Voir livre I", chap. lY
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ces préjugés barbares? Détrompez-vous. Au fond de leur ame, les Ito, les Okuma, les Itagaki, les Inouyé, les Matzugata, conservent précieusement enfermé ce trésor de haine contre Va Etranger )> que leur ont légué leurs ancêtres. Mais, en politiques prudents, en diplomates consommés, ils sauront dissimuler, jusqu'au jour — qu'ils espèrent prochain — où ils auront achevé de tirer de cette Europe détestée, tout ce qui leur manque encore : science, armements, argent. La conclusion des nouveaux traités, dans la préparation desquels ils ont déployé une astuce asiatique incomparable, de ces traités que nous avons eu la naïveté de consentir, convaincus qu'ils sont tout à notre avantage, ne les arrête pas. Toutes les ressources de leur esprit fécond en expé- *|| dients et en ruses s'appliquent maintenant à annuler, en fait, les concessions qu'ils ont eu l'air de nous accorder. Vous pouvez en juger par deux exemples :
La base des nouveaux traités est : « l'égalité de traitement des Japonais et des étrangers au point de vue civil, aussi bien qu'au point de vue commercial », cette égalité étant d'ailleurs subordonnée aux dispositions des lois japonaises. Or, dans la session parlementaire de 1896-1897, au cours de la discussion sur la loi inaugurant la « liberté de la presse », un membre de la majorité déposa un amendement : « enlevant à tout étranger la faculté de publier un journal
dans l'intérieur de l'Empire ». Appuyé par le ministère (1), cet amendement qui met en échec la disposition fondamentale des traités, fut voté à l'unanimité par la Diète.
Dans cette même session fut adoptée une loi dont les conséquences peuvent être bien autrement graves pour les Européens : la loi sur les corporations.
Le prétexte invoqué par les promoteurs de cette loi, c'est la nécessité d'encourager les industriels à perfectionner leurs procédés de fabrication, et surtout de mettre fin à des falsifications éhontées si bien pratiquées par les négociants japonais, que leurs exportations commencent à en souffrir : certains marchés (le marché américain notamment) se ferment à beaucoup de leurs produits (2). Dans ce but apparent, la loi donne le droit aux négociants et aux industriels de même catégorie habitant une ville, sur la demande formulée par les quatre cinquièmes d'entre eux, de constituer une « corporation » dont tous les autres, non adhérents, sont tenus de faire partie, sous menace d'une forte pénalité. La corporation nomme des inspecteurs experts ayant droit de visiter tous les produits fabriqués, d'en interdire la vente s'ils ne leur semblent pas de bonne qualité, d'inspecter les usines et d'en suspendre le fonctionnement s'ils