CHAPITRE PREMIER Bible des Japonais
§ 1. Genèse
A rorigine, lorsque les principes mâle et femelle n'étaient pas divisés, le chaos semblable à un œuf se forma en nuage renfermant un germe; la partie pure et lumineuse s'évapora et forma le ciel ; puis la partie lourde et trouble se coagula et forma la terre; les îles et les terres surnageaient.
Entre le ciel et la terre naquirent : d'abord un génie, ensuite une sorte de roseau gigantesque qui se transforma successivement dans le dieu Kuni-sa-tuti et dans le divin Topo-Kunnu.
Il y eut ainsi trois dieux qui, émanant d'euxmêmes, étaient absolument mâles.
(i) M. de Rosny nous a autorisé à emprunter presque textuellement ces trois premiers récits à son bel ouvrage « des Dynasties divines », couronné par l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres.
II. Après eux apparurent successivement quatre couples de génies :
Le divin Ui-di-ni et la divine Su'i-di-ni; Oho-toma-di et Oho-toma-be ; Omo-taru et Kasi-Ko-no; enfin Iza-nagi et Isa-nami.
IIL Le principe du ciel et celui de la terre s'étant unis se transmutèrent et produisirent des mâles et des femelles.
A partir du divin Kuni-no-toko-tati jusqu'à Iza-nagi et Iza-nami, on compte sept générations de Tâge des dieux.
IV. Iza-nagi et Iza-nami, se tenant debout sur le radeau céleste, prirent la lance de yade du ciel et, s'étant mis à fouiller, trouvèrent en ce lieu la mer azurée; l'eau qui dégoutta de la pointe de la lance se coagula et forma l'île Ono-goro-zima.
Les dieux descendirent du ciel et vinrent l'habiter pour y vivre en époux et donner le jour à des îles et à des continents. Elle devint ainsi le pilier central du pays.
Le génie mâle fit à gauche le tour de ce pilier pendant que le génie femelle le faisait à droite ; ils se rencontrèrent face à face.
Le génie femelle s'écria le premier : Quel bonheur de rencontrer un si beau jeune homme! (1).
Le génie mâle mécontent lui dit : « Comme mâle, il m'appartient de parler le premier. Comment une
(1) Ce mythe a évidemment pour but d'établir l'infériorité de la femme (Femina infirmius), infériorité proclamée à l'origine de toutes les civilisations.
femme ose-t-elle déplacer ainsi les rôles? » L'événement de la sorte serait néfaste, il faut refaire le tour du pilier ».
Cette fois ce fut le génie mâle qui s'écria le premier :
« Quel bonheur de rencontrer une aussi belle fille!
Puis il adressa cette question au génie femelle : Gomment est fait ton corps?
Celui-ci répondit : « Mon corps a une partie d'origine féminine {habet locum intrinsecus) ».
Le génie mâle dit : « Mon corps a une partie d'origine masculine [habet partem extra sectis). Je désire l'unir à celle d'origine féminine ».
En conséquence le principe mâle et le principe femelle s'unirent et ils devinrent mari et femme.
Lorsque celle-ci fut à terme, elle eut pour cordon ombilical une île à laquelle elle donna le nom d'Ava-di à cause de la souffrance qu'elle avait éprouvée.
Puis elle engendra la grande île du Japon et successivement sept autres grandes îles; puis deux autres îles avec des îlots (1). Toutes ces terres étaient formées d'eau de mer congelée.
V. Ensuite Iza-nagi et Iza-nami donnèrent naissance successivement à l'Océan, aux rivières, aux montagnes, à Ku-go-no-di ancêtre des arbres, et à Kaya-no-bime aïeule des herbes.
Puis, ils se dirent : « maintenant que nous avons
(1) Ce sont toutes les îles autour de la grande île du Japon.
tout engendré sous le ciel, pourquoi ne donnerionsnous pas naissance à un maître du monde? »
Et ils donnèrent le jour à Ama-terassu, la divinité solaire dont la splendeur illumine tout l'univers.
