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CHAPITRE IV

Le Mikado et l'ère nouvelle. — Agitation politique au début du nouveau régime. — La Constitution de 1889. — Maintien de la conception de l'origine divine du Mikado. — Diminution de son prestige. — La Presse. — Le Parlement; classement des partis. Ce qu'on entend par <L parti politique » au Japon. — Fréquence des crises législatives et ministérielles; leurs causes. — Election du premier Parlement en 1890. — Ministère Matsukata. — Dissolution de la Chambre en 1891. — Singulières mœurs électorales. Intervention des Soshis. — Nouvelle dissoliitiojî en 1892. — Ministère Ito. Gravité de la situation parlementaire : coup d'Etat ou guerre? — Déclaration de guerre à la Chine. — Veto des grandes puissances à la cession de Port- Arthur. — Irritation de la nation japonaise. Tentatives d'assassinat contre Ito. — Itagaki et le parti libéral ; une session modèle. — Chute du cabinet Ito. Nouveau cabinet Matsukata. — Troisième dissolution. — Retour d'Ito aux affaires. Danger de complications extérieures.

En 1868, le jeune Mutsu-hito, le Mikado actuel, prenait à l'âge de seize ans possession du pouvoir impérial restauré. Dans un édit inspiré par les hommes qui venaient de faire la révolution, il déclara inaugurer une ère nouvelle (nenjo), celle de mei-dji (gouverner clairement). Dans l'introduction de ce livre, on a vu les événements ora-

geiix qui marquèrent les débuts du régime. L'esprit turbulent des anciens Samouraïs n'avait pas désarmé ; il se traduisait par une agitation politique de plus en plus violente, ayant pris pour plate-forme la revendication des libertés promises et toujours différées. Et, chose digne de remarque, c'était surtout dans la classe des Kwazokus, c'est-à-dire parmi les aïiciens Kugès (nobles de la Cour), les anciens Daïmios (seigneurs féodaux) que se recrutaient les plus ardents champions des idées libérales.

La situation devint tellement tendue que le Mikado intervint de sa personne et fit paraître le 20 octobre 1881 un édit dont le ton de menace n'était pas sans laisser percer un fonds detristesse, — presque de découragement : a Quand j'étudie, » disait-il, l'état d'esprit de mon peuple, je cons- » tate avec regret que ses tendances le portent à » vouloir réaliser des réformes radicales dans la )) société au détriment de l'ordre et de la paix

intérieure de mon royaume. Dans ces condi- )) tions, et en raison des dispositions particulières )) de mes sujets, toute tentative d'agitation doit » être considérée comme une atteinte à la tran- » quillité publique et une entrave à l'accomplisse- » ment des desseins de mon gouvernement. Le » moment me paraît venu de dissiper les illusions » du peuple et de le ramener au sentiment de la )) réalité des choses. Un châtiment sévère attein- » dra ceux qui persisteraient à vouloir fomenter

» le trouble dans les esprits et à compromettre )) ainsi la sécurité de l'Empire. »

Ce rescrit impérial se terminait par une promesse de convoquer, en 1890, une Assemblée nationale, après la promulgation d'une Constitution.

Il faut rendre cette justice aux deux hommes politiques qui, dès le début de cette ère nouvelle, furent les inspirateurs des plus importantes décisions de leur souverain: Ito et Inouyé, qu'après avoir poussé de toutes leurs forces à la copie des gouvernements parlementaires d'Europe, ils n'avaient pas tardé à reculer, effrayés des conséquences que pouvait avoir pour le Japon l'application prématurée de leurs premières doctrines. Ils voyaient que l'opinion publique, incertaine et flottante, était à la merci des agitateurs les plus audacieux ; qu'il ne se constituait pas de partis politiques, mais seulement des coteries au service d'intérêts privés ; qu'en dehors des hommes qui avaient fait la Restauration (pour la plupart avec des arrière-pensées d'intérêt personnel), des Saïgo,des Yamataga, des Enamoto, des Yamada, trop imbus des idées anciennes pour pouvoir présider aux destinées du nouveau régime, il n'existait pas un homme politique ayant des principes arrêtés. Dans ces conditions, le fonctionnement du parlementarisme était fort dangereux. Aussi cherchèrent-ils à enrayer le mouvement (pi'ilsavaient provoqué ic'était trop tard. Il fallut

se résoudre à octroyer la Constitution solennellement promise, et à doter l'Empire japonais d'un Parlement.

