CHAPITRE X Secte Jodo, de la Terre pore
§ i. Chaîne de la secte
Dans L'Inde. — Toutes les sectes de la TeiTe pure ont pour commune origine le <r Sukavati-Vyuna », qui paraît fort ancien, puisqu'il a été écrit en sanscrit ; on ne possède qu'une partie de l'original sanscrit, mais on espère retrouver le reste (1).
Acvaghosha (ler siècle), qu'on considère comme le premier patriarche de la doctrine de la Terre pure, cite un sutra que l'on croit être le Sukhavati-Yuna, appelé aussi « le grand Amitayus sutra^ parce qu'il est en deux livres. C'est l'histoire du Tathâgata Amitabha depuis le temps immémorial où il commença à se sentir virtuellement un Bouddha, jusqu'à celui de sa résidence actuelle dans le Suckahvati, où il reçoit tous les êtres vivants qui viennent de tous côtés pour
(1) Gomme la secte Sin-Shiou de la Terre pure constitue à elle seule la partie de beaucoup la plus nombreuse du Bouddhisme japonais, et presque une religion officielle, nous donnons à la fin de ce chapitre ce qui a été traduit du Sufchavati-Vyuna sanscrit, en remplaçant le reste par la description du Suckavati de Koumajarwa, traduction chinoise.
s'élever de l'ignorance à l'éclairement. Il est considéré comme le premier livre sacré de la secte.
II fût traduit en chinois, au milieu du u^ siècle, par Samgha-Varman, savant indien du Tripikata (la triple corbeille).
Dans le Dasa-bhûmi-Vibasha castra, Nagarjuna (ue siècle), le deuxième patriarche, signala la voie par la foi dans le Tathâgata Amitha comme le « court chemin s pour échapper aux transmigrations, le chemin « de celui qui ne retourne pas » (Avaivartya).
Dans le ive siècle Vasubandu, le troisième patriarche, écrivit un court traité du Sukhavati-Yuna, appelé le « petit Amitayus Sutra padcsa b, en un livre qui fut iraduit en chinois, vers l'an 400, par Kumajariva, originaire du royaume de Kharchgar. Il enseigne que si un homme garde dans son esprit pendant sept jours, ou même un seul, le nom du Bouddha Amilâbha, ce Bouddha viendra avec les bodhisattvas le prendre au moment de sa mort, pour le faire renaître dans le Sukhavati. Cette promesse est garantie par lous les autres Bouddhas des dix points.
La maralitéj plus ou moins sévère, selon qu'il s'agit d'un laïque ou d'un religieux (les 5, 8 ou 10 préceptes) ;
La pratique religieuse qui comprend : (la méditation sur) les quatre vérités sublimes (satyas), les six perfections (paramitas) et les autres actes purs et bons, tels que la lecture et la récitation des sutras du Mahayana pour inculquer la loi (la doctrine) aui autres, les treize espèces de bontés.
Les trois vertus sont une cause pure qui produit pour fruits les neuf différents degrés (ou rangs) dans la terre pure.
Comme conclusion Bouddha dit dans ce Sutra:
« Répétez dix fois, en y appliquant toute votre pensée, la prière « adoration à Amit2d)ha Bouddha» ; c'est le moyen le plus efficace (pour naître dans le Suckavati au sortir de cette vie) . »
CmNE. — En Chine la secte date du rve siècle. En 381 Hwui yuen, disciple de Taô-ân, édifia un monastère et y installa les images des trois êtres saints de la terre d'Occident : Bouddha Amithaba (ou Amitays) et les deux bodhisattvas Avaloketiswara et Mahâtoma-prapta ; son école fut appelée école du Lotus blanc.
Un de ses amis composa une prière et écrivit des hymnes sur la méditation appelée : la pensée intime dans le Bouddha Amithayus désirant renaître dans la terre pure.
Après lui, il faut citer : Eon mort en 446, Douran en 542, Dô Chakou, le quatrième patriarche, et Zendo (première moitié du vii^ siècle).
Le premier a laissé un recueil d'exposés de la doctrine d'Amitayus.
Le dernier composa un nouveau commeutaire en quatre livres de l'Amitayurdiana sutra. C'est le troisième livre sacré de la secte. Il est considéré comme supérieur aux écrits des chefs d'école précédents. Zeo-do passe pour avoir été le plus grand maître de la secte en Chine; par l'effet de son enseignement, les Chinois s'abstinrent de nourriture animale au point que le marché de la capitale ne vendait plus de poisson ni de viande.