Ravies de cet éclat merveilleux, les deux divinités décidèrent de l'envoyer promptement pour gouverner les affaires de l'Empire. Comme, à cette époque, le Ciel et la Terre n'étaient pas encore bien éloignés, ils le firent monter au firmament au moyen de la colonne céleste.
Pais ils donnèrent naissance à Tuki-no-Kam:
génie de la Lune. Comme la beauté de sa lumière participait de celle du soleil, on les associa tous deux pour le Gouvernement (du monde).
Ensuite le couple divin engendra Hiru-Ko (la sangsue) qui, à l'âge de trois ans, ne pouvait pa> encore se tenir sur ses jambes. Ses parents le mirent alors dans le bateau du Camphrier du ciel et l'abandonnèrent au gré du vent.
Puis ils engendrèrent le divin Sosa-no-o, ou génie malfaisant.
Ce génie qui avait un caractère violent fit beaucoup de mal aux habitants du pays et transforma les montagnes verdoyantes en des montagnes arides.
Aussi son père et sa mère l'expulsèrent.
Le dieu du feu brûla sa mère qui, en mourant, donna naissance aux déesses des eaux et de la terre.
La divine Iza-nami djonna aussi naissance à la déesse de l'air ; aux dieux du vent, de la mer, des montagnes, de l'embouchure des rivières et des arbres de la terre.
D'Izanagi seul naquirent :
La déesse de la rosée ; les cinq rochers de la Voie lactée; six dieux qui s'élevèrent du sang sorti de son glaive; cinq dieux issus de la canne, de la ceinture, de l'habit, du maillot, de la chaussure d'Izanagi ; les innombrables dieux sans droiture ; le dieu réparateur des dieux; le grand dieu réparateur; six dieux nés de ses ablutions-;
La déesse solaire née de l'œil gauche, le dieu lunaire né de l'œil droit, Sosa-no-o dieu des régions infernales né du nez ;
Le dieu des grandes montagnes, celui de la Foudre, neuf esprits des montagnes, dénommés :
Tonnerre sur la tête, sur la poitrine, sur le ventre, sur le dos, aux parties secrètes, aux mains, aux pieds, au nombril;
Un dieu provenant du crachat, un autre d'un mouvement de répulsion, cinq dieux produits par le souffle ; tous les dieux de la terre et des mers ;
Un dieu qui, pendant sa vie, vomit le riz cuit, les poissons, les animaux à poil, et, après sa mort, produit le bœuf, le cheval, le millet, le ver à soie, le panicum, le riz, l'orge et les doHchos.
Le divin Izanagi ayant accompli ses œuvres divines monta au c^l et fit son rapport à TAme-no- Kami, le dieu suprême. Puis il se fixa dans le palais de Hi-nowaka.
VI. Après son expulsion, le divin Sosa-noo (le mâle Impétueux) dit :
« J'ai reçu Tordre de me rendre dans le royaume infernal. (Auparavant) je désire me transporter un
inslai.t sur la voûte élevée du ciel pour avoir une entrevue avec ma sœur aînée; ensuite je me séparerai d'elle pour l'éternité . »
On lui accorda cette demande. Il monta donc au ciel.
§ 2. Règne du soleil
VII. Quand Sosa-no-o, le divin mâle Impétueux, monta au ciel, la mer fut horriblement agitée. Les montagnes et les collines hurlèrent.
La grande déesse solaire Ama-lerrassu qui connaissait de longue main la méchanceté de ce Dieu, fut effrayée. Elle prit l'auguste ruban à huit pieds orné de cinq cents magatamas et s'en entoura la coiffure et les bras. Elle s'arma de pied en cap, et, dans une attitude menaçante, elle apostropha son frère qui protesta de ses bonnes intentions. A sa prière, elle consentit à une double épreuve :
Ayant pris le sabre à double poignée du dieu, elle le brisa en trois morceaux qu'elle broya entre ses dents. De là naquirent trois déesses qu'elle reconnût pour filles du dieu, parce qu'elles provenaient de ce qui lui avait appartenu. (11 y a encore 29 dieux fils de Sosa-no-o ; la plupart sont des divi^^tés locales.)
A son tour le divin mâle Impétueux saisit le ruban à huit pieds orné de cinq cents magatamas, le brisa et le broya de la même manière, et donna naissance à cinq dieux qu'il reconnut pour fils d'Ama-ierrassu.
