‹ Le Japon contemporainChapitre 9 sur 19 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Étude des langues et amour de la science au Japon.

Sous le rapport intellectuel , toutes les observalions qui ont été faites par les Américains pendant leur long et récent séjour dans la baie d'Yédo, tendent à prouver que Ton avait affaire au peuple le plus intelligent et le plus cultivé de l'Asie. Parmi les officiers qui leur furent envoyés , ils en trouvèrent plusieurs qui savaient lire, écrire et parler l'anglais et le hollandais. En dépit de leur isolement systématique et deux fois séculaire; les Japonais se tiennent cependant merveilleusement au courant de ce qui se passe dans l'univers. La Hollande les fournit régulièrement de journaux, de revues, délivres, etc., que l'on fait étudier dans un établissement assez semblable à nos écoles de Jeunes de langues, et où leur gouvernement les instruit

de tous les grands faits de l'histoire contemporaine.

Lorsque l'amiral Cécile, à la tète de la division française des mers de la Chine, alla visiter le port de Nagasaki, on fut très-étonné, dès le premier jour où Ton se mit en rapport avec les autorités japonaises , de voir arriver à bord de la frégate amirale des interprètes qui, à la vérité, ne savaient pas prononcer le français, mais' le comprenaient à la lecture. Ils se mirent, avec une activité extraordinaire, à copier tout ce qui, écrit ou imprimé , était affiché dans la batterie : règlements généraux, consignes, et jusqu'au rôle de l'équipage.

Le commodore Perry a reçu plus d'une preuve de l'intérêt passionné avec lequel les Japonais suivent les découvertes et les travaux du génie étranger. L'un des personnages chargés de traiter avec lui politiquement lui demanda ce qu'il pensait du navire calorique de M. Éricson, et lui prouva, par ses questions, qu'il avait une idée assez juste du système. Peu d'Anglais ou d'Américains auraient pu lui tenir tête, et ces connaissances semblèrent au commodore être même assez répandues chez ces aristocratiques insulaires. Un des soldats de marine de la frégate le Macédonien étant venu à mourir, les Américains demandèrent aux autorités locales la permission de

l'ensevelir chrétiennement à terre. Les Japonais y consentirent, à la seule condition qu'on ouvrirait le cercueil, afin qu'ils pussent constater euxmêmes le décès; mais on faillit avoir une affaire avec eux lorsque, la terre étant rejetée sur la tombe, on y plaça une pierre où étaient gravés les noms, l'âge et les qualités du défunt. L'un des magistrats japonais présents à la cérémonie lut aussitôt sur l'inscription que le mort était né en Irlande , et il fallut donner des explications aux autorités, qui, sachant très-bien que l'Irlande est une dépendance de l'Angleterre, et non des États-Unis, tenaient à faire établir régulièrement la nationalité de celui qu'on inhumait dans leur pays.

Chronologie , astronomie , zodiaque ; année japonaise.

— Almanachs.

Les ancêtres de Zenmou, premier souverain du Japon et fondateur de l'empire, avaient déjà, comme les anciens Chaldéens, des connaissances très-étendues en astronomie et en chronologie. La preuve en est dans les tables historiques qu'ils nous ont léguées et qui, par leur manière de compter les dates, accusent une concordance irrécusable avec celle de l'empire du Milieu. C'est de là, sans au-

cun doute, qu'ils les ont directement ou indirectement empruntées. L'histoire de la Chine devance de près de vingt siècles les annales du Japon, et, pendant un aussi long espace, les Japonais devaient nécessairement recevoir l'instruction scientifique de ce grand pays civilisé, si voisin du leur, et le seul qui fût à leur portée. C'est aussi ce qui est arrivé, comme ils en conviennent eux-mêmes.

Cette suprématie intellectuelle des aïeux de Zenmou les revêtit, aux yeux des Japonais encore ignorants et simples, d'un prestige de divinité.