Après Zen-do, Hoscho et Shp-ko Shôko. Le premier alla au mont Godai, où il adora Mandjukri, et composa les stances appelées stances pour les huit
Avant et après les deux derniers patriarches, beaucoup de docteurs et de religieux suivirent la doctrine de la Terre pure plus ou moins modifiée. On cite comme telles les sectes Tendaï et Shan fort répandues en Chine.
Japon. — En 640 la troisième édition chinoise du grand Sukhavati-Vyuna, édition qui existe actuellement, fut lue devant le mikado Ziô-mei par un religieux nommé Ye-on. On signale en 774 un religieux adepte de la secte et en 972 Ku-ya qui prêcha le peuple à Kioto.
En 984 Gen-Shin, religieux de la secte Tendaï rallié à l'enseignement de Zen-do, écrivit un ouvrage indtulé : ff Collection de renseignements importants
Un siècle plus tard apparaissent deux religieux Yo- Kwan et Rio nin. Yo wan laissa un ouvrage intitulé « Les dix moyens pour entrer dons le Sukhavati».Rionin fonda sa secte en 1127. Elle est appelée, d'après son principe : « Circulation du mérite de se rappeler Âmitayus par la répétition de son nom » ; cela signijfie: « quand quelqu'un répète le nom d'Amitays à rintention d'un ou plusieurs autres, tous reçoivent également la faveur de Bouddha ]& (1). C'est la doctrine d'une des sectes actuelles du Japon.
Mais on doit regarder comme le véritable fondateur de la pure doctrine au Japon (1174), Genku (Ho-nen). C'était un religieux de la secte Tendaï et il fut converti par le livre de Zen-do. Il composa un commentaire des trois sutras de la Terre où il mit en lumière le passage suivant de Zen-do « souvenez-vous sérieusement du nomd'Amitaba de tout votre cœur».
Sa prédication eut tant de succès que les autres sectes bouddhistes le firent exiler dans l'île de Shiko-ku (2). 11 fut rappelé à Kioto en 1211, C'est le septième patriarche des sectes de la terre pure. .
(1) On voit que les sectes de la Terre pure admettent complètement la doctrine catholique de l'efficacité des prières pour autrui, au moins en ce qui concerne la renaissance dans le Sukhavati. C'est une conséquence naturelle de la croyance de la participation des êtres au fruit des mérites accumulés par l'Amita Bouddha pendant un temps infini.
(2) C'est là un cas d'intolérance contraire aux enseignements de Bouddha. Il y en a bien d'autres exemples qu'on doit attribuer à ce que certains couvents ou sectes bouddhistes devenus très riches soit en propriétés, soit en redevances ou taxes religieuses, agissaient pour leurs intérêts absolument comme tous les riches et puissants. Ainsi, le Bouddhisme au Thibet ressemble singulièrement à notre monachisme du moyen âge.
Un peu après la mort de Genku, quelques-uns de jes disciples, s'écartant de son enseignement, fondèrent des sectes dont deux existent encore sous le nom ie ledo ou de la Terre pure.
Les fondateurs furent Ben a pour la secte de File occidentale et Phion Ku ou Seizanha pour la secte de la montagne de l'Ouest près Kioto.
§ 2. Doctrine de la secte
Nos pères, meilleurs et plus fermes que nous, ont pu suivre le chemin saint (1) enseigné par toutes les écoles précédentes et on les désigne sous le nom de c< ceux qui entrent dans l'état saint en ce monde ». Ils ont pratiqué les trois instructions et par là compris dans leur vie précédente les trois vertus : le corps spirituel (Dharma Yaya), la connaissance (Prajna) et la délivrance (Moksha).
Nous qui avons dégénéré, nous appartenons au dernier jour de la loi.
La bonne foi disparaît, toutes les passions se donnent libre carrière ; des trois instructions on ne fait pas plus usage que d'un vieux calendrier. Il faut donc abandonner comme trop difficile le chemin saint qui procure la délivrance, même en ce monde, et suivre la doctrine de la Terre pure par laquelle on n'obtient la récompense qu'après la mort.
(1) On rattache au chemifi saint (ou long) toutes les sectes qui ont précédé celle de la Terre pure.
La foi profonde est l'essence de cette doctrine. Elle appartient donc à la grande école du mysticisme dont Nagardjuna est le chef. « Dans le grand océan de la loi de Bouddha, dit ce maître, le seul moyen d'entrer c'est la foi.