11 y a encore dix déesses filles de la déesse solaire.
VIII. Plus tard, la conduite du divin Sosa-no-o devint très déréglée.
Après avoir causé beaucoup de dommages aux champs et aux cultures il mit le comble à ses méchancetés. Au moment où l'on offrait à la grande déesse solaire le grain nouveau, il fit à la dérobée ses excréments à la porte du temple édifié pour la célébration de la fête.
Puis lorsqu'il vit la grande Déesse solaire Amaterrassu tisser les habits neufs qu'on porte pour cette fête dans le palais sacré, il dépouilla de leurs peaux des chevaux multicolores et les jeta par un trou qu'il fit dans la toiture en tuiles du temple (1).
Ama-terrassu saisie de frayeur se blessa avec sa navette. Furieuse de ce qui lui arrivait, elle entra alors dans la grotte rocheiise du ciel, en obstrua rentrée au moyen d'un rocher et s'y tint cachée (2) .
Tout l'Univers fut plongé dans l'obscurité et l'on ne connut plus la succession du jour et de la nuit. Alors les huit cent mille dieux se réunirent au bord de la grande rivière du ciel et délibérèrent sur le moyen de fléchir la déesse.
Le dieu Omo-i-gane qui avait une profonde habi-
(1) Évidemment^ette légende est un mythe qui personnifie les intempéries et lés raVages provenant de la mer dont Sasa-no-o est le dieu et qui entravent la bienfaisante action du soleil.
(2) Un autre récit, dans le goût enfantin et indécent des Japonais lui fait abaisser sa robe jusqu'aux parties naturelles et introduire les mamelons de ses seins dans une fente entre le rocher et la paroi de rentrée de la grotte; les huit cent mille dieux assistants poussent alors ensemble un immense éclat, de rire qui éveille la curiosité de la déesse solaire.
li'l(î ol une vue très étendue, réunit les oiseaux qui chantent longtemps dans le monde éternel et leur ordonna de chanter sans discontinuer.
Puis il fit cacher le dieu de la force à côté du rocher qui fermait l'entrée.
Deux dieux ancêtres de deux, grandes familles déracinèrent de la montagne parfumée du ciel cinq cents arbres droits. Ils suspendirent à leurs branches supérieures les cinq cents rubans sur lesquels étaient attachés les magatamas de Yasaka et à leurs branches inférieures ils attachèrent des papiers votifs bleus et blancs. Puis ils firent des invocations.
Alors la déesse Ama-no Usu-me premier ancêtre du seigneur de Saru-me, sa lance de jonc à la main, se mit à faire une parade bouffonne devant rentrée de la grotte.
Puis elle se fit une perruque d'un arbre bien droit qu'elle arracha de la montagne parfumée du ciel et elle s'entoura le corps d'une immense liane passée en guise de corde.
Elle alluma ensuite des feux de joie; puis montée sur un bateau renversé et se dandinant elle simula un discours de la grande déesse Ama-terrassu en la parodiant.
Celle-ci entendit ce qui se passait; étonnée* et curieuse, elle entr'ouvrit l'entrée avec la main et jeta un coup-d'œil au-dehors. Le dieu de la Force lui saisit aussitôt la main et tira la déesse hors de la grotte.
Puis le dieu de Vaka-tomi et celui de In-bi barrèrent l'entrée avec un câble et prièrent la déesse de quitter pour toujours la grotte.
Ensuite tous les dieux jugèrent et condamnèrent Sosa-mo-o ; on lui arracha les cheveux et les ongles des mains et des pieds. Après ce supplice, il se soumit
. § 3. L'Exil
IX. Le divin Sosa-no-o étant descendu du ciel dans le pays d'Idu-mo y rencontra Asi-Natuli et Te- Natuli dont un serpent à huit têtes allait dévorer la huitième fille Kusinada-Bime, après avoir dévoré les sept autres dans chacune des années précédentes. Il fit endormir le serpent en présentant une cuve de vin à chacune de ses têtes, et le coupa ensuite en tronçons avec son sabre à la poignée décuple. Dans sa queue, il trouva un sabre merveilleux qu'il offrit au dieu du ciel.
