‹ Le jardin de l'herboriste [electronic resource]Chapitre 6 sur 21 · HA · texte numérisé non relu

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comme de petites Marguerites réunies en bouquet, à la saveur amère et que nos montagnards utilisent comme stomachique et dépurative. Elle croît dans la l'égion sousalpine et montagneuse. C'est une belle plante décorative pour la rocaille où elle rechercha les lieux frais et ombragés.

A. millefolium L. (Mille feuille) est une herbe très répandue dans nos prés. On utilise ses feuilles finement divisées et ses fleurs blanches (roses dans la montagne) sous foi'me d'une teinture qui s'emploie surtout en homœopathie.

A. moschata Wnlf. et A. nana L. ■— Plantes aromatiques appartenant aux plus hautes régions alpines et croissant dans les moraines glaciaires entre 1600 et 2,500 mètres d'altitude. Elles contiennent un principe amer, l'Absinthine ou acide absinthique, et une essence volatile d'un vert foncé, parfois jaune ou brune qui est stomachique, fébrifuge, emménagogue et vermifuge. Ces plantes entrent dans la composition du Génipi, délicieuse liqueur alpine que connaissent tous les alpinistes et qui est fort réputée. Les guides en font des tisanes qu'ils administrent aux grimpeurs surpris par le froid ou par le mal de montagne.

Haller dit que c'est en vertu de son odeur exquise qu'on l'emploie comme thé pour exciter l;i sueur.

On utilise les fleurs, avant leur complet épanouissement et les feuilles qu'on sèche à l'ombre. Pour la culture de ces espèces saxatiles et qui exigent la ro-

caille, lire noti-e volume sur la culture des plantes alpines '.

Aconitum Napellus L. (tig. ;i) (Aconit, Char de Vénus). — C'est une plante de nos régions montagneuses, à racine en forme de fuseau ou de navet, aux tiges élevées, garnies de feuilles profondément découpées et aux fleurs bleu foncé, en épis dressés. On récolte les feuilles à la tin de l'été et les racines en automne alors qu'elles sont gorgées d'aliments et avant qu'elles émettent des bourgeons ; après les avoir lavées, on les dessèche à l'étuve, puis on les place dans un lieu obscur et sec

L'aconit contient un l)rincipe actif, Taconitine, qui, prise à forte dose, est un jmison violent. On en tire l'extrait d'aconit (ju'on administre contre la fièvre, les rhumatismes, les maladies du cœur, les névralgies, les névroses, la sciatique, les maux de dents (frictions sur les gencives avec la teinture d'aconit ou t^impon imbibé introduit dans la dent cariée), la migraine de forme névralgique, la surdité sans lésions

' Les Plantes alpines et des rochers par H. Corrovon, Paris

Fig.4

Aconitum Lycoctouum.

apparentes, Tangine de iwitrine, enfin contre les palpitations nerveuses, la coqueluche et la toux nerveuse.

Culture: bonne terre de jardin ; mi-soleil.

Les Aconitum Lycoctoniim L. (fig. 4) et Antli07'a L., à fleurs jaunes, appartenant également à nos régions montagneuses, offrent, bien qu'à plus faible dose, les mêmes propriétés. VA.

ferox Wall., de l'Himalaya est beaucoup plus énergique et même dangereux. Même culture.

Acorits Calamus L.

(fig. 5). — Aroïdée aquatique qui croît le long des cours d'eau tranquilles et sur le bord des étangs et que caractérise une forte odeur aromatique répandue dans les feuilles, le chaton, et surtout dans le rhizome qui contient 1,25 pour 100 d'essence. C'est un principe stimulant et tonique que les Indous utilisent

Fig. 5 — Accrus calainus.

contre la fièvre ; c'est surtout un aromate de valeur, dont on se sert souvent pour aromatiser la bière ou le genièvre et que nos ménagères placent dans les armoires pour conserver les vêtements de laine ou embaumer le linge. En Allemagne on le prescrit, associé à la Sabine, dans la goutte chronique.

