Messager officiel de V Empire de Russie, n° du 11 mai
Je me tromperais fort, si cette dernière phrase n'était spécialement a l'adresse des Anglais.
Cet événement - — qui vient de passer presque inaperçu en France — peut être gros de conséquences; il enlève à l'Angleterre l'espoir longtemps caressé de fonder la prédominance anglaise dans l'Extrême-Orient sur l'antagonisme des intérêts russes et japonais en Corée. Faut-il d'ailleurs ajouter foi a certaines allusions discrètes des journaux japonais tendant à nous faire croire qu'il y aurait : non seulement un « arrangement amical », mais une véritable alliance secrète entre les deux pays?
Sans attacher à ces symptômes plus d'importance qu'il ne convient, on peut ranger aujourd'hui l'alliance russe-japonaise dans le domaine des (bits possibles, et* même probables. — Si on considère que le Japon pourra bientôt mettre sur pied de guerre une armée de 500 mille homnîes et une flotte presque égale à la nôtre (1), qu'il peut offrir à un allié des ressources inépuisables pour le ravitaillement en charbon de ses navires, on ne peut méconnaître qu'une telle entente est de nature à mettre en péril la puissance anglaise, non seulement en Chine, mais dans les Indes même. — Serait-ce le commencement de la fin de Carthage?