On conçoit qu'elle a dû singulièrement faciliter les projets politiques de leur descendant , et l'établissement de son pouvoir sur tout l'archipel du Soleil Levant, 660 ans avant l'ère chrétienne. -

Les Japonais , par conséquent, de même que les Chinois, n'ont pas d'ère fixe. Pour désigner les dates» ils sont obligés de combiner le cycle sexagésimal de l'astronomie orientale avec la première année du règne de chacun de leurs empereurs. Cette année initiale leur sert de point de reconnaissance, comme les Olympiades aux anciens Grecs.

Avec un tel système , il n'est pas facile de fixer dans la mémoire les dates importantes de l'histoire; et comme , d'un autre côté, les Japonais tiennent essentiellement à bien connaître le fond et l'ordre des grands événements dont leur pays a été le théâtre, ou qui se rattachent en quelque sorte à leur

passé» tout le monde a chez soi, souvent même sur soi, des tableaux et des almanachs chronologiques, historiques et généalogiques ; les posséder par cœur ' serait un de ces prodiges que l'homme ne peut accomplir qu'à force de temps et d'habitude , et lorsqu'il s'y est pris dès le premier âge de la vie , afin que tous ces chiffres et ces noms si compliqués puissent se graver durablement dans sa jeune mémoire, comme l'empreinte d'un cachet dans la cire encore molle au sortir du feu.

Pour l'intelligence des curieuses applications qui vont suivre, que l'on me pardonne l'aridité de la petite explication à laquelle je vais être obligé de me livrer sur ce cycle sexagésimal qui sert à calculer les années chez tous les peuples civilisés de l'extrême Asie. Introduit en Chine par Hoang-ti, 2637 ans avant J. C, il est le produit de la combinaison de deux cycles, dont l'un se partage en dix, et l'autre en douze sections.

Le premier de ces cycles comprend les cinq éléments considérés, chez les Chinois, chacun dans un aspect double, comme mâle et femelle, comme actif et passif. Chez les Japonais la diversité des sexes a été remplacée par le rapport de frère aîné à frère cadet. Le bois , premier élément , est atné quand il est encore à l'état brut ; cadet, lorsqu'il a été fendu et qu'il a pris la qualité de matière travaillable. Le second élément , le feu , est aine quand il est pri-

LES SCIENCES, LES LETTRES, ETC. i4$

mitif, comme la foudre ; cadet, lorsqu'il est de nature secondaire, comme la flamme d'une lampe ou celle (Tune torche. Ainsi des autres éléments. A la terre naturelle, au minerai vierge, à Y eau vive, ruisselante et coulante des aspersions pluviales, appartient le droit d'aînesse ; à la terre de poterie, au minerai préparé, à l'eau stagnante des marais et des puits, le rang de branches cadettes dans la famille.

Le second cycle, avec ses douze parties, forme le zodiaque astronomique commun aux deux nations.

Or, quand on relie deux à deux les signes du cycle dénaire avec ceux du cycle duodénaire , en mettant les premiers en avant, et qu'ensuite, après avoir épuisé les deux colonnes, on les reprend jusqu'à ce qu'elles recommencent l'une et l'autre à la fois, alors on ne voit reparaître les mêmes combinaisons qu'au moment où les cycles dénaire et duodénaire ont achevé leur cours , l'un six fois et l'autre cinq, c'est-à-dire seulement après soixante combinaisons écoulées. De là vient le nom de sexagésimal donné à ce cycle. On en fait l'application même à la détermination des mois, des jours et des heures, mais alors c'est dans un intérêt purement astrologique.

Veut-on savoir comment ont été fixées les dates des six grandes fêtes au Japon ? Le mois interca-

laire n'étant pas compté h part, le cycle lunaire comprend cinq années, et le cycle horaire se corn* pose de cinq jours. De la sorte, le cycle diurne forme, lui aussi, une semaine de soixante jours ; et chaque fois qu'elle commence, il y a fête d'un jour* ce qui donne par année six solennités principales» Quant à leur nature, elles sont bouddhiques et originaires de l'Inde.