On le cultive dans les bassins d'eau sur le bord des étangs ou même en pleine terre, dans les lieux frais. Le rhizome se récolte en automne ou au premier printemps et on le dessèche à l'ombre.

Actœa spicafa L.

(fig. fi). — Renonculacée vivace, à petites fleurs blanches, (\n\ croît dans les lieux frais de la région montagneuse et dont le rhizome a été souvent, par fraude, substitué à celui de l'Hellébore noir; il s'emploie, dans quelques campagnes, comme j)urgatif. La poudre d(^ ses parties aériennes sert à tuer les poux et ses l'acines sont tellement acres que les cam- |)agnardsen font des cautères pour les bestiaux. C'est une plante dangereuse.

Adiantum pedatum L. (Vrai Capillaire.) (fig. 7). — C'est l'une des plus gracieuses sinon la i)lus joliedes Fougères rustiques sous notre climat. Nous l'avons admirée

flans les jardins de nos montagnes où elle semble prospérer d'une manière particulière. Imaginez une tig^ mince dressée, atteignant parfois i)lus de 00 centimètres et portant à son sommet une délicate fronde en forme de fer à cheval, d'un vert gai et vous aurez un peu l'idée de notre Capillaii-e.

Originaire du Canada et des Etats-Unis il est depuis longtemps connu en pharmacie sous le nom de Capillaire du Canada,

les affections inflammatoires des bronches, alors qu'on désire modifier la nature de leurs produits sécrétés.

On cultive l'A. pedatum dans un sol poreux (terreau de feuilles et sable), à l'ombre ou à mi-ombre dans la rocaille ou sous-bois.

A. cajnllns Veneris L. (fig. 8). — C'est la gracieuse Fougère qui hante les lieux frais des rochers et mu- 1 railles dans le midi et que, chez nous, on trouve près I

Fig. 7 — Adiantum pedatnm.

11 entre dans la composition du sirop des chantres ou d'Erysimum composé du Codex. Comme tous les Adiantum cette plante est pectorale et diaphorétique ; elle se prescrit à l'état d'infusion, de décoction, de sirop et principalement, dit Bâillon, dans

Fig. S — Adiant,\ini (!apilln>* Vemn-is.

de Vaumarcus, La Samz et au Tossin. Elle a les mêmes propriétés, bien que plus faibles, que l'A. pedatum.

Aesculus hippocastamim L. (Marronnier de l'Inde. ) — Son éco)-ce, dit Bâillon, a été usitée comme fébrifuge, tonique, antiseptique et détersive. Elle a servi à panser les ulcères de mauvais aspect. Le marron, dit Empeyta, sert à la fabrication de la colle, de l'amidon, et surtout de la poudre à poudrer. Il peut au besoin, à cause de la sapotine qu'il renferme, remplacer le savon dans les lessives.

La décoction des marrons par l'eau chaude, répandue sur le sol, amène les vers de terre (lombrics) à la surface et les tue. Nous avons essayé de ce procédé au jardin alpin, mais n'avons pas réussi.

AethusaCynapiwnL. (PetiteCiguëouFaux-Persil ). — Cette malheureuse plante fait beaucoup parler d'elle à cause des empoisonnements fréquents qu'elle provoque j)ar suite de sa ressemblance avec le persil. Elle croît abondamment dans les terres incultes, les friches, les décombres, les jardins. C'est, dit Bâillon, la plus vénéneuse des plantes confondues sous le nom de Ciguë et c'est à ce titre qu'elle intéresse les médecins car elle n'est pas employée comme médicament.

Il s'agit de la connaître alors qu'elle n'est encore qu'à l'état de feuilles et que, mélangée dans une planche de Persil ou de Cerfeuil, elle offre un réel danger. Son odeur seule la fera reconnaître par tout le monde. Nul ne pourra confondre l'odeur fétide de la Petite Ciguë avec le parfum aromatique et bien connu de ce que nos ménagères nomment « Les i^etites herbes. »

AffrimoniaEiipatoria L. (Aigremoine. ) — Fiante vivace qui croît le long de nos haies et de nos bois ; petites fleurs jaunes, disposées en épis dressés. Très estimée autrefois contre les angines légères, les maladies de loie et les inflammations de la gorge, elle n'est plus guèi'c, aujourd'hui, utilisée que dans la médecine des campagnes.

