‹ Le Japon vraiChapitre 36 sur 58 · En Coréen ; « Président de la Cour suprême · texte numérisé non relu

En Coréen ; « Président de la Cour suprême

celles de son beau-père. Conquérant rapidement une influence très grande sur le roi, elle faisait exclure le Taï-ouen-Koun des conseils du irouvernement et prenait elle-même la direction des afTaires. Elle donnait bientôt un fils àLi-Hsi, et son influence s'en augmentait encore.

A partir de ce moment, l'histoire politique de la Corée se résume dans les luttes qu'engendre la haine mortelle du Taï-ouen-Koun contre sa bru : celle-ci, obligée de défendre sa vie et celle de son fils contre les tentatives réitérées d'assassinat ou d'empoisonnement émanant de son féroce adversaire, celui-là usant de la terreur qu'il inspire au Roi pour tramer en toute sécurité les complots les plus noirs ; parfois banni, toujours rappelé par son fils.

C'est sur ces dissensions de famille que viennent se greffer toutes les intrigues de politique intérieure ou étrangère qui ne cessent d'ébranler ce malheureux pays. D'un côté, la Reine, aidée par les nombreux membres de la famille Min, s'appuie sur la Chine ; de l'autre, le Taï-ouen-Koun, soutenu par les familles rivales des Pak et des Kim s'appuie sur le Japon. En 1882, des conjurés soudoyés par ce dernier s'emparent du palais royal de Séoul : la Reine parvient à s'échapper sous un déguisement et se réfugie dans la légation de Chine où le Roi, fugitif lui-même, vient la rejoindre; le gouvernement chinois envoie des troupes qui rétablissent

l'autorité de Li-Hsi; les émeutiers sont torturés, leurs meneurs martyrisés et le Taï-ouen-Koun déporté en Chine. En 1884 le fameux Kimok-Koun, dont j'ai raconté la mort (1), se disant chef de la secte religieuse des Tong-hak, mais en réalité agent du Taï-ouen-Koun exilé, et payé par le gouvernement japonais, s'empare encore du palais de Séoul à la tête d'une bande de partisans et cherche a tuer la Reine qui reste introuvable.

En 1890, le vieux bandit arrachait à son fils un décret d'amnistie mettant fin à son exil. A peine rentré en Corée, il recommence k conspirer avec les Japonais. Alors des membres de la famille de la Reine, comprenant que jamais celleci ne sera en sûreté tant que vivra son éternel ennemi, cherchent à en délivrer la Corée : une nuit du mois de décembre 1892, une explosion détruit en partie son palais ; un fourneau de mine pratiqué dans un poêle a fait explosion... on retire le Taï-ouen-koun, vivant, du milieu des décombres. Ce dernier n'est pas homme à laisser passer cet attentat sans en tirer vengeance : au commencement du mois de février 1894, aumoment où le Roi Li-Hsi, accompagné de la Reine et de son fils, se rendait en pèlerinage aux tombes de ses ancêtres, une mine éclate sous le temple, tuant plusieurs personnes de la suite royale parmi lesquelles Kim-hak-kou, mi-

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