‹ Le jardin de l'herboriste [electronic resource]Chapitre 7 sur 21 · L'ARMOISE DES MONTS · texte numérisé non relu

L'ARMOISE DES MONTS

Dans le calme désert des Alpes souveraines,

Au sein des rocs brisés, sur les hauteurK sereines,

Près du sommet glacé Fleurit l'armoise aux fins épis d'or pâle ; L'arôme exquis que son feuillage exhale

Ranime un cœur lassé.

— Esprit de l'Alpe, ô ! toi dont le génie anime Le seuil du val désert et le front de la cime,

Les fleurs que nous aimons!

Si ton autel est sur le roc suprême.

Un pur encens proclame ton enblème

Dans l'armoise des monts.

G. Beauverd.

Artichaut, voir Cynara Scolymm.

Arum mamlatum L. (Gouet, Pied de veau.) — C'est une curieuse plante vivace, aux grandes feuilles sagittées, aux fleurs en épis, entourées d'une pathe verte, parfois maculée de rouge et qui croît daus nos taillis et sur le bord de nos haies.

Toute la plante renferme un principe très acre et si vous mettez seulement un brin de sa feuille dans la bouche, vous en éprouvez, plusieurs jours durant, une cuisson ardente.

Le tubercule du Gouet est cependant comestible une fois desséché et torréfié car alors sa saveur caustique a

entièrement disparu et il reste une fécule blanche et tine qui est très propre à préparer des potages et galettes. Cette farine entre dans plusieurs compositions médicales (Radix Ari, R. Aronis, R Alami). A forte dose les parties aériennes de la plante sont vénéneuses.

VA. italicam MilL, (tig. 22) aux feuilles marbrées, a les mêmes propriétés. Les Italiens utilisent sa racine pour faire disparaître les taches de rousseur sur la peau.

Asarum eiiropeum L. (Nard sauvage, orei Ile dliomme, lierre musqué, etc.) — Petite plante à feuilles de Cyclamen, d'un vert foncé, luisantes, à fleurs brun noir, à souche épaisse, rampant sur le sol et qui croît dans les lieux frais et ombragés de nos régions

boisées. l,'ig. 22 — Arum italicnin.

Sa souche et surtout sa i-acine répandent, quand on les froisse, une forte odeur poivrée raj)i)elant celle du patchouli ou de la valériane celti(iue.

Elle a été fort employée comme purgatif et vomitif; sa souche et ses racines, réduites en poudre, sont un énergique sternutatoire qui remplace le tabac à priser dans plusieurs contrées et détermine Técoulement du mucus. Dans les campagnes on s'en sert parfois dans les bronchites, pneumonies, coqueluches, diarrhées et aussi pour combattre Tivresse.

On recueille sa racine et son rhizome à rautounie ou au j)rinteiTij)s et on les dessèche lentement. Elle doit être conservée dans un flacon bouché car elle perd rapidement ses propriétés.

On cultive Tasarum dans les parcs et jardins d'ornements où il est très apprécié à cause de son beau feuillage et du fait qu'il croît à l'ombre, là où d'autres plan-

Asdeinas Cornuti Decsne (fig. 23). — Plante d'ornement, d'origine américaine, à fleurs rose lilas, très parfumées, chargées de nectar, toujours couvertes d'abeilles et constituant l'une des meilleures plantes mellifères. A ses fleurs succèdent des fruits ovales globuleux, assez semblables à des oiseaux vert gris, garnis, à leur intérieur, de graines munies d'aigrettes soyeuses dont on fait d'excellents coussins. Cette plante, très vorace, très envahissante et qui réussit partout, devrait être naturalisée dans les lieux arides et sur les moraines, les talus de chemins de fer de nos contrées tempérées où elle rendrait de grands services, grâce à ses racines profondes, enfoncées dans le sol. Elle passe pour anticatarrhale et antiasthmatique. L'A. tuherosa L.. superbe

espèce à fleurs orangé vif qiroii cultive comme plante d'ornement, est utilisée aux Etats-Unis comme tonique et digestif.

Tout sol profond et sain convient à ces plantes qui aiment le plein soleil.

Asperula odorata L. (flg. 24). — C'est la délicieuse plante des bois genevois appelée Hépatique et dont les Allemands font leur célèbre Moitrank en l'infusant dans le bon vin du Rhin.