On emploie les tiges florales qu'on sèche à l'ombre.

Ailanthus glandulosa Des/. (Vernis du Japon.) — Le Fhdrmaceiitic Jourmd du 2(1 octobre 181)5 contient un article de M.

David Hooper au sujet des propriétés médicinal(N (le Técorce de FAilanthe. Elle renferme un amer puissant contre la dyssenterie et les vers intestinaux. 11 parnît qu(> c'est égalenjcnt un insecticide et qu'il peut remplacer le Quassia. L'Ailanthe. originaii-c du Japon, a rapidement envahi certaines contrées de l'Europe. Chez nous il s'est naturalisé au Tessin où les forestiers le voient de très mauvais (eil à cause du peu de valeur de sou bois. Ses feuilles sont utilisées dans la sériculture pour remplacer celles du mûri(>r blanc.

Ah'elle, voir Vaccininm.

Ajuga pyramidalis L. (Bugle des Alpes.) (fig. 9). —

C'est uiu" Labiée assez cui'ieiise clans ses formes, qui croît dans la région subalpine et alpine.

Les Piéniontais l'utilisent connue astringent et surtout comme vulnéraire.

AkJœmllld alpina L. et valgaris L.^ jjetites rosacées

Fig. 10 — Poireau cnlfivi'.

de montagnes qu'on utilisait auti'efois comme astringents et pour guérir les hémorrhagies. E11(!S entrent dans la composition du tlié suisse. C'est, dit-on, FAlcliemille qui donne aux fourrages de la Gruyère, où elle abonde, leur supériorité.

Alliiim Porrum L. (Poireau) (fig. 10). — (C'est Tun

dos antiseptiques les plus sains et les plus utilisés sans qu'on s'en rende compte). En i)harniacie on l'a sous le nom de Radix cepse longœ et il y est utilisé surtout pour les catarrhes chroniques.

Allium sativiim L. — L'ail est bien connu pour ses propriétés vermifuges, irritantes et caustiques. Il préserve, dit-on, de beaucoup d'épidémies.

Allium Vidoriale L. (Herbe à neuf chemises). — Les montagnards tiennent cette plante en très haute estime et beaucoup lui consacrent le meilleur coin de jour jardin. Ils lui attribuent toutes sortes de vertus, la préconisent contre l'épilepsie, la léthargie, etc. Les Allemands prétendent que cet Ail est un bon spécifique contre les miasmes qui s'échappent de leurs mines.

Altliœa officinalis L. (Guimauve). — C'est une malvacée qu'on rencontrait dans tous les jardins de nos pères qui la cultivaient non point poui- ses t1(nirs roses (^t son feuillage gi'is velouté mais pour les propriétés de sa racine, de ses feuilles et de ses tlcuirs. ("est, de toutes les plantes mucilagineuses, celle dans laquelle on rencontre, réunies au plus haut degré, les propriétés émollientes et adoucissantes. La grande quantité de mucilage qu'elle cède à l'eau la fait journellement employer dans les rhumes, maux de gorge, catai-rhes, etc. Sous forme de lotion et de fomentation on s'en sert pour calmer les chaleurs, cuissons et brûlures de la I)eau, et sous forme de lavement dans les inflammations intestinales et constijjations. Enfin, on donne souvent la racine à mâcher aux enfants pour favoriser la dentition.

On récolte les fleurs et feuilles des guimauves durant

Fig. 11

Althsea rosoa à iloiu-r pleines.

l'été et on sèclieà Tombre; quant aux racines, qui sont If^s

plus riches en matières mucilagineuses,on lesarrache en automne et, après les avoir lavées, on les coupe en menus morceaux, on enlève leur épiderme, on les enfile en chapelets comme les champignons secs, puis on les suspend dans un milieu sec.