On peut considérer comme un credo commun à toutes les sectes de la terre pure la formule ou acte de foi suivant :
(L Rejetant les austérités et pratiques religieuses et « toute idée de pouvoir personnel par les œuvres, « nous nous reposons de tout cœur pour le salut sur « Amitha Bouddha, croyant que la foi en lui est le « principe du salut; l'invocation de son nom exprime « la gratitude pour la compassion du Bouddha. — « Nous devons aussi observer les préceptes qui nous « tracent nos devoirs pendant toute la vie. »
Pour la secte Jo-do cette formule correspond au Dharma (hors doctrine) deuxième terme (terme central et principal) de la trilogie bouddhique; le premier terme serait l'Amitha Bouddha, et le troisième, l'assemblée, serait représenté par les Bouddhas et les bodhisatvas de la contemplation (dyani bouddhas et Dyani Bodhisattvas) .
Çakyamouni ne reçoit que des hommages de vénération; il est seulement le Bouddha de ce monde et de ce kalpa.
Kwanon ou la miséricorde (Avaloketiswara) est l'objet d'un culte supérieur dans la plupart des sectes japonaises, de telle sorte qu'au premier abord, on pourrait croire qu'il forme l'adoration spéciale d'une secte particulière*
§ 3. Sukavati Vyauna.
Les cinq morceaux de poésie dont l'ensemble représente le Sukavati Vyouna, nous donnent une idée assez complète de la doctrine de la terre pure au Japon, en Chine et même à sa naissance dans rinde. Les trois premières pièces forment plus spécialement la description du paradis d'occident et de ce qui s'y rapporte ; les deux dernières sont des prières pour devenir un bouddha ; elles nous montrent comment la croyance au paradis d'occident se lie à la suprême aspiration des bouddhistes, l'obtention de l'état de bouddha, c'est-à-dire de sauveur des êtres par l'enseignement.
En rapprochant les traits de détail et en les resserrant, on voit, que la doctrine de la terre pure, c'est-à-dire, du dogme de la foi et de la grâce chez les bouddhistes, loin d'être exclusive, se soude à tout le reste du bouddhisme.
Ainsi, il est dit à Y Épilogue, versets 1 , 2, et 3, que, pour recevoir la vraie doctrine, il faut être déjà vertueux, avoir déjà amassé de très grands mériles. La vertu doit donc précéder aussi bien qu'accompagner la foi, tandis que, pour la secte hindoue de la Backti la foi dispense de tout, lave tout.
D'ailleurs, le sukavati n'est point un séjour de délices égoïstes; c'est un lieu de plaisir pieux et d'attente pour devenir un [bouddha, pour avoir la mission et le pouvoir de travailler sans fin au bonheur de tous les êtres.
LB JAFOll 14
SiO LE JAPON
Ce sutra nous donne une idée assez exacte du genre des mérites et des défauts de la littérature bouddhique (sacrée). On ne peut lui refuser une grandeur qui tient à la hauteur des pensées et à l'élévation du sentiment, ni un vaste essor d'imagination ; malheureusement l'imagination se traduit en chiffres au lieu de se refléter par de vives couleurs, La poésie de la nature est absente et cela se conçoit puisque le bouddhiste ferme les yeux sur les ce apparences». Le sutra ne nous offre qu'un petit nombre d'images, banales et monotones ; la pluie de fleurs, la musique céleste etc. Le Sukavati lui-même ne brille que d'une seule lumière et n'est point œuvre d'artiste.
Cependant, au témoignage de Monseigneur Bigandet, il existe des descriptions de paradis bouddhistes qui dépassent celles des Champs-Elysées. Pour la bonne renommée littéraire du bouddhisme, il est fort à désirer qu'on nous les produise et traduise.
Sookavati Vyoumia Soutra
§ 1. Épilogue.
' 1 . Celui qui n'a pas amassé de nombreux mérites n'est point fait pour entendre ce sutra. Est seul en état d'entendre avec fruit la vraie loi, l'homme pur et vertueux.
2. Ceux qui, déjà auparavant, ont vu Baghavat (dans une existence antérieure) peuvent avoir foi dans cet enseignement. Ils entendront et ils pratiqueront
cette loi avec respect, humilité et grande satisfaction,
3. A Torgueilleux, ou vicieux, ou dissipé, il sera très difficile d'acquérir cette foi. Celui au contraire qui aura déjà vu Bouddha dans une vie antérieure écoutera cette doctrine avec plaisir.
