MONOCOTYLÉDONES
Étamines attachées au support 2
— au calice 3
— sur le pistil 4
Dicotylédones :
i Étamines attachées au calice 5
Apétales. . . . • . n
*^ f — au support o
I CoroU. attachées au support 7
\ — au calice 8
Monopetales. . < ^^^^^^^^ ^,^^i^^ g
( Sur le p.st.1. . j ^.^y^^j^^ ,j
i Étamines et coroll. attachées sur le pistil H
Polypétales . . j — au support 12
' — au calice ^3
Irrégulières, étamines séi)arées du pistil 14
Dans le Répertoire alphabétique de tous les objets relatifs à Vadministration générale du Collège de Pharmacie de Paris dont nous avons deux manuscrits à l'École, il est dit à l'article Cours et à l'article Botanique quo Buisson fit arranger le Jardin d'après le système de Linné. Il y a là une erreur manifeste, que démontre suffisamment la publication de Buisson luimême.
(2) Livre des Délibérations du Collège. (Assemblée du 22 mai. 1779.)
En outre, Buisson est autorisé (1) à acquérir pour la culture et Porganisation du Jardin, les nombreux objets qu'il a demandés : cages en fil de fer, cages en osier, cloches en verre, terrines en terre, pots coupés. On l'autorise en outre à défoncer certaines parties, à aplanir le terrain depuis la porte charretière jusqu'au bois, à nettoyer le bosquet pour le mettre en valeur, etc. Enfin il fait, pour la première fois, construire des étiquettes.
Le Conseil consent, en 1780 (2)^ à en faire « préparer deux mille en fer, peintes, à raison de douze sols la pièce, selon les soumissions des sieurs Melle et Belair, Pun, serrurier, pour le prix de sept sols pièce; et le second, peintre, pour le prix de cinq sols ». Quant aux bordures des plates-bandes, elles étaient en planches de chêne, et établies ainsi en 1786 dans tout le jardin.
En même temps. Buisson prenait toutes les précautions pour préserver le Jardin botanique contre les dévastations de diverses natures auxquelles il était exposé. Le 2 mai 1 782, il se plaint au Collège « de particuliers dont les animaux domestiques entrent dans le Jardin et le gaspillent et d'autres sont notés à la police pour faire des larcins dans le Jardin ». Le Comité arrête à la suite de ces réclamations que le concierge, le jardinier et le garçon de bureau seront avertis de veiller à faire retirer les animaux domestiques et à surveiller qu'il n'entre aucune personne suspecte ou inconnue dans le Jardin et possessions du Collège (3).
Et, le premier juillet, pour faire suite à cette première délibération, on convient que les prévôts feront vérifier la bonté des serrures de clôture et des clefs, afin qu'en tenant exactement ces portes closes, les élèves et particuliers que l'étude ou la curiosité emmènent au Jardin, soient tenus de requérir la clef au concierge ou au garçon de bureau (4).
(1) Voir les Délibérations du 10 octobre 1777, du 28 juillet 1780, du 18 octobre 1780, du 7 mars 1781, du 12 mars 1781, du 2 mai 1782.
(2) Livre des Délibérations. (Assemblée du 28 juillet 1780.)
(3) Délibération du 2 mai 1782.
(4) Délibération du V juillet 1782.
Ces mesures ne paraissent pas avoir été des plus efficaces. Dix ans plus tard, dans la séance du 26 avril 1792, on se plaint que le Jardin paraisse nud dans beaucoup d'endroits, et après avoir appelé Descemet, au sein de rassemblée, on décide « qu'il tiendrait pendant les leçons un jardinier pour veiller aux dégâts qu'y commettent les étudiants, et pour leur donner les plantes qu'ils désireront pour faire sécher, autant que faire se pourra (1) ».
La nouvelle organisation du Jardin, à laquelle Buisson parait avoir mis plus d'activité que d'esprit de suite, n'était pas sans entraîner de nombreuses dépenses. Le Comité du Collège s'en préoccupait et dans diverses délibérations ne s'était pas exécuté sans peine. En 1784, sa résistance devint intraitable et il prit la délibération suivante que nous transcrivons tout entière pour ne pas risquer, en la résumant, d'en altérer le caractère.
« Le sept octobre mil sept cent quatre-vingt quatre, à
onze heures du matin, le Comité convoqué composé de
MM. De Machy, Delorme, Guiart, François, Charras, Lapierre, Chillé, Solomé, Becqueret, Parmentier, Charlard, ont fait la délibération suivante au sujet derÉcolede botanique : MM. les prévôts ont dit que lors de l'établissement de l'instruction publique en faveur des élèves, l'École de botanique était déjà connue depuis longtemps, et cultivée avec succès par lé jardinier sous Tinspection des gardes. Cette École était rangée selon la méthode de Tournefort et composée de six à huit cents plantes, elle suffisait aux élèves qui venaient connaître celles des plantes dont l'usage en médecine est le plus nécessaire : on donnait alors au jardinier, pour tout dédommagement, cinquante livres par an pour le fumier.