Elle se plaît dans tout sol sain et au soleil. L'AUhœa rosea Car.

(Passe-rose ou Rose-trémière) (fig. U) est une bonne

vieille plante de jardins qu'on cultive dans les campagnes (où l'on préconise la variété à fleui's brun foncé) comme plante médicinale et à laquelle on attribue les propriétés de la guimauve qu'elle possède cependant moins abondamment.

Amaryllis lutea L.{ûg. 12).

— C'est une sorte de crocus jaune vif qui fleurit à l'automne dans nos jardins où il est cultivé comme plante d'ornement et dont le

Fig. 12

Amaryllis lutea.

bulbo amer est purgatif (Radix Lilio-Narcissi des pharmaciens.)

Amygdalns commnnis L. — C'est l'amandier cultivé dont on fait le sii-op d'orgeat qui est calmant et rafraîchissant. Les amandes amères (A. amara) fournissent une huile grasse qu'on administi-e comme contre-poison et purgatif à la dose de 60 grammes et qu'on emploie à l'extérieur, en onctions, pour relâcher les tissus dans les cas d'inflammations vives de la peau, brûlures, éry si pèles, fui-oncles, etc. Les coquilles sont parfois utilisées en tisanes dans les inflnmmations de poitrine, \<\ (•(Klueluche et comme condiments |)our aromatiser les mets des convalescents.

Le parfum d'amandes, (lu'on obtient par la distillation des feuilles, jouit depuis longtemps grande faveur. L'huile essentielle d'amande entre dans le savon, le cold-cream et dans plusieurs compositions de parfumerie. L'essence d'amand(^s amères est un poison très actif car elle renferme de l'acide prussique.

Les succédanés de l'amande amère sont les noynux et les feuilles de pécher, d'abricotier et les feuilles de laurier-cerise.

Anclmsa offic'malis L. et A. italica Retz (fig. 18)

Fig. 18 — Ancliusa it,alicîi.

sont deux belles boraginées d'ornement, vivaces, k rieurs bleues, qu'on utilise parfois comme succédanés de la bourrache. Sol profond et nourrissant.

Anémone Pulsatilla L. (fig. 14). — C'est une belle plante vivace dont les fleurs grandes, dressées, à belle corolle violet foncé, richement relevées par une gerbe d'étamines d'or qui sort du centre, constituent l'un des plus beaux ornements de nos jardins, au premier printemps.

La plante fraîche est irritante, vésicante et môme caustique ; mais elle devient inerte par la dessication car son principe actif est volatil.

Ingérée, dit le Docteur Héraud, elle produit les effets des subtances acres et corrosives ainsi qu'une

Fig. 14 - Anémone Pulsatilla. aCtiOU Stupéfiante SUr le

système nerveux. On l'emploie contre les maladies vénériennes, les paralysies, les darti'es rebelles, la coqueluche. Sa poudre est un bon sternutatoire.

Les Anémone pratensis L. et moniana L. possèdent les mêmes propriétés. Toutes trois aiment un bon sol profond et le plein soleil et toutes trois sont vénéneuses.

Ces plantes perdent une partie de leurs propriétés par la dessication; on devra surtout les employer fraî-

F\ii. 1.-)

Aiiomoiii- îlepatira.

chos. Mais la racine qui est, à raiitoiniie, gorgée de sucs, conserve plus longtemps ses propriétés.

L'^. Hepatico L.

(fig. 15). — C'est la jolie « Fille avant la mère » de nos jardins, l'une des premièi-es fleurs du printemps.

On en cultive plusieurs variétés à fleurs pleines ou simples pour l'ornementation de nos platesbandes. C'est une plante astringente qu'on utilise, dans nos campagnes, surtout dans les maux de gorgt

Enfin l'^l. nenHn'osn L.

