‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 87 sur 190 · Voir plus haut · texte numérisé non relu

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dèle de Port-Royal. » (Sainte-Beuve.) hi

sur cet ouvrage, et la nomination de l'archevêque de Rouen à Paris' n'y fut pas favorable. Les reproches de Bossuct portaient, dit Sainte-Beuve, sur le style et sur la forme. Il y blâmait un tour trop recherché, trop d'industrie de paroles, une affectation de politesse et d'agrément, lorsqu'il revoyait cette traduction de concert avec les « Messieurs » de Port-Royal qui approuvaient en lui son attachement à la théologie de saint Augustin. Bref, il fallut une permission de M^' de Péréfixe pour le lire, et l'on disait « qu'il en suait comme du Tartuffe »^ Le Tartuffe, devenu l'/mposteur, et dont le principal personnage s'appelait alors Panulphe et était habillé du costume des laïques, fut joué le 5 août 1667 ; mais le premier président de Lamoignon interdit de le représenter à nouveau, et le 11 l'archevêque do Péréfixe menaça d'excommunication quiconque lirait ou entendrait réciter cette pièce soit publiquement, soit en particulier. Ce n'est que le 5 février 1669 que Louis XIV autorisa définitivement la représentation de Tartuffe et sous son premier nom. D'où ce qu'on disait du Testavient de Mons. Nous ne saurions toutefois écrire, avec Sainte-Beuve, que cet ouvrage fut « attaqué, non condamné » : car il fut effectivement condamné, dit la Biblioth. Janséniste, par Clément IX, par Innocent XI, par l'Eglise Gallicane, supprimé par ordre du Conseil d'Etat, incriminé qu'il était de suivre « souvent la version de Genève », de favoriser les erreurs des Calvinistes, de contenir « parfois l'hérésie en termes formels «^ On connaît

1. Harla v de Champvalldn fut transféré de Rouen à Paris le 2 janvier 1671, et y mourut le 6 août 95 : il était archevêque de Rouen depuis sept. 51.

2. On sait que la comédie de Molière, dont Louis XIV avait interdit la représentation publique après que les trois premiers actes en eurent été joués a Versailles, en mai 16i>4, avait été représentée an château de Raincy, devant Condé, en novembre 16(54 et en novembre 1665, puis à Paris publiquement, et aii prix de cert;iines précautions, le 5 août 1667. Des études récentes de M. Rabbe, sur « une Société secrète catholique au XVII' siècle •» {Rev. histor., nov.-déc. 1899), semblent établir que celle-ci, la Compagnie du Saint-Sacrement, fut abolie par Mazarin a la demande de plusieurs évéques et après une esistence d'une trentaine d années, en 1660, qu'elle dura encore cinq ans et mena à bonne tin l'interdiction du Tartuffe; que « les tartuffes » visés par Molière dans son <> Premier placet au roi » sont l'abbé Roquette, le prince de Conti et le président de Lamoignon.

3. Les Remarques nouvelles du P. Bouhours, publiées en 1692, portent presque toutes sur le y. T. de Mons (Brunot. l. c. p. 807).

aussi la traduction que Sacy donna de V Ancien Testament et qu'il avait faite durant sa captivité de deux ans et demi à la Bastille. Achevée l'avant-veille de la Toussaint de 1668 et la veille de sa libération, elle compléta celle du Nouveau Testament de Mons. Ce fut ce qu'on appelle la Bible de Sacy.

« Nouveau Testament en français, imprimé par l'ordre de M«' l'évoque de Châlons, les tomes V et VI, in-12 ». — Sous ce titre il convient, nous l'avons dit, de reconnaître l'ouvrage du P. Quesnel que l'on désigne ordinairement sous la rubrique, moins exacte, de Réflexions morales. Nous avons vu qu'il avait paru à Châlons, sous les auspices de l'évêque de cette ville, F. de Vialart, le prédécesseur de Noailles.

« Ex2:)osition de la foi catholique touchant la grâce, un tome in-12 ». — Ce titre est celui de l'ouvrage posthume du neveu de Duvergier de Hauranne, Martin de Barcos, mort en 1678, et qui avait été le dernier abbé de Saint- Cyran. Publié en 1696 par les soins de dom Gerberon, bénédictin, il rompit le silence que les Jansénistes observaient extérieiirement depuis 1669; l'archevêque de Paris rendit une ordonnance, datée ' du 20 août, qui le frappa de telle façon que la guerre théologique fut rallumée. Cette seconde infraction à la paix fut le résultat de l'indiscrétion des Jansénistes qui comptaient trop sur la protection de M^' de Noailles. Celui-ci établit alors, dit Sainte-Beuve, une doctrine augustienne très analogue aux idées de Barcos : « son ordonnance parut bizarre et contradictoire, fît dire à Fénelon, ennemi des Jansénistes, qu'il y soufflait le froid et le chaud, inaugura fâcheusement l'ambiguïté perpétuelle de son rôle ))^ L'auteur était

1. Ne pas confondre avec rouvrage de Bossuet, composé en 1668 et 69, publié en 71, et qui s'appelle simplement Exposit. de la foi Catholique.

un homme « laborieux, mais sec et opiniâtre, resté au second plan de la précédente génération janséniste; il appartenait à la période la plus rude et la plus batailleuse de l'histoire de Port-Royal et était, non des habiles, mais des impatients. Pavillon, évêque d'Alet, lui avait demandé son traité sur la grâce, rédigé en questionnaire, à la façon d'un catéchisme; il le destinait aux élèves de son séminaire où il fut adopté et récité pendant vingt ans ; des copies manuscrites en circulaient avant l'impression. L'ouvrage donnait prise à la critique et fut saisi à son apparition ; la faculté de théologie de la Sorbonne s'était divisée; Noailles blâmait V Exposition de renouveler la première des cinq Propositions : ce qui amena le Pro blême ».

