‹ Le Japon contemporain: (notes et impressions)Chapitre 25 sur 45 · LA FÊTE DES CERISIEBS · texte numérisé non relu

LA FÊTE DES CERISIEBS

incurable au dire dé la science, Teffleurent à l*eiidroit correspondant à leur partie souffrante ; ils se touchent ensuite pleins d'espoir... Il n'y a que la foi qui sauvé. La divinité n'a plus d'yeux, de nez ni de bras. C'est un tronc dé bois usé, lisse, infornie. Fût-il de bronze, qu'il en serait de même, tant la triste humanité est affligée de misères I

Ici, plus de fleurs, plus de vive lumière, mais Tombre dense d'une haute futaie qui tombe sur les pèlerins maintenant en prières... Le Japon tout entier est là, avec ses contrastes. On s'entasse sous les portiques de pierre, on jette un coup d'œil aux saintes images, et chacun s'en retourne sous les cerisiers, rire et boire, et babiller encore jusqu'au soir. Mais nul n'oubliera de déposer une fleur sur la tombé des héros qui dorment là-bas sous leurs autels moussus, ou de jeter une pierre sur les genoux du gros Bouddha accroupi, qui les regarde de ses yeux jaunes.

Heuretix celui, ou plutôt heureuse celle dont le projectile atteint le but ; ses vœux se réaliseront certainement... neuf mois plus tard. Et les fleurs de joncher le sol et les cailloux de pleuvoir 1 La population du Japon s'accroît tous les ans de 20 pour 100.

Voilà la fête populaire, où chacun peut s'é-

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battre à l'aise. Allons maintenant dans le parc impérial d'Enriokwan, où S. M. le Mikado nous a fait la grâce de nous convier pour cet après-midi. On pénètre en voiture jusque dans la deuxième enceinte, salué au passage par les gardes du palais. A l'entrée, une foule de laquais en culotte courte de velours noir, bas blancs, livrée rouge et or, se précipite vers les arrivants pour vérifier leurs cartes. Superbe, la livrée impériale. Il y a quelques années, les ministres japonais donnaient à leurs gens de service notre tenue de soirée ; aussi prenaient-ils soin, pour éviter de fâcheuses méprises, de mentionner sur leurs invitations l'amusante recommandation que voici : « On est prié d'entrer sans chapeau, afin de n'être pas exposé à saluer les domestiques. » Ici, pas de surprise possible. Encore deux ou trois portes à franchir, véritables arcs de triomphe embanderolés de larges pièces de crépon aux couleurs impériales : chrysanthème blanc sur fond violet, et je suis au milieu du parc immense, admirablement aménagé avec ses pièces d'eau que surmontent d'élégants chalets sur pilotis, ses terrains gazonnés et ses grands arbres. Il est en partie de création récentCj empiétant sur la mer qui baigne par un côté ses talus doucement inclinés. Et partout des cerisiers blancs et roses dans la verdure renaissante.

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