‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 82 sur 190 · Le Roy, p. 43 et 58S · texte numérisé non relu

Le Roy, p. 43 et 58S

2. On ooiinait le vers du Lutrin où Boileau se moque d'un chanoine de la S'« Chapelle, Auberv, qu'il désigne sous le nom d'Alain. « Morne, il entend, dit-ou, le latin d'A. Kempis ». Et cela parce qu'il n'j- a guère de latin plus facile a entendre que celui de l'Imitation.

Guignes se rappela le livre, mais non l'auteur : il savait simplement que c'était un Jésuite. Le P. Jacques Nouet, (lu Mans, mort en 1680, avait pourtant fait quelque bruit, comme adversaire d'Arnauld. Ancien professeur de rhétorique aux Jésuites de Paris, il avait prononcé huit sermons contre le livre De la fréquente communion ; mais il paraît, dit Sainte-Beuve, en avoir antérieurement rédigé l'approbation pour l'archevêque de Tours et fut forcé à un désaveu public. Les sermons du P. Nouet, « partis à la fin d'août 1643 du quartier général de la Société », écrit encore l'auteur de Port-Royal, avaient fait vacarme. Il y qualifiait Arnauld de fantastique, de mélancolique, de lunatique : puis il le traitait de scorpion ; enfin il le comparait à un serpent ayant une langue à trois pointes. L'archevêque de Tours, oncle de Rancé \ en fut des plus surpris; dès la fin de novembre 1643, sur la demande des seize archevêques ou évoques ainsi que des vingt docteurs de Sorbonne qui avaient approuvé la Fréquente Communion d'Arnauld, le P. Nouet désavoua en pleurant ses sermons. Ils avaient, dit Sainte-Beuve, rejailli sur la Société de Jésus : il n'en est que plus surprenant de voir que de Guigues connaissait la Vie mystique, mais avait oublié le nom de l'auteur, dont il avait été si spécialement parlé une soixantaine d'années auparavant.

« Devoirs des Confesseurs, par M. Leget, tome 1" ».

« Catechismus ad Parrochos, un tome». — Ouvrage célèbre qui avait été rédigé sous la direction de saint Charles Borromée, archevêque de Milan, et qui porte parfois les noms de Catéchisme de Trente ou C. Romain. On sait comme l'Assemblée générale du Clergé de France en 1657 avait fait répandre les Instructions de ce saint

1. Victor Le Bouthillier, d'abord coadjuteur depuis décembre 1630 (comme' évéque de Boulogne), puis en titre depuis juin 1641.

personnage, afin de s'opposer anx casuistes qnc Pascal poursuivait de son côté dans les dix-huit Provinciales.

« Paraphrase de M. de Godeau sur saint Paul, un tome »'.

« Grenade, un tome ». — Louis de Grenade, Dominicain, mort en 1588, s'était distingué comme prédicateur et comme écrivain. J'ai montré ailleurs- que Godeau avait prescrit à ses prêtres de lire ses œuvres, surtout la traduction de sa Guida de peccadores qui était tout particulièrement estimée; ailleurs aussi ^ que Caulet, évoque de Pamiers, qui fut soupçonné de jansénisme et considéré un instant comme l'un des quatre patrons de Port-Royal, admirait cet ouvrage. Sainte-Beuve dit que c'était un des ouvrages que lisait, et dans le texte espagnol, Hamon, le célèbre médecin de Port-Royal aux pieds de qui Racine demanda à être enseveli. Quel livre de Grenade avait de Gui gués?

« Manuel de Bevelet, deux tomes ». — Je suppose qu'il s'agit d'un ouvrage de Mathieu Beuvelet, des prêtres de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, auteur ascétique : il a en effet publié deux volumes in-12, en 1675, sous le titre de « Instruction sur le manuel ».

« Homélies morales, les tomes I et IV». — M. Gazier a eu l'extrême obligeance d'appeler mon attention sur cet ouvrage dont l'auteur m'était inconnu et mérite d'être tout particulièrement signalé. Il s'agit d'un des hommes les plus intéressants de Port-Royal, Pierre Floriot, qui avait été directeur de l'école des Granges, puis curé dans les environs de Rambouillet, directeur spirituel des Religieuses de Port-Royal et qui était mort en 1691. Il avait publié en 1677 des Homélies morales sur les Evangiles de

1. Voir plus haut. Le litre est incomplet : de quelle cpitre s'agit-il?

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