L'année naturelle ou civile commence vers Té* poque où le soleil pour nous est dans le signe des Poissons, c'est-à-dire vers le 18 février.

Dans la vie ordinaire, on se contente d'additionner les divers mois en suivant leurs numéros d'ordre. Ils s'appellent donc simplement le premier, le deuxième mois, et ainsi de suite.

Nous ne suivrons pas les Japonais à travers leurs systèmes souvent modifiés d'années lunaires et solaires, et nous lie ferons pas l'histoire de leur calendrier, aussi variable que leur gouvernement lest peu. Sur la an du dernier siècle, l'étude des sciences mathématiques et astronomiques, se vul* garisant dans l'empire, eut pour résultat la ré* forme de ce calendrier. Mais la confusion des procédés chronologiques n'a pas cessé pour cela. On continue de dire indifféremment et tour à tour d'un événement quelconque, du grand incendie dé Miako par exemple, qu'il s'est passé dans la dixième des années Kouanséi (période arbitraire), dans fa

quarante-cinquième du soixante-quatorzième cycle, dans la dix-huitième du règne du cent vingtième empereur spirituel, ou dans la deuxième du quarante-deuxième empereur temporel, tout cela pour indiquer que la résidence des souverains pontifes a été dévastée par le feu en 178$.

Le zodiaque des Japonais est le même que celui des Chinois. Ils promènent le soleil, tous les ans, du signe de la Souris dans celui du Tamroan, de là dans ceux du Tigre, du Lièvre, du Dragon, puis dans les signes du Serpent, du Cheval, du Bélier, inSinge, du Coq, du Chien et du Smglier.

L'année japonaise a douze mois comme la nôtre. Le premier mois, dans la langue poétique et dans celle parlée à la cour du mikado, s'appelle le mois aimable, parce qu'on suppose que les visites et les cadeaux du jour de Tan, qui sont une grande affaire dans tous les pays de l'Asie orientale, resserreront les liens de l'amitié. Le nom du deuxième mois veut dire : celui oé ton double ses vêtements; c'est l'époque des plus grands froids. Le troisième est le mois de la résurrection ou du commencement du printemps, très-précoce sous ces latitudes. Le quatrième, le mois de la 4euteia J fleur analogue au jasmin. Viennent ensuite le mois des pianies printanières, celui de la sécheresse, le mois des missives, ainsi nommé parce que, d'après une ancienne coutume, les amis s'écrivent alors des lettres

de félicitations ; puis ceux de la chute des feuilles, de la longue clarté, le mois sans dieu, où la divinité du tonnerre est censée mourir sans être immédiatement remplacée par une autre ; le mois de la gelée blanche, et enfin celui de la course des maU très, qui, dans les derniers jours de Tannée, ayant beaucoup d'affaires à terminer, sont toujours par voies et par chemins.

Trois méthodes s'emploient concurremment pour la division de la journée : 1° celle des douze heures uniformes nommées d'après le cycle duodécimal ou zodiaque, dont chacune est égale à deux des nôtres, et qui sont empruntées aux Chinois; elles portent, comme les signes zodiacaux, des noms pris du règne animal, reçoivent la désignation commune A' arcs, et se scindent en huit fentes; 2° la méthode , chinoise aussi dans l'origine , mais perfectionnée par les Japonais, des douze heures uniformes numériques , c'est-à-dire distinguées par des noms de nombre et se divisant en dix parties ; enfin , 3°, la méthode des heures mobiles , inventée dans les couvents bouddhiques, et dont on a fait plus tard l'application à la vie civile et à ses travaux, presque aussi mesurés que ceux des bonzes* Ces dernières heures, qui croissent et décroissent d'un bout à l'autre de l'année, dépendent de la durée changeante du jour et de la nuit. Pour les compter, preuve de l'activité de ce peuple! on

ajoute à la journée naturelle le temps des deux crépuscules , et Ton fixe le commencement du crépuscule du matin et la fin de celui du soir au moment où Ton commence et à celui où Ton cesse de pouvoir distinguer les caractères d'un livre.