(fig. 10), la petite sylvie de nos bois, a des racines charnues, presque tubéreuses et qu'on utilise, surtout dans les Alpes du Pi émon t ,('onim e i l' i-i ta n t , vésicant et caustique.

A Hf/elica Archa tu/e( ira L. — I/angélique est une grande ( )nibellit'ère d'un mètre, à l'odfnir aromatique, à la saveur âcre, chaude et un \)v\i amère. Sa racine est grosse, en forme de fuseau et rameuse. Elle est riche en essence et renferme trois acides volatils. Elle est un

Fis. 10 — AiiPinonp nomorosa.

excellent digestif, trop peu connu des praticiens, dit le

Bâillon. Elle est stimulante, stomachique, carminative, antispasmodique et on l'utilise contre les névralgies, riiystérie, la chlorose et pour faciliter l'expectoration à la fin des bronchites. Les Allemands en mangent les jeunes pousses qu'ils considèrent comme antiscorbutiques et on en fait, par distillation, une essence parfumée. Les confiseurs produisent avec les côtes de ses feuilles un des condiments les plus exquis et les plus digestifs, qu'on rencontre trop rarement sur nos tables. Les Anglais utilisent les feuilles d'angélique comme condiments avec la viande, persuadés qu'ils sont que cette plante facilite la digestion, purifie le sang et corrige l'haleine quand elle est mauvaise. Kneipp dit que c'est à bon droit qu'il peut la recommander comme un excellent remède domestique. Les campagnards, dit-il, feraient bien d'en recueillir chaque année dans leurs prés et leurs forêts, de sécher à l'air et à l'ombre et d'en conserver au sec une quantité considérable. Ses racines, graines et feuilles, bien séchées, peuvent être réduites en poudre, et alors, en prenant chaque jour deux ou trois fois une pincée de cette poudre, on aura l'équivalent de la tisane.

Quelques grains d'Angélique, mâchés après le repas, sont un excellent digestif.

L'angélique entre encore dans la composition du ratafia, de l'eau de Mélisse, du baume de commandeur, de l'eau vulnéraire, etc.

On la cultive dans les jardins, au mi-soleil, dans tout sol profond et riche en humus.

Ânisum officinale MœucJi. ( Anis vert.) — Plante annuelle de la famille des Ombellifères, originaire du Levant, mais qu'on cultive beaucoup et qui entre dans la préparation de plusieurs liqueurs, ratafias, pâtisseries, pai'fums, etc. C'est l'un des i)lus anciens médicaments; il est indiqué j)ar Pline; Charlemagne en ordonna la culture en France, dans les domaines impériaux. Il constituait l'une des épices dont la compagnie des épiciers de Londres avait le pesage et la surveillance depuis 1453.

On utilise les fruits seulement de l'anis qui sont l'une des cinq semences climtdes majeures; ils font partie de l'élixir parégoricjue de Dublin, de la tisane royale et de l'esprit d'anis. C'est un excitant qui favorise la digestion et occasionne une exj)ulsion de gaz. Son action excitante sur l'estomac est mise à contribution i)our facilit(M* la digestion de certains léguuKvs lourds tels que les choux et les navets.

On le cultive à l'instar du i)ersil et du cerfeuil, dans la bonne terre légère et nourrissante.

AntennariadioicaL.(?'\Qà.(X(i chat.) — Petite plante traînante formant, dans les |)âturages ensoleillés de hi région al[)ine, de larges tapis gris d'argent, aux Heurs roses ou blanches qui conservent, à l'instai' des immoi'telles, leur apparence fort longtemps. Leurs tieurs se récoltent un peu avant leur épanouissement et on les sèche à l'ombre. Elles sont bonnes pour calmer la toux et les maux de la gorge. Les montagnards en font grand usage.

On les cultive dans les rocailles, au soleil, ou en bordures dans les jardins.

AwtousvioZ>2i«sL.(CamomilkM-omaino.) (fig. 10. - C'est une composée vivace, très odorante, à fleurs formant de petites marguerites aux rayons blancs et au disque joune, à la saveur amère, qui a des propriétés digestives, stomachiques et carminatives.

