‹ Le Japon contemporain: (notes et impressions)Chapitre 30 sur 45 · LA CATASTROPHE DU 28 OCTOBRE · texte numérisé non relu

LA CATASTROPHE DU 28 OCTOBRE

C'est du Japon qu'on pourrait dire que le char d^ l'État navigue sur un volcan, car en

moins de douze heures, nous avons ressenti huit secousses de tremblements de terre.

Mais dans cette région, sur les bords de la mer, à Kobé, Yokohama et Tokio, les commotions, bien qu'assez fortes relativement, ne renversent même pas un bibelot d'étagère. Les maisons, et les plus solides, craquent comme des chaumières sous la rafale ; les lits, les tables, les suspensions remuent pendant quelques secondes, parfois pendant uneondenx minutes, secQués dans un mouvement de và-et-vient si rapide que rien n'a le temps de bouger de place. Il est rare que trois ou quatre jours se passent sans ce' petit remue-ménage, qui vons donne assez exactement la sensation qu'on éprouve dans un wagon mal attaché.

C'est le plus souvent la nuit que les secousses se produisent. Pourquoi la nuit de préférence ? Mystère. Les simples, — et je suis de ceux-là, — . disent que pendant le jour on s'en aperçoit beancoup moins. IVIais le§ Japonais, adorateurs des forces de la nature, voient dans ce fait une marque de sa prévoyance. Ils l'expliquent d'une manière un peu risquée, si risquée même que j'oserais àr peine traduire leur version, si, par une étrange coïncidence, elle ne rappelait un des préceptes de la doctrine évangélique : « Le but de la vie, disent-ilp, est d'avoir beaucoup d'en-

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