Trois sortes d'heures ! cela doit paraître un grand luxe; mais, en toutes choses, les Japonais ont su établir la variété dans l'uniformité; et c'est pour cela , sans doute, qu'ils la supportent sans fatigue et sans ennui.

Dans nos pays d'Occident, aux moeurs et aux idées variables , on .pourrait , au besoin , faire l'histoire des peuples par les almanachs : il suffirait de parcourir une collection de ces modestes opuscules pour se faire une idée des changements survenus d'année en année dans tous les usages de la vie, dans l'instruction ou la superstition populaire, et même , jusqu'à un certain point , dans l'industrie', les arts et les sciences. Au Japon , il n'y a pas moins que chez nous d'almanachs consacrés à des spécialités très-diverses , adaptés aux besoins de toutes les classes , et proportionnés à la culture moyenne des esprits ; seulement , on peut se contenter de les réimprimer tous les ans , en ne leur faisant subir que de légères modifications , et toujours dans le domaine des faits positifs. Ce sont les astronomes de l'empereur spirituel qui composent les calendriers et les almanachs , mais le

clergé les contrôle : lui seul a le droit de tes faire imprimer et de les mettre en circulation. C'est le privilège des prêtres du temple d'Isé. Ils les expédient à leurs correspondants sur tous les points de l'empire, et ceux-ci les distribuent aux habitants de la localité , qui leur font un présent en retour.

Voilà comment l'almanach passe dans toutes les mains et sous toutes les formes : feuille légère, quand il doit entrer dans l'étui de parfumerie des dames ; livre volumineux , lorsqu'il est destiné aux hommes graves , et tous d'un âge avancé , qui sont chargés des fonctions de maîtres des cérémonies, si difficiles et si importantes dans ce pays. D'ailleurs , ce wde-meeum commence invariablement, comme chez nous , par des indications d'astronomie et de météorologie. II donne ensuite le tableau des principales fêtes de la religion nationale , de -celle de Bouddha , et force observations astrologiques.

Chacun des quatre éléments de la nature , 'qui sont le bois , le feu, le métal et Veau , est censé dominer l'jun des points cardinaux du ciel et Tune des saisons de l'année. Le bois gouverne l'orient et le printemps ; le feu règne sur le sud et Tété ; le métal , sur l'occident et l'automne ; Feau préside à la région du nord et aux événements qui s'accomplissent pendant l'hiver. Quant à la terre , base et principe des autres éléments , elle occupe le centre dans ce système; et, pour qu'elle eût part égale avec

ses enfants , on lui a donné l'empire des quatre arcs zodiacaux , servant à diviser l'horizon et l'é* cliptique, et qui comprennent la moitié des signes du taureau, du dragon, du bouc et du chien. L'énergie terrestre et l'énergie céleste prédominent tour à tour. Cette théorie» se comhinant avec celle des sexes appliquée à la nature inanimée , produit des fêtes aux noms les plus singuliers , telles que la fête de la Souris du bois mâle et celle du Serpent de la terre féminine. Le jour du signe du Métal mâle, tout le peuple japonais se met en prières. Le quatrième jour du onzième mois est propice aux entreprises des personnes d'un caractère ardent. Il y a des époques astrologiques fixées pour la récolte des céréales , d'autres pour celle, du m , d'autres encore où l'on sert dans les repas des gâteaux auxquels on attribue le pouvoir de conjurer toutes les maladies. A l'approche des équinoxes , Hahé Souara , le souverain du monde des formes, juge impartialement le bien et le mal. Alors on fait une retraite gêné* raie de sept jours , pendant laquelle les prêtres de Bouddha assemblent leurs fidèles dans les temples, pour soulager les âmes des morts par des prières et des sacrifices.

Tous les premiers jours de l'an, les Japonais vont en famille offrir des fleurs et des aliments à l'un des huit enfants du Prince de la lune et de la Terre déesse, qui protègent annuellement, à tour

de rôle, le côté de l'horizon favorable aux actions de l'homme, ce chef de la petite société domestique.

