LK JARDIN
vanniers en font de solides paniers et les mendiants qui veulent exciter la commisération, s'en frottent les membres pour se procurer des ulcères qu'ils guérissent quand il leur plaît avec des feuilles de Poirée ou de Betterave, ou bien avec des feuilles de Bonhomme.
CochleariaArmoriacaL.(Ra\ioi%MeGn-ettig.) — Ceiit cette grande Crucifère vivace et robuste, aux grandes feuilles vert foncé, luisante, aux fortes racines charnues et épaisses, qu'on cultive dans le coin frais de chaque jardin potager. Sa racine mangée fraîche tient lieu de moutarde. C'est un condiment sain et au goût bon bien que très fort; il est apéritif et antiscorbutique. Le Raifort sauvage, dit Bâillon, est probablement le plus puissant des excitants et des antiscorbutiques que nous oflfrent les crucifères pourtant si riches en ces matières et l'un des ingrédients les plus actifs du vin et du sirop antiscorbutiques.
En Allemagne on le prise très fort et on bouillit la chair râpée de sa racine dans du bouillon mais nous autres de race If^tine, préférons le manger cru et râpé.
C. officinalis L. (Herbe aux cuillers, herbe au scorbut.) — C'est une Crucifère officinale indigène et cultivée des plus usitées. On en mâche les feuilles dans les afïèctions scorbutiques de la bouche et son suc est employé à l'intérieur pour le scorbut, les scrofules, les catarrhes pulmonaires, l'asthme, les hydropisies et les maladies de la peau.
C'est une petite herbe annuelle qu'on rencontre dans les lieux humides et qu'on cultive à mi-ombro dans un lieu frais.
Coing, voir Cydonia.
Colchicum autitmnale L. (Colchique, Tue-chien) (fig. 87).— C'est cette plante bulbeuse dont les fleurs lilas-rose, semblables à des crocus, égaient nos prés humides et les pâturages de nos montagnes à l'automne.
J'aime à te voir, frais colchique d'automne, Dernière fleur avant l'âpre saison ; Ta pâle coupe au vent du Nord frissonne Dans les prés verts où tu crois à foison.
Sous le brouillard qui souvent t'accompagne Ressort plus vive et fraîclie ta beauté ; J'aime à te voir recouvrir la campagne Et rendre aux champs un rayon de gaité.
C'est une plante vénéneuse dont la médecine utilise les propriétés toxiques dans plusieurs cas. On emploie ses fleurs, ses feuilles, ses graines et surtout ses bulbes. Ces dernières sont récoltées en août, avant Tapjjarition des fleurs; on les dessèche à l'étuve ou au soleil et on h^s conserve dans un lieu sec. Les fleurs se récoltent en septembre et se sèchent à l'ombre et les graines dès qu'elles sont mûres.
Son principe actif est la colchiciue. Le Colchique, dit Bâillon est un puissant médicament ralentissant nettement les battements du cœur, souvent prescrit contre
autuniiiale.
la goutte, lo rhumatisme, les hydropisies, etc.; c'est un violent poison narcotico-âcre. Son efficacité contre la goutte est incontestable; on l'emploie aussi dans l'asthme et l'hystérie.
Vhermodacte des anciens, soi'te de panacée qui put un grand succès, était tiré du C. variegatrmi L. (Double-vineux) (fig. 38).
Il faut aux colchiques un sol meuble et profond.
Colutea arborescens L. (Baguenaudier.) — C'est un
cumis sativa).
Coninm macnlatuin L. (Grande Ciguë, Ciguë d'Athènes, C. de Socrate, etc.).
C'est une sorte de grande carotte à l'odeur fétide et nauséeuse et la principale des ciguës officinales. Elle est indigène et croît dans les décombres, les jardins mal soignés et le voisinage des habitations. C'est elle qui constituait le breuvage que les Athéniens administraient à leurs condamnés à mort. On l'a vantée comme anti-
Fig. 38 — Colchiciim vanegatum.
arbuste d'ornement bien connu et remarquable par ses fruits en vésicule pendante et gonflée qui éclate avec bruit quand on les écrase brusquement. Ses feuilles sont composées de folioles qui sont laxatives et qu'on emploie pour la falsification du séné.