C'est le il février 1889 que cette Constitution fut promulguée. De grandes fêtes populaires furent organisées à Tokio et dans toutes les grandes villes en signe de réjouissance. Je ne jurerais pas que les hommes d'Etat qui l'avaient élaborée partageassent au fond du cœur l'allégresse générale : ils devaient prévoir que l'ère des difficultés graves allait commencer avec son application.

A la vérité ils en avaient atténué les dangers par toutes les restrictions possibles : adoption' du suffrage censitaire (les électeurs devant avoir vingt-cinq ans et payer au moins 15 yens — 37 fr. 50 — d'impôts directs) (1) ; création d'une Chambre des seigneurs (gen-rô-nin) de trois cent vingt membres, dont la majorité était nommée par l'Empereur ou par les nobles (2) ; irresponsabilité, devant les Chambres, des Ministres, responsables seulement vis-à-vis du Mikado ; soumission de la presse à la juridiction administrative ; limitation du droit de

1. Les éligibles doivent payer le même cens, être âgés de plus de trente ans, et résider depuis plus de trois ans dans le district où ils se présentent.

2. Composition exacte du gen-rô-nin : 12 princes du sang ; ''(0 princes et marquis de l'ancienne et de la nouvelle noblesse ; 425 représentants élu» pour sept ans, par l'assemblée des comtes, vicomtes et barons ; 100 membres nommés à vie par l'Empereur ; 45 membres élus, à raison d'un par Ken (département) parmi les quinze plus imposés dans ce Ken.

réunion aux convenances de l'autorité gouvernementale... Nous verrons quel a été le sort de la plupart de ces restrictions.

Le système gouvernemental se compose donc de quatre éléments : Le Mikado, le Conseil des Ministres, la Chambre des Seigneurs, la Chambre des Députés. La Chambre des Seigneurs paraît jouer un rôle très effacé : tout au plus intervientelle dans de rares occasions pour faire échec à des lois trop subversives votées par la Chambre des députés. Pour se rendre compte de l'état politique du Japon moderne, il faut surtout étudier le rôle et la situation des trois autres pouvoirs.

La Constitution ne mentionne pas explicitement l'origine divine du Mikado ; il ne semble pas, cependant, que celui-ci ait jamais renoncé à s'en prévaloir. Dans toutes les manifestations politiques ayant un caractère religieux on ne manque jamais de rappeler que l'empereur Mutsu-Hito est le cent ving-t-troisième descendant de Zimmu-Tenno, le « divin conquérant », fils du dieu Isanami et arrière petit-fils d'Amaterasu, déesse du soleil. La dynastie du soleil, ayant pour emblème la fleur de chrysantème « dont la forme rappelle celle du globe lumineux entouré de ses rayons » régnerait donc depuis vingt-six siècles, c'est-à-dire depuis le temps de Nabuchodonosor. Ce serait un phénomène bien

surprenant, et sans exemple dans l'histoire des dynasties, que cette continuité d'une race, si la pratique de l'adoption (1) ne permettait, au Japon, de remédier aux inconvénients de la stérilité.

Le Mikado n^ laisse, du reste, échapper aucune occasion d'affirmer lui-même sa foi en son origine divine. Le 10 avril 1896, il envoyait une délégation de grands dignitaires de l'Empire au temple consacré à la mémoire de Zimmu-Tenno pour annoncer à son ancêtre le succès de ses armées et lui faire part de la paix qu'il venait de conclure avec la Chine.