En se desséchant les feuilles de l'Aspérule, qui contiennent de la coumarine, répandent le parfum de vanille dont nous avons parlé à propos de VAceras cotthropoiihora et dont sont dotées (juelques plantes seulement. L'aspérule est tonique, stimulante, vulnéraire; elle constitue surtout un parfum recherché

pour conserver le linge et le préserver, dit-on, des mythes. Le roi Stanislas en buvait des infusions en guise de thé.

Dans nos jardins on la plant(» à Tombre ou au misoleil et elle y fait merveille.

AspleniunitrichoinanesL. (Capillaire rouge.) (fig. 25). — C'est la petite Fougère capillaire de nos murailles qu'on substitue, dans les officines, à F Adiantum pedatum, belle Fougère d'Amérique qui est le vrai capillaire.Notre

Fig. 24 — AspLM-ula odorata.

Kg. 25 — Aspleniuin trichomaiies.

— bo —

sirop do capillaire est généralement fait avec l'Asplenium trichomanes. 11 est pectoral, aromatique et adoucissant; on s'en servait beaucoup autrefois dans les maladies des poumons.

A. Enta Muraria L. (Rue des Murs, Sauve-vie, Ca-

Fig. 26 — Ruta Muiaria.

pillaire blanc) (tig. 2()) est la Fougère la plus commune de nos contrées; elle hante les murs et les rochers et croît au soleil comme à l'ombre.

Autrefois très vantée contre toutes sortes de maladies elle n'est plus guère, de nos jours, utilisée que contre les catarrhes des bronclies.

l.K .JARDIN

Astrantia major L. (fig. 27). — (J'est cette curieuse Ombellifère de nos régions montagneuses dont tous les rayons partent du même point et qu'entoure un involucre verdâtre ou parfois rosâtre comme une fraise à la Henri IV.

Les Astrances sont, dans les montagnes, récoltées et desséchées pour être utilisées comme diurétique et antiscrofuleux.

11 lui faut, dans nos jardins, l'ombre et la fraîcheur.

Atropa Belludoaa L.

— Grande plante vivace, produisant des fleurs solitaires, brunâtres, auxquelles succèdent de belles baies noires de la grosseur d'une cerise.

Elle croît à l'état sauvage dans nos régions boisées et principalement dans les lieux rocheux et découverts; on la retrouve dans toute l'Eui-ope, l'Asie moyenne et occidentale. Elle a été transportée aux Etats-Unis. On la cultive dans nos jardins botaniques et parfois aussi, en grand dans les champs, pour l'usage médical.

On emploie ses feuilles et ses racines. Les premières entrent, à l'état frais, dans la préparation du baume tranquille. La racine surtout contient de V Atropine,

Fig. 27 — Astrantia major.

qui est un violent poison, comme du reste toutes les parties de la plante.

La Belladone sert pour toutes sortes d'usages: en résumé elle abolit la sensibilité, stimule Fénergie des muscles de la vie oi-ganique et stupéfie ceux de la vie de relation.

Basilic, voir Ocymimi.

Berheris viilgaris L. (Epine vinette. ) — Arbuste à bois jaune, à épines très aiguës, à fleurs jaunes, en grappes, odorantes et qui croît dans la région boisée de nos territoires calcaires.

Ses baies acidulées servent à faire des boissons et des tisanes rafraîchissantes, des limonades, des sirops, des conserves et les Allemands «mi font d'excellentes compotes. On en fabrique une boisson fermentée et on en a retiré de l'alcool. Son écorce a servi à falsifier ( (^lle du grenadier; on l'emploie, de même que les racines, comme teinture, pour colorer le cuir de Russie. Le suc de ses baies est également tinctorial. Les fruits non mûrs se confisent comme des câpres. L'écorce estamère, vantée comme toni(iue et fébi'ifuge et sa racine a été employée contre rii}droi)isie. Dans le nord et dans certaines contrées montagneuses on utilise ses feuilles, quand elles sont jeunes, contre la dyssenterie et l'angine.

La limonade d'Epine vinette (faite avec le fruit) se prend dans les fièvres infiammatoires, bilieuses et typhoïdes: la hcrhérine. (|ui est un alcaloïde tiré de la racine, a été ordonnée dans les fièvres intermittentes et l'atonie des organes digestifs. Le quinoïde Armcoid est préparé avec l'extrait de Berberis.