4. Ni les Çravakas, ni les Bodhisattvas (sans doute les religieux ainsi dénommés) ne sont capables de comprendre la sainte pensée de Bouddha; c'est comme si un aveugle de naissance voulait servir de guide.
5. La sagesse du Tathagata est une mer profonde et vaste, sans rivages et sans fonds; ni les Çravakas, ni les Pratyéka buddhas ne peuvent en mesurer l'ipimensité; mais le Bouddha la connaît, la connaît c/â^erement.
6-7. Tous les hommes qui ont déjà conquis pleinement la Bodhi et perçu la vérité sublime et qui possèdent la pure science, auront beau, pendant des millions de Kalpas, penser à la sagesse du Bouddha et s'épuiser en dissertations, ils ne pourront, même à la fin de leur vie, connaître la sagesse sans bornes de Bouddha, tant cet enseignement est pur.
8, Difficile est l'obtention d'une vie pure, difficile la rencontre d'une apparition du Bouddha dans ce monde ; rares sont les hommes de foi .et de sagesse ; ainsi donc que ceux qui sont à portée d'entendre cette loi, s'empressent à sa recherche et la recueillent avec le plus grand soin.
9. Si après l'avoir entendu, on la grave d'une manière ineffaçable dans la mémoire, et si, après s'en être pénétré, on éprouve le plus vif contentement,
la pensée s'élèvera à toute la hauteur qu'elle peut atteindre (jusqu'à l'obtention de la Bodhi).
10. Si le monde n'était qu'un brasier, les saints le traverseraient pour aller entendre la loi, et, en entrant dans la voie du Bouddha, ils sauveraient en masse ceux qui sont dans le courant de la naissance et de la mort (de la transmigration).
§ 2. Description du Sukavati {Version chinoise).
Un jour Bouddha, dans le jardin Jetavana Anatapindika, au milieu de 1250 grands Bikshous, dit à Garipoutra.
A l'Ouest d'ici, par de là dix milliards de mondes de Bouddhas (1), il y a un monde appelé Sukavati où le Bouddha Âmitabha prêche maintenant les doctrines (les Dharma, la Loi).
Il est appelé Âmitabha (illimité) parce que sa lumière illimitée éclaire les mondes des dix directions sans qu'aucun obstacle l'intercepte. Il y a aujourd'hui dix Kalpas qu'il est devenu Bouddha. Il a des disciples (Scramanas) en nombre illimité qui sont tous Arhats. Les vies de ce Bouddha et des habitants du monde de ce Bouddha sont illimitées. Ils jouissent de plaisirs sans mélange d'aucune souffrance, c'est pourquoi ce monde est appelé Sukavati.
Il a une enceinte de terrasses à sept gradins, bordée d'un double rideau de sept filets et sept rangées d'arbres ornés des quatre choses précieuses (2).
Au centre se trouve un vaste bassin dont les parois
(i) La secte de la Terre pure croit qu'il y a un Bouddha pour chaque inonde, — ou autrement, un monde pour chaque Bouddha. (2) Or, argent, lapis -lazuli et cristal.
sont formées des sept choses précieuses, dont le fonds est du sable d'or et dont Feau possède les huit bonnes qualités.
A la surface du lac,des lotus étalent leurs fleurs de la grandeur d'une roue, qui se réfléchissent dans Feau avec leur vive couleur et exhalent un parfum.
De chaque côté du bassin un escalier dont les marches sont respectivement en or, en argent, en lapis-lazuli et en cristal, conduit à un palais orné de ces quatre matières précieuses, de perles rouges et d'agathe.
Le sol de Sukavati est d'or. On y entend constamment une musique céleste ; il y pleut constamment des fleurs de Mandara.
Des oiseaux curieux et de couleurs variées chantent constamment avec une ravissante mélodie les doctrines de la religion, ce qui entrelient les habitants dans la pensée des trois Joyaux. Ils naissent tous de la transformation de la lumière du Bouddha pour la propagation des doctrines. '
Doucement agités par le vent, les rideaux de filets et d'arbres font entendre en chœur des accords délicieux qui font penser aux trois joyaux.
Aucun des êtres qui naissent dans le Soukavati ne retourne (dans le monde de la transmigration); la plupart sont sur le point de devenir des Bouddhas. Cette certitude doit pénétrer les êtres du désir de naître dans ce monde de Bouddhas pour y être réuni aux êtres excellents qui s'y trouvent.
