‹ Le Japon moderne: son évolutionChapitre 56 sur 75 · LIVRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIEME

C'est par la bouche de ses femmes que le Japon sourit aux étrangers: c'est avec leurs yeux qu'il les cajole, et les enchante, qu'il les affriande et les bafoue. Elles sont ce qu'il y a de plus parfait au Nippon. De ce mystérieux jardin insulaire, penché vers les tropiques, et toujours battu par les flots sonores d'un Océan qui se lamente de se sentir illimité, elles sont les beaux oiseaux multicolores, les voix qui caressent, les perles palpitantes, les fleurs qui rient.

Voyageurs revenus d'Extrême-Orient, pèlerins contrits, dites-nous la nostalgie qui vous obsède et vos regrets stériles! Les tourbillons de vos rêves exotiques ne se peuplent-ils point de ces petites f.umesses enjolivées de chignons noirs dont les volutes ont la complication d'un labyrinthe?

Ces voluptueuses coques, ces affriolantes spirales de cheveux Jissés et gommés, où la lumière met des luisances bleues, qui pourrait les décrire sans accumuler les comparatifs les plus chatoyants? Voici que nous songeons encore, quand notre imagination évoque ces définitives courbes, à des ébènes polis, à des jais somptueux, à des anthracites, à des casques de laque ou aux moires des soieries noires.

Et nous revoyons aussi des lèvres de cinabre ou d'œillet fleuri et des regards énigmatiques, impénétrables, toujours scrutateurs, reflets de velours mouillé que laissent filtrer des yeux rétrécis. Et des pieds petits et adroits comme des mains, et des mains qui sont des menottes, et des bras fardés, et des gestes qui ne sont faits que de grâce...

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