Son cœur étant ainsi purifié, il établit son palais dans le pays d'Idûmo, à Suga la terre pure, y consomma son mariage avec Kusi-nada-bime qui lui donna pour fils, le dieu Oho-ana-muti.
Il nomma Asi-natu-h et Te-natu-li chefs gardiens du temple de son fils avec le titre de « Dieux maîtres du palais des champs de riz. » Ensuite il partit -définitivement pour le Royaume des Racines (la région infernale).
Parmi les dieux Japonais non encore mentionnés, il faut citer le dieu de l'intelligence, la déesse du tissage, les dieux des miroitiers, des joaillers, des polisseurs de lade, etc.
Après le triomphe de la grande déesse solaire et
.le banissement du Dieu Violent ^ celui-ci occupe toute la scène mythologique; tous les récits se rapportent à lui et à ses descendants qu'on mentionne comme souverains du Japon ou plutôt de la province d'Idzumo. Sosa-no-o à qui son père a donné l'Empire de la mer, n'en prend point le gouvernement. Après sa rencontre avec le serpent à huit têtes (1), il réapparaît comme le dieu fangeux et capricieux de l'enfer; il ne reste point cependant sans pouvoir sur le pays des vivants puisqu'il donne la souveraineté du Japon à son descendant de la sixième génération. Nous apprenons par la conversation de ce descendant avec un lièvre et une souris, les merveilles de hardiesse et de ruse qu'il déploya pour parvenir jusqu'à son ancêtre lors de la visite qu'il lui fit dans l'Enfer. Ce lieu, dans ce cycle de traditions, est bien moins mystérieux que celui visité par Isanagi.
Le même dialogue récite les amours du héros, ses triomphes sur ses quatre-vingts frères, sa réconciliation avec son impératrice jalouse, et donne les noms ou titres, souvent fort difficiles à comprendre, de ses nombreux descendants.
§ 4. La déité microscopiqtie Mirwa
Une tradition dont la conclusion est obtuse, nous entretient d'une déité microscopique qui traverse la
(1) Le nombre huit joue au Japon le même rôle qu'ailleurs le nombre sept.
xner pour demander au roi d'Idzumo qu'il ait à partager avec elle sa souveraineté.
Cette dernière légende se reproduit plus tard. A sa seconde entrée sur la scène mythologique, la grande divinité solaire qui agit constamment de concert avec cette petite déité, la haute, auguste, merveilleuse déesse de la production (une des divinités, forces naturelles, mentionnées par les souvenirs), décide d'accorder la souveraineté du Japon à un enfant qui peut être (on ne sait pas bien) ou son propre fils ou celui du Dieu Violent Sosa-no-o. Le souverain d'Idzumo y consent à certaines conditions. L'enfant descend du ciel sur le sommet d'une montagne de l'île de. Kiu Siu.
Puis le Hvre des Souvenirs, nous apprend la naissance de trois fils de dieux. Deux d'entre eux ce l'Éclat du feu » et « le Triomphe du feu », sont les héros d'une très curieuse légende racontant en détail la visite faite par le dernier au palais du dieu de l'Océan et la manière dont à l'aide d'une incantation (malédiction) il triompha de son frère aîné, ce qui lui permit d'habiter paisiblement son palais de Taka-chi-ho pendant cinq cent quatre-vingts ans.
Le fils de ce personnage, ayant épousé sa tante, en eut quatre enfants.
L'un, marchant sur la crête des flots, atteignit la « Terre éternelle » ; le second s'en alla dans ce la plaine de la mer ». Les deux autres prirent leur route vers l'Est, combattirent les chefs de Kibi et de Yamato, eurent des aventures singulières avec des dieux, les uns pourvus d'une queue et les autres
sans cet appendice, furent assistés par une épée miraculeuse, et donnèrent aux, lieux où ils passaient les noms des exploits par lesquels ils s'y étaient signalés, comme l'avaient fait Sosa-no-o et d'autres personnages divins.