Concombre (voir Cu-
spasinodique et sédative ; on Fa recommandée contre la rage et le tétanos et comme conti'e-poison de la strychnine. Autrefois, elle était très utilisée en médecine. Consoude, voir Symiihitnm.
CoHvullavia niajalis L. (fig. 39). — C'est le gentil muguet de nos bois {jui, outre le charme qu'offrent ses fleurs odorantes, est encore d'un précieux secours en médecine. Ses fleurs pulvérisées, une fois sèches, sont
— so —
Fig. 40 — Cor^'dalis bulbosa.
antispasinodiquos ot font étornuer ; dans les affections
du cœur, on les utilise maintenant comme un succédané de la Digitale.
Convolvidus arvensis L. — C'est le petit Liseron rose des champs et des bords de nos chemins ensoleillés, qui contient, dans toutes ses parties, un latex purgatif, ce qui fait que dans beaucoup de campagnes on emploie cette plante desséchée et ses racines pour purger.
Coquelicot, voir Papave?- Rhaeas L.
Coricmdi -im sa tivmn L. (Coriandre.) — C'est une Ombellifère annuelle qu'on cultive pour sa graine, utilisée comme condiment. Elle est aromatique, stimulante, carminative et entre dans la fabrication de l'alcoolat de mélisse.
Corydalis hdhosa L.
(fig. 40). — Plante tubéreuse très commune le long de nos haies et dans les lieux frais de nos cam-
Fig. 41 — Corydalis tuberosa.
pagnes, qui émet, au premier printemps, des graj)i)es de rieurs blanches, roses ou lilacées, répandant un léger parfum, plutôt désagréable. Son tubercule est amer et un peu acre ; on l'utilise i)arfois comme vermifuge.
Fis;. 42 — (■nimbe niai'iiiniii.
lie C. fuberosa D. C. (tig. 41 ) a les mêm^s j)ro])riétés. Courge, voir Cucurhita.
Cramhe, maritima L. (fig. 4'i). — C'est le Sea-Kale des Anglais qui l'étiolent ])our s'en nourrir et le considèrent comme l'un des meilleurs remèdes contre le
scorbut. Ses graines sont vermifuges et ses feuilles vulnéraires.
On le cultive dans le sol nourrissant et léger d'un jardin potager, en plein soleil.
Messieurs Bois et Prillieux parlent longuement d'un Crambe oriental, dont les Tartares utilisent la fécule des racines en temps de disette et que Clusius essaya d'acclimater à Vienne sans paraître y avoir réussi. C'est le Crambe Tataria Jacq, dont on a maintenant des graines, grâce à l'obligeance du Edouard Regel, de St-Pétersbourg, qui en avait adressé, en 1881, au Jardin des Plantes de Paris. Messieurs Bois et Prillieux croient que, des rhizomes épais de ce Crambe, on pourra obtenir de la fécule légère, de facile digestion, proi)re à l'alimentation des enfants et des personnes malades. Cette plante paraît être le Chara des anciens, dont les racines ont nourri les soldats de César en Albanie.
Cresson alénois, voir Lepidium sativuni.
Cresson de fontaine, voir Nasturtium officinale.
Cresson sauvage, voir Nasturtium sylvestre.
Crocus sativus L. (Safran) (fig. 4o). — C'est un beau Crocus d'automne, à la fleur lilas clair, rarement blanche, aux anthères jaunes, au style rouge vif. Il fleurit en octobre et est cultivé depuis l'Kimalaya jusqu'en Angleterre au dire de Baker'.
Cette plante, d'origine orientale et qu'on cultivait beaucoup autrefois, a été, dit-on, introduite en Europe par les Sarrasins.
1 Baker, Handbook of tlie Irideae
Le D"" Bâillon dit à son sujet : c'est le style de la tleur qui est employé sous le nom de safran. Des femmes et des enfants les cueillent en exerçant sur eux une légère traction. On les sèche sur un tamis de crin placé au-dessus d'un réchaud de braise ardente. Il faut environ 140,000 styles desséchés pour faire un kilo de safran ! Le safran est un stimulant, antisi)asmodique mais il n'est guère actif. Il fait partie de l'Elixir d(^ Garus, du Laudanum de Sydenham, de la confection d'Hyacinthe, de la thériaque, etc. On le falsiHe assez souvent avec les fleurs de certaines composées jaunes telles que les Soucis, les Carthames, V Arnica, etc.