« L'office de la. Sainte Vierge, dédié à Madame la Dauphine, un tome in-12 ». — Il ne peut s'agir de VOffice de VEglise et de la Vierge, «avec les hymnes traduites en vers », qu'on appela « les Heures de Port-Royal ou à la Janséniste » : l'ouvrage avait paru en 1668 et avait été condamné par le Pape. A cette époque le dauphin n'avait que sept ans.

« De la plus solide, la plus nécessaire et souvent la plus négligée de toutes les dévotions, le tome I ».

« Morale chrétienne sur le Pater, un tome ». — Dans son interrogatoire, l'inculpé intitule cet ouvrage « Morale chrétienne rapportée aux instructions que J.-C. nous a données dans l'Oraison Dominicale». Il dit que d'abord l'official et le promoteur le lui avaient laissé, puis que l'évêque l'envoya néanmoins chercher. Je crois volontiers qu'il s'agit d'un livre d'un ami de Port-Royal, Floriot, qui avait porté la bulle d'Urbain VIII à Saint-Cyran, déjà sorti de sa prison de Vincennes et déjà près de sa mort. Floriot est cité plusieurs fois dans Sainte-Beuve: il fut

préfet des études aux Granges et chargé de rinstruction des domestiques du dehors. De là, son livre intitulé la. Morale du Pater, cours de morale chrétienne rapportée aux paroles de J.-C. dans l'Oraison Dominicale, et publié vers 1673. La Biblioth. jansén. apprend qu'un évoque de Marseille (lequel, elle ne le dit point) condamna la Morale chrétienne et qu' « on ne saurait trop précautionner les fidèles contre le venin de ce livre où... l'on insinue le pur calvinisme en plusieurs endroits ». La Morale du Pater, parue à Rouen, fat réimprimée sous le titre plus long que cite l'inculpé. Nous avons vu plus haut qu'il possédait, selon les indications que je dois à la précieuse et aimable érudition de M. Gazier, un autre ouvrage de Floriot.

En dessous de ce second rôle, le vicaire et officiai général Olive écrit que, « en suite de Tordre que M^' l'Evêque m'a donné », il s'est transporté au village de Tourrettes, dans la maison même de J.-B. de Guignes, curé dudit lieu ; qu'il a choisi « parmi tous les livres » de celui-ci ceux qui composent ce deuxième catalogue et qu'il les a fait transporter à Vence pour être vus et examinés par M«' de Grillon. Il signe, ainsi que le promoteur Lsnard et de Guigues.

Enfin, celui-ci écrit de sa main qu'il a « dehors » plusieurs ouvrages. — « Quatre volumes des Superstitions de M. Thiers ». — Ce remarquable ouvrage, publié en 1673 par un docteur en théologie, approuvé par les docteurs en théologie en 78 et 79, mérite encore d'être lu de près. Il a servi à M. Alexandre Bertrand, conservateur du Musée des Antiquités Nationales à Saint-Germain-en-Laye, pour le troisième des volumes où il a étudié « nos origines » et examiné la religion des Gaulois. J'ai montré, pour un autre pays, combien le livre de Thiers aide à comprendre

ce que M»' de Caulet et l'un des chanoines de Pamiers, le P. Barthélémy Amilia, ont dit, l'un dans ses Ordonnances synodales, l'autre dans ses poésies écrites en dialecte languedocien, au sujet des superstitions qui régnaient dans le pays de Foix. Thiers était de Chartres et fut curé de Champrond dans ce diocèse, puis de Vihrayc dans celui du Mans.

« La -pratique pour le sacrement de Pénitence de Verdun ». — En 1709 était évoque de ce diocèse Hippolyte de Béthune. Ce prélat, que Colbert de Croissy proclamait « plus ferme qu'un roi », avait l'horreur des Molinistes outrés, interdisait aux Jésuites d'administrer les sacrements dans son diocèse, les regardait comme rebelles à l'Evangile et aux Pères de l'Eglise, appelait le P. Tellier « un très méchant homme » et disait que plus d'un évoque ferait voir qu'il portait sous sa croix un cœur de gentilhomme ' ; il mourut « appelant ». L'auteur de l'ouvrage mourut de même : c'était un docteur de Sorbonne, Louis Habert^, qui écrivit aussi une Théologie dogmatique et morale, dite « de Châlons », inspirée de sentiments profondément jansénistes et condamnée notamment par Fénelon. Le titre exact du livre que possédait de Guignes, cst^ « Pratique du sacrement de Pénitence, ou méthode pour l'administrer utilement, imprimée par l'ordre de M. l'Evêque de Verdun, Hippolyte de Béthune ».

« Un petit livre de cantiques et psaumes en proven(;al approuvés parles deux métropoles d'Aix et d'Arles. » — De Guignes promet de les représenter aussi à M»"" de Grillon. Je me demande s'il ne s'agit pas d'un livre (dont la Bibliothèque municipale de Nice possède un exemplaire ayant appartenu au Collège des Jésuites), imprimé à Marseille,

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