Après ce cycle, Yamato dont, jusque-là, il a été à peine question, devient, avec les pays circonvoisins, le centre de l'action des Récits, et Idzumo y joue de nouveau un rôle. Un conte d'amour, fort indécent, forme la transition entre les deux parties de la mythologie (1).
(1) C'est un spécimen curieux de l'ancien goût japonais : Yamalo-take vint habiter la maison de la princesse Miyazu à laquelle il avait engagé sa foi. Quand la princesse lui oflrit la grande auguste nourriture, elle éleva la grande auguste coupe de liqueur et la présenta au héros : Tune Herse Miyazu veli oraadhœsérunt menstrua, quare ipse illa menstrua vidU et auguste cecinit :
« Ego volui reclinare [caput] in fragili,
« molli bracchiolo [tuo] quod est simile vallo
fl impengenti acutœ falci in Monte Kaguin
« cselo forniato corne una cucurbita — ego
« desideravi dormire [tecum]. Sod in orâ veli
« quod induis luna surrexit. »
Tune Hera Miyazu augusto cantui respondit dicens :
« Alti resplcndentis solis auguste puer !
« Placide administrationem factens mî magne
« Domine ! Renovatis annis vonientibus et
« Rcnovatœ lunce sunt veniendo
« Et effluendo sanè sanè dum te im-
« patienter exspecto, luna suâpte surgit in
« orà veli quod ego induo 1
Quare tune [ille] coïvit [cum illà] ; après quoi il suspendit dans le palais de la princesse son auguste épée, le sabre qui lue les plantes et partit pour prendre la divinité du Mont Ibiky.
(Traduit des Records de Shatow auquel nous avons emprunté presque tous les renseignements sur l'antiquité japonaise).
« La grande déité de Mirwa » (qu'on a identifiée avec le souverain déposé à Itzumo) entre en scène. Dans tout le reste des Récits, cette déité et son collègue (la petite déité Auguste), la déité Izasa, les trois dieux des eaux de Sumi et la grande divinité de Kadzuraki que les Récits mettent si bien en relief, avec la grande déesse solaire et un certain sabre divin conservé dans le temple d'Isono-Kami à Yamato, forment les seuls objets d'adoration nommés spécialement ; les autres dieux et déesses sont passés sous silence.
Cette période se clôt par les troubles qui inaugurèrent le règne de Sui-sei, successeur de Jimmus (1).
A partir de là on ne trouve plus dans les livres sur l'ancien Japon qu'un petit nombre de récits merveilleux ou mythologiques tels que ceux-ci :
§ 5. Derniers récits mythologiques
On attribue 96 ans d'âge aux 16 monarques successifs dont le premier est Jim-mu Ten-no d'après les idées reçues, et 120 ans à l'Empereur Su-jin. On raconte que celui-ci a fait disparaître une peste en suivant les indications divines d'un songe. Au deuxième règne après Su-jin, la résidence Impériale est transportée à Tsukushi l'île du Sud-Ouest du groupe japonais ; les dieux révèlent à l'Impératrice Jin-go
(1) Voir pour le complément des légendes mythologiques le charmait petit livre de M. Appert.
l'existence de la Corée (cependant déjà mentionnée). L'empereur meurt pour n'y avoir pas cru. L'impératrice au contraire traverse la mer avec sa flotte poussée par tous les poissons petits et grands et par un flot miraculeux et assujettit les Gorréens à un tribut.
Après le règne de Jin-go, la Chine importe au Japon des livres et différents arts.
Les annales du règne d'Ojin pendant lequel Fimpulsion civilisatrice de la Chine fut très forte, renferment des détails aussi miraculeux que ceux rapportes ci-dessus. Le merveilleux ne cesse qu'au règne suivant où des historiographes furent, suivant la coutume chinoise, chargés dans toutes les provinces du Japon de rapporter les événements et les discours de quelque importance et de tenir des archives de toutes choses.
Aujourd'hui les Japonais sceptiques, c'est-à-dire les 99 o/o des Japonais instruits, rejettent ou ignorent la Mythologie ancienne et acceptent en principe Thistoire des Empereurs depuis Jim-mu. La plupart des écrits des Européens font de même avec quelques réserves.