( 'ncAimis sativusL.[Co\\comhre.) — La graine faisait autrefois [)artie des quatre semences froides comme celles de la citrouille et du melon. Lf suc de sa chair entre dans la fabrication de la <( iionunade d<' concombres » qui est un adoucissant pour la j)eau.
Cucurhita maxima Dnch. (Courge.) — Légume bien connu et de tout temps cultivé par l'homme. Les graines, mangées à jeun par les enfants, sont un excellent vermifuge.
Cumin, voir Carum carvi.
([/jclfimen enropcieum L. [Pain de pourceau ou Vio-
lotte des Alpes) (fig. 44) est une plante tuberculeuse bien connue grâce à sa fleur carmin, au suave parfum. Son tubercule, qui parfois atteint les proportions de moyennes pommes de terre, renferme un principe vénéneux nommé Cyclamine qui est extrêmement acre et constitue un vomitif et un purgatif. Certains drôles l'utilisent pour empoisonner les rivières.
C'est une délicieuse plante d'ornement rustique qu'on place à l'ombre et qui fleurit d'août en octobre.
Elle croît dans les pentes rocailleuses de nos montagnes calcaires.
Le C. Neapolitaniim Ten (C.
hederaefolium Koch) (fig. 45) du Midi de l'Europe, a un tubercule beaucoup plus gros mais moins actif. Il est cependant également utilisé en Italie dans les mêmes circonstances.
Cydonia viilgarisPers. (Coignassier.) — Le Coing est un fruit dont la chair est riche en tannin, surtout avant sa maturité, d'où son goût astringent. On en fait d'excellentes compotes. La décoction de coings coupés en morceaux est employée dans plusieurs cas, tels que les crachements de sang, les vomissements chroniques, la diarrhée. Le vin de coings est prescrit en gargarismes contre les affections de la bouche et des gencives et en injections contre certaines maladies féminines. En médecine on utilise surtout ses graines que la pharma-
Cyclamen europœura-
copée nomme cydonium et qui, au contact des liquides, développent beaucoup de mucilage, assez analogue à celui du lin dont il partage les propriétés émollientes et adoucissantes. 11 trouve des applications dans le ti'aitement des gerçures de lèvres, dans la conjonctivité, Térysipèle, les hémorrhoïdes enflammées, Teczéma des mains.
Y\)l. -iô — ('yilanien Neapolitainun.
Le Coignassier, originaire de Crête où on le cultivait dans Fantiquité, surtout aux environs de la ville de ("ydon (d'où son nom de Cydonia) est actuellement cultivé dans tous les pays civilisés. Il s'est même naturalisé dans le midi de l'Europe.
Cynara Scolymus L., notre Artichaut, et Cynam cardunculus L., le Cardon (tig. 46), sont considérés, on médecine, comme diurétique, amer et anti-rhumatismal.
Cynoglossimi officinale L. (Cynoglosse.) — C'est une
Fig. 46 — Cyiiara carduuculus.
Boraginée au feuillage grisâtre, aux ileurs rougeâtres ou d'un violet changeant, à l'odeur fétide qui croît dans nos sables ensoleillés et nos lieux arides. C'est de ses racines, qu'on récolte la deuxième année et avant sa floraison, c'est à dire en juin, qu'on dessèche et qu'on
conserve ensuite au sec, qu'est faite la poudre de cynoglosse qui est narcotique et dont on fait des pilules contre la diarrhée.
CypripediumCalceohis L.
(Sabot de Vénus) (fig. 47). — C'est la plus charmante des Orchidées d'Europe. Elle croît à l'ombre des bois dans certaines régions montagneuses et fait les délices de l'artiste, du poète et du naturaliste. Dans nos jardins, il faut la placer à l'ombre, dans un sol i)oreux. On la r<^coniniande, dans certains pays, contre l'épilepsie et
Fig. 47 — Cypripedium
d'aucuns lui attribuent des vertus magiques. Peutêtre cela tient-il surtout à la curieuse conformation de sa fleur et à sa persistance à se cacher sous bois et dans les lieux les plus reculés.