11 faut éviter, en coupant les arbres , de les faire tomber du côté de Y Étoile de bois. Le Génie destructeur, qui n'est autre que la planète Saturne, fait périr les maisons et les navires lorsqu'on attente à ses droits en négligeant les restrictions qu'il ordonne. C'est Rahou, le Dragon à l'étendard jaune, qui fait les éclipses de la lune et du soleil, en passant devant ces corps célestes. En Europe aussi , l'on donnait autrefois les noms de tête et de queue du Dragon aux nœuds ascendant et descendant du cercle lunaire.

Les Japonais ont leurs Rogations. Deux fois dans l'année , le jour de la Terre mâle qui se trouve le plus rapproché de l'équinoxe , ils vont demander aux dieux la croissance des fruits de la terre ou leur rendre grâces pour le succès des récoltes. Tous les travaux manuels sont suspendus , eMes femmes elles-mêmes quittent l'aiguille ou le rouet pour la promenade. « L'hirondelle aussi fête ces deux jours , dit un de leurs poëtes ; l'un par son arrivée , l'autre par son départ. »

Almanachs de campagne, almanachs de cour, calendriers de toute espèce , poèmes floraux , modèles de correspondances classées dans l'ordre des saisons; le seul catalogue de cette littérature périodique fournirait la matière d'un long chapitre.

Nous ne nous arrêterons qu'à deux calendriers qui n'ont leur pareil ou leur analogue nulle part : le calendrier des Fleurs et celui des Aveugles, Commençons par le premier.

Calendrier des fleurs.

Au Japon, comme en Chine, comme chez nous, les fleurs, destinées aux plus gracieux usages, consacrent l'amitié, l'amour, le regret, la reconnaissance. Aussi, dans les deux empires, les plantes d'ornement sont-elles singulièrement aimées ; et , depuis plus de deux siècles , ils ont échangé leurs plus belles productions en ce genre.

Des arbustes toujours verts et toujours en efflorescence parent et rafraîchissent, d'un bout à l'autre du Japon , les élégants jardins de la ville et de la campagne. Dans les salons des riches , c'est aux bouquets qu'est donnée la place d'honneur; et même sous le toit de chaume du plus pauvre paysan, un verdoyant rameau, une branche en fleur, sont placés aux côtés des dieux domestiques.

Amis et parents se réunissent dans de joyeux festins , à l'ombre des cerisiers fleuris , sous le feuillage des wystéries ; et la musique et la poésie , au-

rait-on dit au xviu* siècle , célèbrent là les merveilles de Flore.

Bouddhiques ou nationaux , tous les dieux ont leure temples ornés de fleurs et de feuilles symboliques. Des couronnes de fleurs se mêlent à toutes les solennités patriotiques , et les embellissent en les revêtant du costume végétal de la saison. C'est à tel point que la moindre branche qui verdit , la moindre corolle qui s'ouvre , réveillent le souvenir touchant des fêtes de la famille et de la religion.

La nature est le livre éternel où sont marqués , pour ce peuple, les jours de réjouissances, de cérémonies et de prières. Mais il ne pouvait en être ainsi que soys le climat privilégié dont jouissent les tles du Japon et la partie tempérée de la Chine. Là, les saisons se succèdent avec une inaltérable régularité. Pendant qu'une partie du règne végétal semble mourir, une autre ressuscite; et jamais il ne s'écoule un mois tout entier sans que Ton ait vu quelque part aux champs une fleur s'épanouir et jeter un nouveau jalon dans la carrière de Tannée.

Parmi tant d'autres libéralités, le ciel a voulu doter les hommes d'un calendrier fixe et permanent. Il leur a donné certaines plantes comme symboles des saisons, certaines fleurs et certains fruits pour indiquer la succession des mois, par leur état alternatif de fleuraison ' et de maturité.

Page 1