Beta viilgaris L. (BottQV^ve commune.) — Outre son utilité comme plante potagère sa racine est considérée dans certains endroits, comme antiputride. Dans les campagnes vaudoises on se sert de ses feuilles, appliquées sur la peau, pour calmer les maux de ventre. Dans

Fig. 28 — Bette à côtes.

le Dictionnaire de De la Marre, un livre antique mais qu'on consulte encore avec intérêt dans bien des cas et dans lequel nous avons trouvé, pour notre part, d'utiles renseignements, les Betteraves et surtout la Bette k côtes ou Poirée (fig. 28), sont tenues en haute estime

à cause de leurs propriétés médicinales. Elles sont données comme adoucissantes, digestives, émollientes, atténuantes et propres à purifier le sang. Appliquées sur la peau entamée par les vésicatoires ou par un caustique elles entretiennent l'écoulement de l'humeur.

Beiouica officinalis L. (Bétoine.) (fig. 29 ). — C'est une l)lante vivace à fleurs roses qui croît dans nos bois et guérêts. Les anciens la pi-étendaient découverte parEsculape tant ils lui attribuaient de vertus. De nos jours on utilise ses feuilles, dans certains pays, comme sternutatoires; on les fume et les prise comme du tabac.

Sa racine est évacuante et éméti(iue.

On récolte ses feuilles en juin-juill(»t et on les sèche à l'ombre.

Bistorte, voir Folygomim.

Bon-Henry, voir Chenopodium. Bouillon-Blanc, voir Verbascum.

l^ois-gentil, voir Bayhne.

Boro go officinalis L. (Bourrache.) — C'est un remède l)0j)ulaire s'il enfiitjamais;on voit cette plante annuelh^ aux feuilles hispides et presque piquantes, aux fleurs d'un bleu d'azur, dans tous les jardins des villages et des petites villes et jusque dans les fermes les plus

reculées et autour des chalets de la i-égion j)lus chaude.

Elle doit être orientale d'origine niais il y a de longs siècles qu'elle est dans les cultures européennes ; elle s'est même naturalisée en plusieurs contrées.

Son odeur est vineuse et fade; son suc visqueux renferme de l'azotate de potasse; elle est réputée comme émoUiente et diurétique. Elle trouve son application adoucissante dans les inflammations de poitrine, la bronchite, la pneumonie; on l'utilise encore contre la rougeole et la vai'iole. Enfin on fait de ses feuilles des beignets assez appétissants. On en cultive une forme à fleurs blanches. Tout sol sain et nourrissant lui convient.

Brassica. (Choux.) — Ils n'ont d'importance que comme plantes alimentaires. On sait qu'ils contiennent beaucoup de soufre. Le chou rouge a servi à préparer un bouillon et un sirop qu'on donnait autrefois aux personnes dont la poitrine est délicate. On en fait une teinture qui sert de réactif.

De la Marre le donne comme laxatif et adoucissant.

La choucroute, que Kneipp recommande, fraîche, pour cataplasme sur les blessures, les brûlures et les grands échauflements, était autrefois utilisée sur les navires pour combattre le scorbut.

Bryonia dioica L. (fig. .80). — C'est une plante grimpante de la famille des Courges, indigène chez nous, à très grosse racine tuberculeuse (nous en avons eu au jardin alpin qui ont atteint la dimension d'une grosse tête d'homme), aux petites fleurs verdâtres auxquelles

succèdent des baies rouge vif, aux feuilles lobées, accompagnées de vrilles.

On utilise sa racine dont la saveur est brûlante et dont Todeur est vineuse et nauséabonde; elle contient un suc acre qui irrite la peau et le tube digestif. Sèche et coupée en morceaux, elle perd beaucoup de son odeur et (le sa saveur. Elle est pui-gative, vomitive à forte dose et même, prise dans de trop grandes proportions, elle pcHit amener la mort.

On peut employer sa racine à l'état frais jxmdant toute Tannée car elle est toujours gorgée de sucs. Mais on la sèche (jneh^uefois et on en fait des cliapelets comme on le fait avec des champignons.

Kl le réussit surtout • lans les sols légers.

, . , Fi". 8() — lirvoiiia dioica.

nuglosse, voir Atfcknsa.

BuxfissemperrirensL. (Buis.) — T'est un arbuste toujours vert que chacun connaît. Autrefois il était ti'ès aj)l)récié comme fébrifuge, sudori tique et antirhumatismal. A dose trop élevée il est purgatif et émétique. Le I)"" Bâillon dit que c'est une i)lante dangereuse qu'on a le plus grand tort de substituer au Orenadier comme vermicide, au Séné comme purgatif et surtout au Houblon dans la fabrication de la bière.

