‹ Le Japon artistiqueChapitre 37 sur 43 · LIVRAISON XI · texte numérisé non relu

LIVRAISON XI

Planche AEE. Ce sabre de cérémonie et de défense, que nous avons fait reproduire avec tous ses accessoires et ses parties constitutives, compose un ensemble décoratif et rare C’est un type des armes des daïmi'os dans les cérémonies de cour et en campagne. Il s'appelait le tii-tagama. Sieboldt en donne un dessin, mais sans le nommer.

La lame est épaisse de 8 millimètres, allégie sur les deux flancs par une gouttière profonde, large de 3 centimètres, longue de 38 centimètres depuis la sortie de la tsuba, laquelle est en shibuitshi. C’est un « Bizen », probablement antérieur au xvne siècle, non signé. L’absence de signature sur des pièces aussi exceptionnelles était la coquetterie de certains forgeurs. On devait les reconnaître, par exemple, à la nuance qui différencie l’aciérage du ton plus poli du fer et compose le corps du sabre. Ici les « nuages » sont absents.

La monture n’est pas signée non plus. Elle est toute en argent. Elle doit provenir d'un artiste, vivant sur les terres d’un daimio, d’un seigneur qui 1 entretenait . Elle nous paraît dater du milieu duxvmc siècle. Par la sobriété de l’effet, par le gras de l’outil, elle rappelle les orfèvreries élégantes du règne de Louis XV. Le « mon» ou écu des possesseurs a été répété sur vingt places différentes, habilement choisies pour ne pas surcharger. Ces armoiries sont celles légèrement modifiées de la puissante famille des Arima. Le manche du kodzuka, le kogaï divisé en deux, la plaque terminale, renflée, percée pour un cordon a double ^land, le kashira, partie supérieure percée aussi par un cœur dont j ignore la signification tradition nelle, un crampon qui fait saillie, le akisashi (pour mettre sur le côté), et se passe dans le

ceinturon pour éviter que l’on ne tombe quand on salue très respectueusement.

Le fourreau est en laque, du ton d’une framboise, légèrement glacée d oi en fines | ail lettes. La couleur s’associe heureusement aux fermetés du métal, et les finesses de la poigne ajoutent un nouveau trait à la perfection.

Ph. B.

La Planche ACF offre la reproduction d’une peinture d’OcATA Korin ( i 66o-i / 16,^ Kôrin est de tous les peintres japonais celui dont les œuviessont marquées, plus personnel. — Il est rare de voir surgir dans le domaine de 1 ait une création no^ qui ne soit la résultante de développements antérieurs et logiques, sortis des *n on se

cessives. Si l'on veut se livrer à des recherches de cette nature a propos i ^ q0us

trouvera dérouté. Son art ne procède d’aucun autre art; il 1 a créé de tout P ,

*e laPPort du procédé, on reconnaît à la vérité en lui l’élève en peintuie e . e

<^s Tosa: c’est de ce maître que dérivent les" effets nacrés qui caractcrisen , r ses pinceau de Kôrin. Mais ht se borne le contact visible, cai pour ce qui est. Extrême de compositions et de la hardiesse de ses tonalités, pour ce qui concei ne 1 or*& point de la son interprétation de la nature, qu’il voit parlois sous un angle tout sp

reorosenter avec une convention intentionnelle et étrangement satstssante, .1 serait d.ftcile de lui découvrir un ancêtre. - Dans bien des cas, l’apparente extravagance du dess, n es, poussée jusqu’à ses extrêmes limites, de façon à déconcerter les plus passionnés admirateurs de l’artiste Mais en considérant l’exécution brillante e, la maîtrise accomplie de telles pages, en se reportant d'autre par, vers les œuvres où le pinceau du maître s’es, assagi et a su rester dans les bornes d’une impeccable correction, on ne peut plus douter du calcul profond don, les hardiessps avaient d’abord étonné le regard, et l’on se prend à en rechercher la raison d’être. Celle-ci est aisée à découvrir.

Dès la première fois où le nom de Kôrin est apparu ici (livraison V), nous avons dit que, selon lui, le peintre ne doit pas reculer devant certaines exagérations lorsqu’il lui importe de faire ressortir de préférence telle ou telle particularité d’un sujet. A cette explication, il convient d’en ajouter une seconde pour déterminer exactement le génie de l’artiste.

S’il est vrai, comme l’a affirmé M. Louis Gonse à cette place avec tant d’autorité, que le sentiment décoratif est au Japon 1 essence meme de 1 esthétique, a sa\oii sa condition necessaire et fondamentale, il devient tout naturel aussi que chaque artiste lasse œuvre de décorateur. Aucun ne saurait s’y soustraire — le voulût-il même — sous peine de mentir au tempérament inné de toute sa race. Kôrin seul peut-être ne subit pas cette loi d’une façon simplement inconsciente. La préoccupation du décor éclate chez lui d une laçon visible; elle le hante sans cesse et prend le pas sur toute autre considération. Les œuvres les plus célèbres

de l’artiste, ses grandes compositions, dont une seule suffit à couvrir la surface d’un paravent entier, sont comme un défi jeté à toute analyse exacte. Mais l’effet de la couleur devient éblouissant, et la puissance du dessin apparaît écrasante de grandeur.