« Depuis l'érection d'un démonstrateur botanique, la méthode de Tournefort détruite a fait place annuellement à de nouveaux arrangements et l'École, au bout de huit ans, n'a pas encore de consistance solide. Les relevés faits
(1) Délibération du 26 avril 1792.
sur les registres portent, qu'outre les cinquante livres accordées au jardinier, il en a coûté, au Collège ^ en remaniement de terre, cages de fer, pots particuliers, cloches et achats de plantes rarçs et inutiles à la pharmacie, et journées d'ouvriers, une somme excédente celle de cinq mille livres, sans cependant qu'on voit le Jardin mieux ordonné, plus abondant et plus facile à étudier par les élèves; ceux-ci même se plaignent des difficultés qui naissent d'une année à l'autre pour leurs études. Tout considéré, requèrent lesdits prévôts le Comité de prendre une dernière délibération, claire et précise, qui mette obstacle aux dépenses superflues et restitue la première facilité de l'étude pour les élèves.
« La matière mise en délibération : il a été unanimement arrêté que le jardinier rangerait incessamment les plantes de l'École suivant la méthode de Tournefort; il aura soin de les entretenir et renouveler ainsi qu'il se pratiquait avant l'érection du Collège. Il lui sera deffendu de faire aucune réforme, transport des plantes, culture nouvelle, sans y avoir été authorisé par les prévôts, et même, au. besoin, par une délibération expresse du Comité.
a Que pour mettre la présenté délibération à exécution, le sieur démonstrateur en botanique fournira les graines et plantes usuelles, ou les remboursera au jardinier, sur la somme annuelle de trois cents livres à lui accordée à cette condition par la délibération du dix-huit août mil sept cent quatre-vingt-trois et signée par le Comité, et conjointement avec ledit sieur démonstrateur à la réquisition de MM. les prévôts, les sieurs Guiart et Lehoux de Clermont sont priés de veiller à l'exécution de la présente en ce qui concerne les travaux ordonnés au jardinier (1) ».
Par suite de cette délibération le jardin était replacé dans les mêmes conditions qu'avant 1777 : l'influence du démonstrateur était complètement annulée, le jardinier reprenait son ancienne importance ; enfin le progrès qu'on
(1) Délibération du 7 octobre 1784.
avait pu espérer, au point de vue de la classification, était enrayé pour bien des années.
Descemet reprit les mêmes errements qu'avant l'intervention de Buisson, et cela pendant dix ans. En 1794, il se retira et le Collège dut se préoccuper de le remplacer. Cette fois, on recourut au concours pour faire choix du plus capable. Il fut convenu (assemblée du 24 germinal, an II) que « chaque concurrent serait examiné par un prévôt, deux membres du Comité et deux des quatre citoyens étrangers invités par le Collège, d'assister audit concours : ces citoyens sont Desfontaines, professeur de botanique au Jardin des Plantes, Thouin l'aîné, Thouin, jeune et le citoyen Descemet, jardinier-concierge démissionnaire, que le Comité a cru devoir adjoindre aux trois premiers et donner en cela une marque de satisfaction et de reconnaissance pour le service que lui et ses ancêtres ont rendu au Collège de pharmacie ».
Dans cette circonstance, le Collège recourrait, on le voit, à la bonne volonté des membres du Jardin des J^lantes, et particulièrement des frères Thouin. Ce n'est pas un cas isolé : nous aurons l'occasion de constater d'autre fois encore leurs bons offices.
Le concours eut lieu le lendemain, vingt-cinq germinal, an II {14 avril 1794).
« Le concours ouvert à onze heures et s'est présenté pour concurrents les citoyens Biset, garçon jardinier au Jardiu des Plantes, et le citoyen Puyatier (1), garçon jardinier dudit Descemet. L'examen fini, on est passé au scrutin, d'après les dépouillements duquel il est résulté que sui* neuf votants, le cit. Puyatier en a réuni cinq, et le cit. Biset quatre; en conséquence, le cit. Puyatier a été nommé jardinier botaniste du Collège, L'assemblée rendant justice aux connaissances pratiques du cit. Biset aurait désiré avoir à sa disposition une seconde place à donner au cit. Biset. Les citoyens prévôts restent chargés et autorisés à prendre avec le cit. Puyatier tous les arrangements les plus conve-
(1) La Traie orthographe du mot est Puyhatier.
nables pour les intérêts du Collège et faire tous actes et i réserves nécessaires à cet égard (1) ».