Son bois est le plus i-ochorclié pour la jîravuro sur bois.

Cactus Ojjnntia L. (Figuier d'Inde.) (fig. 31). — Sa tige épaissie, chaiMiue, formant des articulations semblables à des palettes de peintre ajoutées les unes aux autres, garnies d'aiguillons qui en sont les feuilles, sert aux Arabes et aux Mexicains dans les cas de brûlures et blessures. Ils ouvrent la palette charnue et appliquent sa partie ouverte, toute gonflée de sucs acres et visqueux,

sur la place brûlée comme un cataplasme.

La chair de la plante, pilée et bâchée, passe au Mexique pour souveraine contre les plaies et les ulcères.

Le Cactus Opuntia est naturalisé dans toute l'Europe méridionale; il garnit les pentes des châteaux de Valère et de Tourbillon en Valais et aux environs de Domo d'Ossola, d'Ivrea, etc., on le rencontre partout. Il en est de même dans le Tyrol méridional.

On le cultive dans nos jardins, soit en pots et comme plante d'orangerie, soit en pleine terre et dans les rocailles. C'est une plante parfaitement rustique et dont les belles fleurs jaunes sont un riche ornement du jardin. Il lui faut le soleil.

Colamintha o^cinalis Mœnch et C. grandiflora

Mœnch, sont deux Labiées de nos bois montagneux qu'on utilise parfois comme su do ri tiques, digestifs et vulnéraires.

Calandnla qfficinaUs L. (fig. 82.) - C'est le souci des jardins dont l'odeur est assez forte.

Les boutons, confits au vinaigre, remplacent les

câpres; ses fleurs sont sti- ^ cahu.d.ia oiKcmaU. a mulantes et antispasmo- "^'"'"'^ P''''"^''-

diqu('s et ses f(»uilles, employées à l'extérieur, sont résolutives.

Cultho 2)('hisfrisL.( Pol)ulagedeseaux.) (fig. 88).

— C'est ce hoaii Houton d'oi- aux grands fleurs d'un oi-angé très vif qui hant(^ les marécages et le 1)0 l'd des eaux de nos régions montagneuses et de nos plaines.

C'(>st une plante ai)éritive et résolutive; ses boutons sont conservés dans

Fig. 3a — Caltha palustiis.

le vinaigre (surtout dans le Piémont) où l'on prétend qu'ils ont le goût des cAi)res

Zumagliiii, Flora pedemontana/ï. Il, p. 367.

(vamoinillo, voir Anthémis.

CamiaUs saliva L. (Chanvre.) — La graine de chanvre renferme une huile dont on fait les savons noirs et (jui brûle bien. La plante entière est enivrante et narcotique ; les émanations qui se dégagent des chenevières j)roduisent une ivresse particulière. La forme indoue du chanvre est plus particulièrement riche en essence volatile (cannabène et haschischine) ; elle produit le haschisch bien connu, qui provoque une ivresse délirante et est très recherché par les Orientaux.

(Capillaire, voir Adiantinn et Asplenium.

Cardamina iwatensis L et C. amara L. —Ce sont de petites herbes de nos prés humides, la premièj-e à fleurs lilas violet, la seconde à petites fleurs blanches, dont on mange les feuilles et les jeunes pousses en salade. Elles contiennent un principe stimulant et antiseptique et on les préconise contre la goutte, la névrose, l'asthme, etc.

Cardtius Marianus L., voir Sylïbmn.

('ardon, voir Cynara cardimculus.

Garlina acantJiifoliaAll.-- Très belle et eu rieuse plante au très lai-ge capitule acaule, s'étalant sur le sol au sein d'une grande rosace de feuilles appliquées contre la terre, d'un gris d'argent, épineuses et très élégantes. Le capitule a parfois jusqu'à 25 centimètres de diamètre ; il est entouré de grandes ligules jaunes et luisantes. Son fond est charnu et comestible et se mange à la façon des artichauts dont il est parent. On affirme même que sa chair est plus délicate et de Combes il y a

^ Ecole du jardin potager, T. T, p. 182.

près de doux cents ans, la recommande déjà comme excellent comestible; il le donne comme nn artichmd sauvage.

Sa racine est d'une odeur forte et très agréable et on l'utilise, sèche et concassée, comme diurétique et antirhumatismal.

Elle croît dans les pentes ensoleillées et sèches du Piémont, des Ali)es françaises, etc.