Plus modeste dans ses allures est la page que nous avons sous les yeux. Elle est détachée d’une suite, provenant d’un paravent de huit feuilles. — Dans ces peintures de fleurs, l’effet, quoique très intense et bien personnel, est obtenu sans sacrifices faits aux dépens de la vérité. A l’intention décorative vient se joindre une observation attentive de la nature, librement interprétée, et une conscience dans le rendu, exempte de minutie.

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Planche ACG. Deux oiseaux ( curucca ou fauvette du Japon au milieu des roseaux,

a\ec clair de lune, par Sougakoudo, tiré d’un recueil gravé de 48 planches d’oiseaux et fleurs, paru vers le milieu du siècle actuel.

Sougakoudo, en dessinant ces pages, a-t-il été mû, à l’exemple de Kôrin, par une volonté préconçue, pour donner à ses motifs la grande intensité décorative qui les met hors de pair? Nous ne savons, mais il est certain que, consciemment ou non, il est arrivé à constituer une suite extrêmement précieuse, tant à ce point de vue spécial qu’à celui de la vie imprimée a une foule d oiseaux d espèces variées, dont chacun est observé dans son milieu naturel. Sur toutes les planches, ligurant dans ladite série, nos artistes décorateurs peuvent se livrera des études bien intéressantes, et nous nous proposons de lui faire plus d’un emprunt.

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Dans la Planche reproduite dans notre Nous nous bornons à

FJï d après Harunobou, on reconnaîtra le pendant d’une gravure li \ raison II I, et accompagnée d’explications sur l’artiste et ses œuvres, y renvoyer le lecteur.

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Planches AD et A DD. Suite de nos modèles pour l’industrie. La planche AD me ,ente un semis de feuilles d’érable avec d’autres feuilles, celles du ghinko büoba, mais ces Ornières traitées en une espèce de fantaisie calligraphique. La planche ADD mêle aux titres des bambous les fleurs épanouies du chrysanthème. g

La planche ACA offre la reproduction de six gardes de sabre en fer. Elles sont exécutées par autant de mains différentes et, sous ce rapport, prêtent d’autant mieux à des études et des rapprochements intéressants, que des sujets similaires s’y trouvent réunis, traités de manières très variées.

Dans les contours de 1 une des gardes sc trouvent enclavés une crevette et un poisson de la famille des cyprinoïdes, couches sur des feuilles de roseaux. A côté, une langouste contournée suffit seule à former arabesque, et dans une autre pièce, c’est une carpe, luttant contre les flots moutonnants. Voici, au bas de la page, un silure, à la peau toute lisse, qui se trouve accolé à une gourde. La série est complétée par une garde formée d’un dragon au corps ondulé, aussi souple que nerveux, et enfin par une sixième garde, ornée — il n'existe pas décidément pour le Japonais de sujet méprisable, même pour servir d’ornement à l’attirail vénéré du sabre — d’un simple navet, au feuillage largement traité.

De cessix gardes, quatre sont signées: celle du dragon porte le nom de Itshiriu-Uki; la langouste a été exécutée par Nori-Hidé ; c’est Hana-Fussa qui a martelé le fer poli du silure; la gourde et le cyprin avec la langouste ont été ciselés par Kinaï.

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La Planche ABC présente un vase de grès, décoré d’un prunier fleuri, fabrication de Kioto, xvme siècle.

Le style du décor est celui de Kenzan, dont un habile continuateur parait avoir confectionné cet objet. Ogata Kenzan ( 1 663- 1 743) est le fameux céramiste, dont nous avons donné une production dans notre livraison n° VI. — Mentionnons ici que cet artiste était le frère cadet de Kôrin, dont il est parlé en tête de ces pages. Tous deux se distinguaient par un génie très universel. Kôrin ajoutait à sa célébrité de peintre celle d un merveilleux laqueur, en produisant ces boîtes dont on se dispute aujourd’hui la possession avec tant d ardeur, tandis que Kenzan fut le céramiste que nous connaissons, en même temps que peintre des plus délicats, voire même aussi laqueur à ses heures.

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La Planche ABI est la reproduction d’une bouteille en bronze; de patine sombre, datant duxvne siècle. Le style est en chinois. Le col élégamment courbé simul . tête du cygne, complétant ainsi par un motif tiré delà nature vivante une silhoi g

par la fantaisie de l’artiste.

La pièce ne porte aucune signature.

Sommaire du N ri

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Pages.

LE WAKIZASH I (PETIT SABRE), par Philippe Burty . ,33

NOS GRAVURES

PLANCHES HORS TEXTE

AEE. Petit sabre, avec le fourreau, le kod\uka et les ko gai. abc. Vase à fleurs, en poterie de Bizen.

AD. Motif de décor Fleurs et Feuilles).

ACE. (Double page) Kakémono, par KO K IN (Pavots). aca. Six gardes de sabre.

I l- Jeune fille, par HARUNOBOU.

ADD. Motif de Décor (Bambous et chrysanthèmes . acg. Oiseaux dans les bambous (Clair de lune). ari Vase de bronze à col de cygne.

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Nfc

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