‹ Le Japon artistiqueChapitre 15 sur 43 · D’ORFEVRE · texte numérisé non relu

D’ORFEVRE

m je viens a mon tour parler ici du Japon et de son art, ce n’est pas pour raconter ses origines, décrire ses merveilles, ni chercher les lois de son esthétique ; orfèvre, j’en veux

parler en orfèvre, et cependant le Japon n’a pas d’orfèvrerie dans l’acception absolue du mot, encore moins de bijouterie. Les hommes ne se parent pas comme les Indiens, les femmes ne portent ni colliers ni bracelets, la table n’a pas de vaisselle d’argent, l’autel n’a pas de vases d’or : il n’y a donc aucun parallèle à établir entre l’art de l’orfèvre chez les Japonais, et cet art chez nous-mêmes, il serait puéril de vouloir préférer l’un à l’autre; créé pour d’autres besoins, régi par d’autres lois, cet art obéit à des traditions si opposées, qu’il n’en faut comparer ni les formes, ni les décors, ni rien de ce qui constitue un style.

Cependant il faut reconnaître à l’orfèvre japonais, ou mieux a 1 ouvriei du métal, un goût dans l’arrangement, une science de la couleur, une dexterite de

l’outil qui en font un maître admirable.

La forme ne dérive pas, comme en notre vieux monde, d un principe

architectural : si quelques vases semblent construits sur des règles absolues, ils

dépendent encore d’une origine chinoise ou coréenne ; plus souple est la forme japonaise : inspirée de la fleur, du fruit, des choses de la nature, elle n’est pas corrigée par la règle, ni mesurée par le compas, elle reste libre, pittoresque,

osée.

De même l'amour de lor et de l'argent, le besoin d’affirmer le faste et la richesse, n'ont pas enfermé l'orfèvre dans l'emploi exclusif des métaux précieux. L'or est une couleur, l'argent en est une autre, et pour ces merveilleux artistes, ce ne sont là que deux taches sur la palette ; il a encore le fer, le cuivre, le plomb et l'étain et, comme fait un peintre qui mêleet combine ses nuances, l'orfèvre mêle, allie ses métaux et varie ses effets comme nous ne 1 oserions pas faire.

Le voilà donc cet ouvrier artiste, non plus chargé de marteler une coupe d'argent, ni de

Fils de daïmio à la promena

de. Par

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