le « Catalogue des livres que nous avons trouvés chez M. de Guigues à Tourrettes », fut dressé de la main du secrétaire de l'Evêché. Il ne sera pas inutile, croyons-nous, d'indiquer l'importance de la plupart de ces livres, surtout au point de vue de l'inculpation de Jan-

1. Voir plus haut. Tisserand dit que le chanoine théologal J.-B. Olive convertit beaucoup de protestants parmi les Suisses qui furent de garnison dans le diocèse de Grillon durant les guerres.

i. Voir plus haut.

3. Toutes proportions gardées, il convient de rappeler que l'un des premiers actes de ce que Sainte-Beuve appelle « le régne de cet homme de sacristie, violent et grossier», qu'était le P. Michel Tellier — confesseur du roi — fut d'envoyer l'abbé Madot, « un de ces hommes actifs qui se font limiers », le 30 octobre 1709, atin de visiter les livres du Port-Royal-des- Champs dont les 1j religieuses avaient été expulsées par d'Argcnson la veille, ainsi que les 7 converses. Livres, tableaux, images, portraits, manuscrits furent emportés le 19 novembre. Cette enquête précéda de moins de trois mois le jour où le P. Tellier poussa Louis XIV à donner ses derniers ordres contre le couvent, dont la démolition fut prescrite le 22 janvier 1710, puis à en faire le pillage, qui commença en juin.

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