‹ Le Japon contemporain: (notes et impressions)Chapitre 13 sur 45 · UNE PBOCESSION. — LES DANSEUSES · texte numérisé non relu

UNE PBOCESSION. — LES DANSEUSES

se succèdent, mimant le chant avec une grâce précieuse et séduisante, jouant de l'éventail, de l'ombrelle et de l'écharpe, adorables dans leurs voltes brusques, à la façon des oiseaux qui Sautillent, ou dans leurs poses savamment étudiées, pleines de langueur mlgnarde où le corps tout entier s'abandonne à d'invisibles caresses.

Tableau enchanteur, féerique vision qui ne parle ni à l'esprit ni aux sens, mais dont l'œil invinciblement charmé se pénètre pour en fixer à jamais le frais souvenir...

Quel coup de fortune pour les Folies- Bergère si l'exportation des danseuses était permise! Mais l'interdiction est formelle, et ce n'est pas encore demain que les Parisiens verront la mikagouwa interprétée par un corps de ballet venu de Kioto en droite ligne.

Les danseuses japonaises sont des filles de quatorze à vingt ans, orphelines pour la plupart on achetées toutes jeunes par d'anciennes danseuses dont elles deviennent la propriété exclusive et qui, naturellement, les exploitent de leur mieuXé

Ici ce sont les danseuses dont l'existence n'est pas irréprochable qu'on exhibe ; à celles-là s'attachait autrefois une sorte de disqualification très préjudiciable à leur bonne renommée artistique. Leurs études terminées, elles sont, après

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