Le C. acaidis L., lui ressemble un peu mais, malgré son nom, est rarement acaule; ses feuilles sont vertes, très épineuses; son ca])itule est plus petit et ses ligules d'un blanc d'argent.

C'est ce beau chardon qui oi*ne les pentes de nos montagnes h l'automne, dont nos jeunes filles aiment à parer leurs chaj)eaux et que nos dames de maison l)lacent dans nos aj)|)artcments pour les égayer durant l'hiver, grâce à la persistance de ses ligules scarieux et luisants.

C'est également une belle j)lante d'orneuK^nt et son réceptacle charnu est également comestible, bien qno plus petit que celui de sa congénère.

Sous le règne de Charlemagne on reconnut aux Carlina une grande vertu contre la peste. C'est sans doute de là que leur vient le nom deCarline. Elle était très utilisée, autrefois, comme excitant et sudoi-ifique; à forte dose c'est un purgatif et un vomitif.

Haller raconte dans son histoire des plantes suisses, que les montagnards du gouvernement d'Aigle les mettaient au nombre de leurs mets et qu'il ne les a point trouvés désagréables.

Caritm Carvi L. (Cumin de montagne.) — C'est une plante voisine de la Carotte et qni croît dans les pâturages des montagnes, dans toute l'Europe centrale et septentrionale et en Asie. On la cultive dans beaucoup d'endroits car on la substitue assez généralement au véritable cumin (CuminumCi/nimîim L.) qu'on cultive de temps immémorial en Chine et dans la région méditerranéenne et qui entre dans la composition du

Curry de l'Inde et des divers Kummel.

Le Carvi donne, par distillation, une essence agréable, qui est tonique, stomachique, stimulante, carminative et qu'on administre même contre les maux de dents. On s'en sert pour parfumer le savon ; dissoute dans l'esprit de vin on l'ajoute à l'huile de Lavande tandis que les fruits, réduits en poudre, entrent dans la composition des sachets parfumés.

Les fruits de Carvi sont vendus dans le commerce sous le nom de cumin et c'est d'eux que se servent les boulangers allemands dans leur Kummelbrod ou leurs pâtisseries au cumin.

Cassis, voir Rïbes nigrum L.

Centcmrea. LeCCentamium L. (Grande Centaurée) était fort réputé autrefois comme fébrifuge, de même

Fig. 34 — Centaurea cyauus.

que lesC. calcitrapa L., Jacea L., amara L., nigra L, et SeaUosa L. Le Bluet {Centaurea cyamis L.) (fig. 34) était un des Casse-lunettes de nos pères; ils en faisaient une eau distillée qu'ils employaient contre les maladies des yeux. Ils la nommaient AiiUfoin et s'en servaient aussi pour d'autres usages, abandonnés de nos jours. Le C. montana L. (fig. 35) est une belle plante vivace

Fifç. 85 — Oentaureft inontana.

de nos montagnes. C'est ce beau et grand bluet qui hante les lieux rocailleux de la région subalpine. 11 est utilisé dans nos montagnes comme légèrement purgatif et diurétique.

Toutes les Centaurées se cultivent facihnnent dans nos jardins.

Cerisier de Ste-Lucie, voir Prunus Mahaleh.

Cerisier, voir Prunus Cerasus.

Cerfeuil, voir Cliueroijhyllum sativum.

Chelidonmm majus L. (Grande Eclaii'C.) — C'est une mauvaise herbe qui ci'OÎt dans les décombres, à Tombre, et qui, comme beaucoup de plantes de la famille des Papaveracées, renferme un latex coloré. Ici il est d'un jaune orangé vif, presque rouge, amer, acre, caustique, et vénéneux. Les campagnards l'emploient fréquemment pour détruire les verrues. Les feuilles pilées servent, dans le Midi, au traitement des ulcères du bétail.

Chêne, voir Quercus.

Cheno])odi((m Bonus Henricus L. (Bon Henry.) — C'est cet épinard sauvage qui croît pi-ès des chalets et des villages, le compagnon fidèle de l'homme qui semble le suivre partout pas à pas et s'attacher à sa destinée. Chaque fois que vous le trouvez soyez sûr que l'homme n'est pas loin. Que de fois, perdu dans les solitudes désolées de nos alpes, environné de brouillards épais, scrutant la carte avec anxiété, n'avons-nous pas été réconforté par la présence du Bon Henry qui, dans sa laideur et son humble apparence, nous disait : le chalet est là, vous touchez au but !