La tisane de camomilles s'emploie contre les refroidissements, notamment lorsqu'ils sont accompagnés de fièvre, contre les coliques, les crampes, les fortes congestions. Mâchée, ello prolonge la salivation:

avalée elle excite la muqueuse, favorise le travail digestif et excite Tai)pétit. Prise à trop forte dose elle peut occasionner des vomissements mais cette action locale une fois produite elle devient tonique, stimulante et antispasmodique. La camomille est utilisée dans une foule de cas diftérents et il serait trop long de les citer tous. On a recours à elle dans les fièvres typhoïdes, l'hystérie, les fièvres intermittentes et dans ce dernier cas elle a donné de bons résultats là où le sulfate de quinine n'en avait pas produit.

On cultive surtout la forme à fleurs pleines ou doubles qui est plus énergique et on récolte les capitules alors qu'ils ne sont pas encore entièrement développés:

puis on les sèche à l'ombre et on les conserve dans des boites fermées.

Un sol substantiel et frais, le grand soleil sont ce qui lui convient; on la multiplie par éclats ou division des touffes.

Antliyllis vulneraria L. (Patte de chat.) — Papilionacée vivace et bien connue, qu'on rencontre dans toutes

Fig. 18 — Antirrliiiimn majus.

les prairies et qu'on utilisait autrefois pour guérir les contusions et les plaies; c'était \e vidneraria rustica des a n ci en n es phar ma co pées.

Antirrlnumn majus L. (Gueule de loup ou Muflier.) (fig. 18). — Il est considéré, par quelques personnes, comme un émoi lient et un résolutif.

Apiim graveolens L. (Ache des marais.) — C'est notre céleri vrai dans sa forme sauvage. Sa racine (l'ancienne racine d'Ache) était l'une des cinq racines apéritives.

C'est un condiment très usité et très précieux; il est tonique, excitant, antifébrile et carminatif. C'est un

Fig. 19 — Céleri cultivé.

diurétique qu'on administre dans les hydropisies et qui est considéré comme antiscorbutique; les feuilles passent pour être toniques et fébrifuges; les graines sont aromatiques et stimulantes et leur huile essentielle est carminative.

M. Andreae fait entrer le céleri cultivé (fig. 19) dans

plusieurs préparations et on particulier dans sa moutarde antiseptique. En Angleterre on mange, après le repas, les pétioles et les feuilles blanchies pour faciliter la digestion et améliorer la bouche et l'haleine. Aqnileqia vulgaris L. (tig. 20). — L'Ancolieest Tune

Fig. 20 — Ancolie.

dos plus gracieuses dVntre les plantes décoratives. Elle est vivace et sa fleur est élégante ; on la cultive depuis plusieurs siècles dans les jardins comme plante d'ornement. Les fleurs donnent une teinture qui est un réactif des alcalis et on s'en sert, dit Bâillon, comme calmant contre les phlegmasies légères de l'appareil respiratoire.

Ses graines ont été prescrites comme dépuratives et diurétiques. En homœopathie on utilise fréquemment ses fleurs non épanouies contre plusieurs affections et en particulier contre les faiblesses d'yeux.

Dans le jardin elle réussit partout mais plus particulièrement dans les lieux frais et à mi-ombre. On récolte ses fleurs un peu avant leur complet épanouissement, c'est à dire avant que les insectes, auxquels il est destiné, aient absorbé le nectar que renferment leurs éperons.

On en cultive un grand nombre d'espèces et de variétés: (voir « Les plantes alpines et des rochers » et les catalogues du jardin alpin d'acclimatation).

Mais la plus belle est sans contredit celle qui hante les hauteurs sereines de nos Alpes, VA alinna L.

Au fond des frais ravins où fleurit l'Ancolie J'ai, dans les plis serrés de sa robe d'azur. Retrouvé bien souvent, dans ma mélancolie Un rayon de soleil s'échappant du ciel pur.