Lorsque l'Impératrice mère mourut au mois de janvier 1897, ses funérailles furent ordonnées suivant les rites prescrits par la tradition : les hommes chargés de descendre le corps dans le caveau durent se déguiser en corbeaux pour ne pas troubler l'ame de la défunte parce que « il est interdit aux mortels de regarder la dépouille d'un descendant de la déesse du soleil ».

Dans la plupart des écoles du Japon, on place des offrandes devant les images de la trinité impériale : l'Empereur, l'Impératrice et l'héri-! tier du trône, comme on a coutume de le faire devant les statues des divinités bouddhistes.

Cette tradition semble difficile h concilier avec les principes d'une monarchie parlementaire, et on ne peut expliquer que par ce manque de

1, Voir livre I", chap. II, page 50.

logique naïf, qui caractérise la plupart des actes (lu gouvernement actuel du Japon, que le Mikado ait cru pouvoir la maintenir tout en se dépouillant volontairement d'une partie de l'autorité que lui avaient léguée ses divins ancêtres.

Mais la logique ne perd jan'ais ses droits, — même au Japon, — et l'empereur Mutsu-Hito j)araît avoir perdu aux yeux de ses sujets une grande partie de l'auréole qui s'attachait jadis à sa personne sacrée. Des gens qui, avant 1868, s'agenouillaient dans la poussière sur le passage de la litière fermée du Mikado, le regardent aujourd'hui passer à cheval, costumé en général de division, sans même se découvrir; il a fallu rendre un décret pour rappeler à ce sujet aux Japonais les règles de la politesse la plus élémentaire (1).

Si la Presse n'attaque pas encore la personne même du Mikado, elle s'en prend déjà à son entourage immédiat, jadis englobé dans l'atmosphère de vénération qui entourait le fils du soleil. C'est un symptôme grave. — Au mois de juin 1895, un journal avancé de Tokio, a Le vingtième siècle », publia un article très hardi contre certains personnages d^e la Cour, accusant notamment le Ministre de la maison impériale d'abuser de son ascendant sur l'esprit de l'Empereur pour faire maintenir au pouvoir le marquis Ito, pre-

1. Voir le Japon de nos jours, par M. Georges Bousquet. Paris 1877.

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mier Ministre, au mépris des manifestations les plus évidentes de l'opinion publique. Poursuivi pour outrage et diffamation à Tégard d'un haut fonctionnaire, le gérant du a Vingtième siècle » se vit condamner à quatre mois de prison. Sur ces entrefaites, le marquis Ito était forcé de se retirer : on a prétendu que cette campagne de presse n'avait pas peu contribué à hâter sa chute. A peine libéré, le journaliste publie un nouvel article, beaucoup plus violent que le premier, contre le même personnage. Il l'accuse d'avoir fait accorder par l'Empereur, aux frais des contribuables, une récompense de cent mille yens (250,000 francs) au marquis Ito, sous condition de partage; de s'être approprié certaines forêts appartenant au temple le plus sacré du Japon; d'avoir enfin, de connivence avec Ito, fait nommer à la Cour certaines dames d'honneur qui étaient devenues leurs maîtresses. 11 concluait : (( qu'il serait impossible d'épurer le personnel si corrompu de la plupart des services publics tant qu'un individu aussi infâme, corrompu luimême, resterait attaché à la personne du Mikado ! » — Cet article était, le lendemain, reproduit par deux des principaux journaux de Tokio, accompagné de commentaires qui en aggravaient encore la portée.

Le « Vingtième siècle » fut supprimé par le Ministre Okuma et les deux journaux suspendus; mais le mal était fait, et on peut dire que cet

incident a porté un coup fatal au prestige, jusqu'alors inviolé, de la Cour impériale.

