‹ Le Japon contemporain: (notes et impressions)Chapitre 39 sur 45 · I P^JI · texte numérisé non relu

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276 LE JAPON CONTEMPOBAIN.

dirigée par un missionnaire américain. Celle-ci a le dessus. Les vaincus n'hésitent pas une secpnde et tombent à bras raccourcis sur le malheureux directeur qui se réjouissait paisiblement du succès de ses élèves. On l'a ramassé à moitié mort, la joue fendue d'un coup de couteau.

Que pensez-vous de ce pays civilisé où maintenant encore les Européens et les Américains sont traités de barbares ?

Il est assez curieux que les trois personnes maltraitées à huit ou quinze •jours d'intervalle soient missionnaires. Est-ce le résultat d'une coïncidence, ou bien, comme on le dit ici, la mise en pratique d'un système de vexations spécialement dirigées contre les représentants d'un culte d'importation ?

Les Japonais ont presque toujours fait preuve, au point de vue religieux, d'un grand esprit de tolérance. Ils tiennent par habitude à leurs superstitions, mais respectent généralement celles des étrangers. L'histoire rapporte bien qu'en 1638 il y eut, par ordre du gouvernement, un formidable massacre de catholiques, qui étaient à ce moment au Japon au nombre de plusieurs millions. Mais il est prouvé que la politique eut, dans ces persécutions, une part beaucoup plus grande que le fanatisme local.

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accompli. Les temples, autrefois richement subventionnés, ne sont plus entretenus que par les souscriptions volontaires. Leurs desservants shintoïstes ou bouddhistes, avec ce sens pratique inséparable de l'esprit sacerdotal, avaient su, comme tous leurs collègues en ce bas monde, s'approprier les plus beaux domaines ; ils sont maintenant réduits à la portion congrue, et n'ont plus guère pour vivoter que la quête à domicile ou les offrandes assez maigres des fidèles.

Non pas que le Japonais s'achemine, lui aussi, vers l'incrédulité que stigmatise l'intransigeance ultramontAine. Bien au contraire. Il fait très exactement ses pèlerinages annuels et se prosterne devant les autels. Chez lui, dans un coin de sa chambre, il a soin de disposer une sorte de petite chapelle, large comme la main, devant laquelle il fait quotidiennement ses dévo* tions.

Mais, je le répète, il aime sa religion ainsi qu'une habitude contractée dès Tenfance, il en observe scrupuleusement les pratiques, comme il prend son bain le soir, comme, pour se distraire, il fume sa pipette à chaque instant du jour^ Ce sont là, pour lui, autant de choses tradition^ nelles que son éducation familiale a transformées, pour ainsi dire, en actes mécaniques.

Voilà tout. Sa foi ne tentera pas de soulever les

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