De sa fleur humblement penchée vers la terre On ne voit que du bleu ; c'est un reflet du ciel ; Mais du fond du calice où règne le mystère S'échappe en gerbe d'or ce rayon de soleil.

Arctostapliylos Uva-Ursi Spreng. (Raisin d'ours ou Busserole.) — Charmant arbuste traînant, garni de feuilles coriaces et luisantes, persistantes, semblables à celles du Buis, portant au printemps de jolis bouquets

de Heurs rose pâle auxquelles succèdeut des baies rouge écarlate.

Les feuilles du Raisin d'ours, qu'on récolte à l'automne, sont utilisées comme astringent et amer; elles renferment de l'acide tanique et gallique. On les emploie surtout dans les affections des voies ui'inaires et dans les faiblesses de l'estomac. Celles du Vaccinium Vitis-Idaea L., qu'on leur substitue quelquefois, sont moins efficaces.

Il lui faut la rocaille et le soleil, un sol léger et profond.

Aristolocliia Clematith L. (Kateline ou sarrazine.) — C'est une plante puante qu'on rencontre dans les vieux jardins, aux environs des anti(|U('s cliAteaux où (»lle fut autrefois cultivée comme remède à toutes sortes de maux et aussi comme insecticide contre les puces. Sa souche est considérée comme stimulante et les Russes utilisent ses graines comme fébrifuges. Les Allemands en faisaient autrefois (à Munster) une infusion stomachiipie très vantée. A haute dose la plante est vénéneuse.

Arnica montana L. (tig. 21). — lielle composée aux grands capitules jaune orangé vif, aux feuilles ovales et opposées et dont toutes les parties sont fortem'Mit aromatiques. Elle croît dans l(»s pâturages des Alpes granitiques du ,lura, des Cévennes, des Vosges et des Pyrénées. Les montagnards la tiennent en très haute estime, d'abord parce que dans certains pays (A'osges, Jura, Alpes fi-ançaises) on utilise ses feuilles qui sont sternutatoires comme tabac à priser, ensuite i)arce (pi'elle constitue un remède à plusieurs maux.

A faible dose c'est un tonique excitant mais à dose plus élevée il peut être dangereux, brûler la gorge, irriter l'estomac, provoquer des nausées, des vomissements, coliques, sueurs froides, puis des étourdissements, des mouvements convulsifs et finalement du délire; à dose très élevée il amène des accidents graves, des hémorrhagies et la mort.

C'est le quinquina des pauvres parce qu'il agit contre les fièvres intermittentes; on le préconise contre la dyssentcrie, les paralysies, l'alîaiblissement de la vue. On en prépare des infusions stimulantes, sudorifiques, antirhumatismales et vulnéraires. Nos montagnards en font tous de la teinture qu'ils utilisent contre les coups, les luxations et les blessures.

Kneipp considère l'arnica comme une excellente

plante médicinale et déclare que la teinture d'arnica ne devrait manquer dans aucune famille.

On utilise les fleurs, tiges, feuilles et racines qui toutes renferment de VArnicine mais surtout les fleurs et les feuilles. On les récolte en juin-juillet et on les fait macérer dans de Teau-de-vie ; au bout de trois jours la teinture est prête et peut être utilisée.

La culture n'est point aisée; il lui faut un sol [)oreux et le soleil.

Artemisia. — Les Armoises ou Absinthes sont des comj)osées à feuillage généralement grisâtre, à fleui*s verdâtres ou jaunes, très i)etites, réunies en petits capitules peu apparents. Toutes sont plus ou moins amères et aromatiques.