On voit que le Japon n'a plus rien à nous envier, au point de vue des procédés de polémique en usage dans la Presse. Celle-ci y a pris rapidement un développement énorme : en 1871, parut la première gazette à Tokio; en 1878, on comptait déjà 266 journaux imprimés en japonais et 9 en langue étrangère ; actuellement, plus de 800 feuilles périodiques paraissent au Japon et leur nombre s'accroît tous les jours. A Tokio seulement, il s'imprime 19 grands journaux quotidiens, appartenant aux principaux politiciens du Parlement. Leurs rédacteurs sont pour la plupart des fruits secs de l'Université, entrés dans le journalisme faute de mieux, et qui reçoivent une maigre rétribution de dix à cinquante yens par mois. Chaque éditeur de journal se dissimule derrière un homme de paille chargé de faire les mois de prison que les gouvernements japonais ont, jusqu'à présent, distribués avec une grande libéralité.

La Constitution de 1889 avait soumis la presse à la juridiction administrative ; les deux premiers cabinets ne se firent pas faute d'user des droits coërcitifs qu'elle leur conférait, et pendant les cinq premières années du régime parlementaire, suspensions et suppressions tombèrent dru : la persécution ne fit qu'accroître l'aigreur et la violence des attaques des journaux contre les

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gouvernants. En 1896, le cabinet Ito se vit contraint de promettre iau parti libéral — dont le concours lui était nécessaire pour gouverner — la modification du régime auquel étaient soumis les journaux; cette promesse, il est vrai, ne fut pas tenue, mais sous le cabinet suivant (présidé par Matsukata) l'opposition ne consentit à voter le budget qu'à la condition d'une réforme préalable de la loi sur la Presse. Le pouvoir de suspendre et de supprimer les journaux a été ainsi transféré de l'administration aux tribunaux ordinaires. L'exécutif n'a conservé que le droit de saisir un numéro contenant un article dangereux pour la moralité ou pour la paix publique. Leurs instincts de combativité aidant, les Japonais se servent maintenant de la Presse comme d'un instrument acéré et redoutable, et le ton des polémiques atteint un degré d'acuité invraisemblable. Les hommes d'Etat japonais qui, après avoir subitement lancé la nation dans la voie des idées modernes, s'étaient imaginé qu'ils en modéreraient à leur gré l'expansion, doivent s'apercevoir aujourd'hui de leur erreur. Comme le torrent qu'aucun barrage ne saurait arrêter, la Révolution suit son cours; la liberté devient licence, et la licence ne tardera pas à engendrer l'anarchie.

L'histoire du Parlement japonais serait incompréhensible si on voulait établir une comparaison quelconque entre la composition de cette

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Assemblée et celle des Parlements européens. Au Japon, les étiquettes politiques n'ont aucune signification : tel parti, qui, hier, se déclarait profondément conservateur et hostile a toute innovation libérale, sera demain le plus fougueux à réclamer toutes les réformes. Tel autre qui, dans son programme électoral, aura inscrit la conquête de la Mandchourie et de la Corée, dût le Japon déclarer la guerre à la Russie, deviendra, lorsque ses représentants seront au pouvoir, un partisan non moins fougueux de la paix à tout prix. Et personne ne songe à leur (reprocher leurs palinodies. Un seul parti a paru quelque temps avoir un programme précis et invariable : le parti libéral, dirigé par l'ancien révolutionnaire Itagaki. Il s'est effrité après l'entrée de son chef dans le cabinet Ito. En réalité, il n'y a pas, au Japon, de partis politiques dans le sens européen du mot : il y a des groupes plus ou moins hétérogènes, dont les membres s'attachent à un chef avec l'espoir de mettre à profit son influence personnelle et de tirer argent et honneurs de son accession au pouvoir.

La dernière Chambre des Députés, qui fut dissoute le 26 décembre dernier, comprenait 300 membres (un par 130,000 habitants) et comptait quatre groupes bien tranchés :

Les progressistes y au nombre de 95, dont les chefs étaient les comtes Okuma et Matsukata.

- Les libéraux, comptant environ 80 membres, sous la direction du comte Itagaki.