C'est une plante vivace dont on utilise les feuilles, qui d'ailleurs sont comestibles, en cataplasme comme émollient et laxatif. Haller raconte que, de son tem[)s, on en mangeait les jeunes pousses en guise d'asperges et qu'on accomodait ses feuilles à la façon des épinards.

Cette plante n'a rien pour plaire et cependant nous l'aimons. Nous l'avons vue dans notre enfance, envahissant le bord des chemins, jamais les cultures et par

conséquent pas gênante ; elle nous a suivi à travers les années et, arrivé au sommet de la colline de la vie nous aimons à penser qu'en redescendant de l'autre côté nous la trouverons encore. Il y a en elle je ne sais quoi de mystique et de sacré qui nous attire et si nous vivions encore aux temps mythologiques nous croirions volontiers à une métamorphose.

Chervi, voir Sium angustifoliHm.

Chèvre-feuille, voir Lonicerd.

(/hicorée, voir Chicoriiim Intybus.

Chiendent, voir Triticuni rei^ens.

Chrijsanthème. LesChr. indicum et Sinensp, (nos chrysanthèmes d'automne) dont l'odeui' de camomille est bien cai'actéristique, sont utilisées en Asie pour traiter les ophtalmies et les dyspepsies.

Cichormmintyhm L. (Chicorée amère.) — C'est une plante vivace et indigène aux capitules d'un bleu pâle, dispersées autour des tiges désoi'donnéeset j)Oussant en tous sens.

Elle renferme, dans ses racines, ses feuilles et ses fruits, un principe amer qui est un excellent tonique. Son action, quoique lente, se manifeste quand on en continue l'usage pendant un ceitain temps. C'est un bon dépuratif et on le prescrit dans les affections de la peau, telles que dartres, rougeurs, etc.

Les jeunes feuilles, mangées en salade, sont dépuratives et laxatives, elles conviennent aux i)ersonnes constipées. On en fait, par étiolement, la « Barbe de capucin » (fig. 86).

En Allemagne ot dans la Suisse orientale, on la

cultive pour sa racine dont on fait un succédané du café, succédané que Bâillon nomme avec raison « un affreux breuvage laxatif qui n'a aucune des qualités du café. » 11 est certain que le pseudo-café ne vaut pas grand'chose et que l'abus qu'on fait de son usage en

Fig. 36 — Barbe du Capucin.

certains pays amène, surtout chez les femmes, des perturbations organiques.

Pourtant Kneipp tient la chicorée en haute estime et assure qu'elle vaut de l'or. 11 est vrai qu'il parle de la plante fraîche ou sèche, mais non du café-chicorée.

Une décoction de chicoi'ée, dit-il, est un résolutif pour les engorgements de l'estomac et enlève la bile superflue; elle épure le foie, la rate et les reins en évacuant par l'urine les éléments morbides. Il en conseille la tisane dans beaucoup de cas. Il affirme que la chicorée, macérée dans l'esprit-de-vin, arrête l'amaigrissement et le dépérissement si l'on en frotte bien, environ 2 fois par jour, les membres atrophiés.

Cicuta virosa L. (Cigiie aquatique) est une plante amphybie, s'élevant jusqu'à l"" 50, une sorte de grande carotte vivace qui ci'OÎt dans l'Europe centrale et septentrionale, en Sibérie et dans l'Amérique septentrionale au bord des étangs et des cours d'eau.

Son odeur est désagréable et elle renfei-nic un suc jaunâtre qui est très vénéneux.

('iguë de Socrate ou (irande Ciguë, voir Conium mdculatum.

Cimkifugafoetida L. et C. vdcemosa EU. sont deux Renonculacées aniéi-icaines qu'on cultive comme plantf^s d'ornement et qui, aux Etats-Unis, sont utilisées dans la médecine. La première, dont l'odeur est insui)portable, estanti-spasmodiqueet la seconde est un stimulant et un expectorant. Ces plantes sont très voisines des Actées (voir Les Plantes (djnnes et des rocailles).

Clematis Vitalba L. (Herbe des gueux.) — C'est la grande et gracieuse Clématite de nos haies, la Vouable de nos campagnards, plante élégante et sarmenteuso qu'on a grand tort de ne pas cultiver dans nos jardins où ses fleurs blanches en bouquets, auxquelles succèdent de jolis plumets soyeux, sont un bel ornement. Les

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