L'.4. Ahsinthium L. ou Grande Absinthe est une plante vivace qui entre dans la composition de la liqueur d'Absinthe et qu'on cultive en grand dans le Val (1(^ Travers et dans les environs de Pontarlicr. Elle croît sauvage chez nous et recouvi-e des j)entes entières dans les territoires socs et arides du Valais et d(^ lu Vallée d'Aoste. Toutes ses parties renferment um essence; volatile, un i)rincii)e amer qu'on nomme ahsynthine et de Vacide ahst/nfJnque. L'essence volatile est de la même composition chimique que le camphr(\

L'absinthe est utilisée comme stomachique, fébrifuge^ et vermifuge; l'essence d'absinthe, dit Bâillon, ajoutée; à l'alcool, rend celui-ci plus nuisible que l'eau-de-vie, et en fait un poison spécial du système nerveux.

Comme toutes les plantes aromatiques c'est un tonique et un excitant; c'est également un insecticide et

bien souvent, dans la montagne, nous avons éloigné les I)uces des cabanes du Club alpin ou des chalets en plaçant parmi la paille sur laquelle nous couchions, quelques branches d'absinthe.

Kneipp en recommande la tisane pour éliminer le gaz de l'estomac, améliorer les sucs gastriques et i)rovoquer l'appétit avec la digestion. Elle est, dit-il, un excellent remède contre l'odeur fétide de la bouche quand cette odeur provient de l'estomac.

Dans les maladies du foie, ajoute Kneipp (mélancolie), on prendra, au lieu de tabac, une ou deux fois par jour une prise d'absinthe en poudre dans la première cuillerée de soupe ou répandue dans les aliments. Les voyageurs qui souffrent d'embarras gastriques devront prendre leur flacon de teinture d'absinthe comme un fidèle compagnon. Enfin le thé d'absinthe, employé comme eau oj)htalmique, rend d'excellents services dans les maladies d'yeux.

Il est, dans la haute montagne, de petites absinthes très ai'omatiques qu'on y nomme Génépis. Toutes sont abondamment pourvues du principe amer de l'absinthe mais pas à la même dose; chez les unes, l'essence volatile domine et répand, comme c'est le cas chez VAiiemisia glacialis L., un parfum délicat, un arôme des plus suaves qui rend l'espèce très propre à la confection des délicieuses boissons que nous offrent certaines vallées piémontaises et l'Engadine. On vient de loin visiter les hauts sommets de la vallée d'Aoste et des Alpes valaisannes et Grisonnes ou du Dauphiné pour y récolter les Armoises. Leurs tiges et

leurs rieurs sont cueillies vers la fin de juillet ou dans la première quinzaine d'août et séchées à l'ombre. On on fait ensuite divers Ratafias, sirops et teintures et surtout le célèbre Génépi, l'Iva de l'Engadine. VArtemisia spicata Wulf. est le vrai Génépi et c'est lui qui entre pour la plus grande part dans la composition de ces liqueurs stomachiques. Mais son amertume n'offre pas le goût exquis et relevé qu'on trouve chez l'A. glacialis et il est bon de mélanger les deux espèces. Au reste on sait que VArtemisia nmtellinaL. et les Achillées alpines dont nous avons parlé plus haut entrent, elles aussi, pour une bonne part dans la confection de ces liqueurs si renommées pour leur goût exquis mais surtout pour leurs propriétés stomachiques, appéritives, stimulantes, réchauffantes et antiseptiques. On affirme que les Artemises et Achillées alpines entrent pour une part dans la fabrication de la Chartrinise. VA. muteîl'ma L., dont nous venons de parler, est l'espèce la |)lus commune^ dans nos Alpes suisses. Bien que moins odorante que l'A. spicata elle n'en est pas moins très appréciée. Leur culture doit se faire en rocailles '.

Les guides de nos Alpes tiennent les Armoises en très haute estime et ne manquent pas, si l'on est pris de frissons ou de mal de montagne, d'en cueillir quelques branches dont ils font une infusion dans la première cabane ou le i)remier chalet venu et qu'ils font boire au

* Voir pour la description de ces espèces alpines la « Flore coloriée de poche » par H. Correvon, Paris 1894 et pour leur culture « Les plantes alpines et des rocailles. »

malade. Cette boisson chaude et réconfortante rétablit la circulation du sang et semble vous électriser.

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