Les nationaux:, dont le chef reconnu est le marquis Ito, groupant à peu près 75 députés.

Les nationalistes-uniojiisîes, au nombre d'une trentaine, dirigés par le marquis Saïgô.

Enfin, une vingtaine de députés, n'appartenant à aucun groupe, prenaient la qualification d' « indépendants ».

Demandez au Japonais le plus versé dans les questions de politique intérieure quel est le programme de chacun de ces quatre partis : il éludera la question. En effet, le seul programme, inavoué, qui les guide, consiste à chercher à remplacer le clan qui détient le pouvoir, à s'emparer ainsi de 1' « assiette au beurre » dont le chef du parti fera largement usage, pour lui, ses amis, ses clients.

Ajoutez que, de temps à autre, un chef de second ordre se détache de son groupe, tache de former un parti nouveau, de faire de l'opposition pour son compte et de se faire acheter un jour par le Pouvoir, en se faisant doter de quelque fonction grassement rétribuée.

Cette situation fausse absolument le fonctionnement du régime parlementaire : le régime politique du Japon n'est qu'une parodie du parlementarisme anglais, français et même allemand ; non que les partis politiques qui se divisent nos parlements européens brillent toujours par

le désintéressement de leurs membres; mais ils sont tenus de conserver une certaine fixité dans leurs programmes gous peine de perdre dans le pays tout prestige et toute influence; la corruption y est honnie, au moins en paroles : au> .Japon elle s'étale fièrement et les marchandages se font au grand jour. Le Japon politique n'a emprunté aux Européens que leurs vices : il ne peut avoir leurs côtés élevés puisque son régime parlementaire ne s'appuie sur aucune classification d'idées fondamentales, ni même sur quelquesunes de ces utopies généreuses qui ont parfois conduit les Occidentaux, à travers bien des dangers, h la conquête de droits précieux ou de solutions sociales fécondes. Les crises ministérielles et législatives qui se succèdent au Japon à de si courts intervalles (1) sont inexplicables pour un Européen: les Japonais et leurs journaux se gardent d'en révéler les causes réelles. J'en vois deux principales ; d'abord le sourd mécontentement que provoquent deux clauses de la Constitution qui enlèvent au Parlement la plus grande partie de son importance : l'irresponsabilité des ministres devant les Chambres, et leur droit d'appliquer le budget de l'exercice courant à l'année suivante si la loi de finances n'a pas été votée en temps utile. Certains hommes

1. Depuis le début du régime parlementaire au Japon (fin de 1890), il y a eu cinq ministères, quatre dissolutions et une suspension des parlements. Aucune Chambre n'a pu encore arriver au terme légal de son mandat.

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politiques se sont prévalus de ces immunités pour traiter le Parlement comme « une assemblée de laquais » suivant l'expression énergique d'un journal de l'opposition : le Choya Shimhun. Le comte Matsukata, chef du parti dit «progressiste)), a toujours refusé de reconnaître à la Chambre des Députés d'autre droit que celui de voter les propositions de son gouvernement, et, en cas de refus, n'a pas hésité à la dissoudre. A mesure que de nouvelles couches arrivent au Parlement (et c'est un fait qui s'accentue à chaque renouvellement), les hommes de la classe des lieïmin (1) tendant à se substituer à ceux de la classe noble et aux anciens Samouraïs, la prétention des Députés h jouer un rôle prépondérant dans le gouvernement du pays s'accentue, et leur irritation contre ceux qui veulent le limiter augmente.

La seconde cause de l'instabilité gouvernementale doit être attribuée à l'impatience croissante des politiciens contre le joug des deux clans de Satzuma et de Kiusiu. J'ai expliqué dans l'Introduction que la révolution de 1868 fut l'œuvre exclusive des principaux^personnages de ces deux provinces, qui provoquèrent cette modification profonde de l'état politique du Japon dans le but évident de l'exploiter à leur profit. Il y ont si bien réussi que ce sont les mêmes hommes qui, depuis trente ans, gouver-

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