Ce bonheur ne peut s'obtenir par la seule pratique
des devoirs ordinaires. Mais si des humains « déjà
vertueux », ayant entendu les instructions sur Amitàbha Bouddha, répètent incessamment le nom d'Âmitàbha en y concentrant leur esprit, pendant un, deux, sept jours, Amitâbha avec ses saints se manifeste à eux (leur apparaît) au dernier moment de leur vie. Quand ils meurent, leur cœur ne se trouble pas : ils savent qu'ils vont renaître immédiatement dans le Sukavati d'Âmitâbha Bouddha.
Çaripoutra! De même que j'exalte (ici) les qualités incompréhensibles d'Amitâbha Bouddha, de même dans la direction de l'Est des Bouddhas tels que Axobia Bouddha, Meroudvaja Bouddha, Mahamérou Bouddha etc., aussi nombreux que les sables de la Ganga (Gange), développent chacun dans son monde des paroles de vérité, sortant leur langue lai^e et longue qui couvre 3,000 grands milliers de mondes. Vous, les êtres, vous devez croire la doctrine « grâce à tous les Bouddhas » dont les croyants sont protégés par tous les Bouddhas qui louent les bonnes qualités inconcevables du Bouddha.
(Cet alinéa se répète textuellement dans l'auteur, pour les trois autres points cardinaux, pour le Nadir et le Zénith, ce qui ajouté au siège fait sept points.)
Voici pourquoi ces doctrines sont appelées c< grâce de tous les Bouddhas » :
Les hommes vertueux et les femmes vertueuses qui entendent le nom d'Amitâbha et celui des doctrines que ces Bouddhas enseignent sont tous sous la protection de tous les Bouddhas et ne reculeront jamais en arrière dans leur marche vers Ariouttara Sampassam Bodhi (la Bodhification). Ainsi, Çaripoutra,
VOUS devez tous croire mes paroles et les instructions des Bouddhas.
Si des personnes ont déjà éveillé, éveillent maintenant, ou doivent plus tard éveiller dans leur cœur le désir de naître dans ce monde (de Bouddha), elles sont déjà nées ou naissent maintenant ou naîtront dans ce monde (de Bouddha).
Si les hommes vertueux et les femmes vertueuses croient, ils devront éveiller (dans leur cœur) le désir de naître dans ce monde (de Bouddha).
De même que j'exalte maintenant les bonnes qualités inconcevables (des Bouddhas) d'autrefe Bouddhas exaltent aussi mes bonnes qualités inconcevables et développent ces paroles :•
« Le Bouddha Çakyamouni, en accomplissant les choses très difficiles et très rares obtient Anouttara Samyassam bodhi au milieu des cinq impuretés, du monde de Saha (transmigration) : impureté de Kalpa, impureté de perception, impureté de mauvaises passions, impureté de vie et donne aux êtres les enseignements sur les doctrines difficiles à croire dans tous les mondes ».
Lorsque Bouddha eût fini les enseignements sur ce livre sacréjÇaripoutra ainsi que les Biskous, les Bodhisattvas, les Etres (humains), les Asouras, etc., ravis et convaincus par les paroles du Bouddha, partirent en le saluant.
§ 3. Hymne à VAmittabha Bouddha.
1 , Dans la direction de l'Est, il y a des contrées de
Bouddha (1) innombrables comme les sables du Gange. Les Bodhisattvasquiy résident se réunissent pour aller visiter le Bouddha Âmitayu.
2. De même les Bodhisattvas des Régions des directions du Sud, de FOuest, du Nord, du Zenith, du Nadir, et de celles des 4 angles (N. E., N. 0., etc.).
3. Tous les Bodhisattvas des contrées dans toutes les . directions portant chacun des fleurs merveilleusement célestes, des parfums exquis, des vêtements sans prix, adorent le Bouddha Âmitayu.
4. Tous s'accordant dans une divine harmonie, adressent au Parfait un concert de chants et de louanges, leur adoration au Bouddha Amitayu.
5-6. « Comme couronnement de ses mérites, il a obtenu la sagesse et le pouvoir surnaturel.
« 11 a pénétré facilement par la porte profonde de la loi.
« Il a comblé le trésor des mérites; rien n'égale son admirable sagesse î>.
« Le soleil de sa sagesse éclaire le monde et dissipe le nuage de la naissance et de la mort (la transmigration) ».
En récitant cette louange, les Bodhisattvas, respectueusement, font trois fois le tour de la personne du parfait et le saluent en touchant la terre de leur front.