Le nouvel élu fut un des bons serviteurs du Collège et plus tard de TÉcole. Fort attaché à rétablissement, il y ! remplit très consciencieusement ses devoirs et l'on conservait encore, il y a vingt ans à peine, le meilleur souvenir de son nom ,
Le Collège fut du reste excellent pour lui, comme pour [tous ses employés. Les temps furent très durs dans la période de l'an IIÏ et de Tan IV; les denrées étaient fort chères et les pauvres subalternes peu rétribués avaient de la peine à vivre. Les prévôts représentèrent cette situation au Comité (assemblée du 25 brumaire an IV) (2) et demandèrent une gratification pour le jardinier. Le Comité lui accorda une somme de cent cinquante livres pour cette fois seulement. Malgré cette réserve, on revint à la charge ^ six mois plus tard (6 floréal an IV) (3), et Payhatier reçut une plus grosse somme, mille livres, mais hélas ! en assignats.
Rien de particulier en dehors de l'entretien ordinaire du jardin jusqu'au moment de l'établissement de l'École. Une réclamation, qui parait n'avoir pas été bien vive, s'étant élevée de la part d'un voisin, Bouillerot de Saint- Ange, brasseur (4), relativement à certains arbres tro]) rapprochés de son mur, le Comité décide que tous ces arbres seront abattus en même temps que les arbres morts ou couronnés qui se trouveront dans le jardin, à charge de les remplacer tous par de nouveaux. C'est le seul fait que nous ayons à constater jusqu'en l'an XI.
(1) Livre des Délibérations. (Assemblée da 25 germinal an IV.)
(2) 16 novembre 1795.
(3) 5 mai 1796.
(4) Voir Délibération du 15 vendémiaire an IV (7 octobre 1795).
L'organisation du Jardin aux temps de VEcûle. — Les Professeurs. - Système de Guiart. — Devoirs du Jardinier. — Puyhatier, dit Périgord. — Les Gernelle (Baptiste). — M. Ghatin, professeur. — Jardin planté d'après la classification de de Candolle.
Avec le nouveau régime de Tan XI, c'est-à-dire rétablissement d'une école spéciale s'administrant elle-même, mais rattachée à l'État par des liens officiels, ayant des professeurs nommés par le gouvernement, le jardin se trouve placé sous la direction du professeur de botanique et de son adjoint, Guiart père et fils.
• L'un des premiers soins de l'École, fut celui du jardin. Dans le compte rendu de la séance du 23 frimaire an XII (15 décembre 1803) nous lisons (1) :
« D'après le rapport des professeurs de botanique de l'École sur la nécessité : 1** de disposer le jardin de l'école d'une manière plus utile pour les élèves et plus convenable aux connaissances acquises de nos jours, en faisant disparaître du jardin cette ancienne et vicieuse distinction d'arbres, d'arbustes et de plantes ou herbes, distinction qui depuis un demi-siècle n'est plus supportable aux yeux de ceux qui cultivent cette science; 2<» que préalablement il est indispensable de faire défoncer le jardin après en avoir retiré les plantes, qui seraient placées provisoirement dans le jardin de la Grille, et abattus les arbres et les ifs répandus dans le jardin, etc , l'administration prend des dispositions en conséquence;
I Et le 3 ventôse an XII, le directeur Vauquelin soumet à la délibération de l'assemblée (2) : 1* la nécessité de
(1) Procès-yerbaux des séances de TËcole.
(S) Procès-verbal de la séance du 3 ventôse an XII.
foncer et replanter ce printemps, les parties basses du jardin séparées et distinctes du grand carré formant l'école de botanique et ce, d'après les plans et devis qui en Bcront dressés par M. Jean Thouin, jardinier du Jardin des Plantes, avec la désignation des espèces d'arbres analogues à l'établissement pour remplacer les anciens dont la plupart se trouvent dans un état de dépérissement absolu. »
L'idée principale de ces projets était l'établissement i'une nouvelle classification des plantes du jardin. Nous avons vu comment avait avorté la tentative de Buisson. On en était revenu à l'ancien arrangement du siècle dernier, d'après Tournefort. Guiart fils, le professeur adjoint de botanique, d'accord évidemment avec son père professeur titulaire, teiiait beaucoup à cette classification.
« Il était important, dit-il, de conserver à l'École de pharmacie de Paris, cette ancienne méthode, tant par rapport à la célébrité de son auteur qu'à cause de Tutilité dont elle a été aux pharmaciens et généralement à tous ceux qui se sont livrés pour la première fois à l'étude de la botanique (1). »
Il était bien forcé cependant de reconnaître que les progrès faits en botanique depuis Tournefort avaient rendu nécessaire une classification plus naturelle. Les observations capitales de B. de Jussieu, la publication du Gênera Plantarum, de son neveu Antoine Laurent, en 1789, avaient révolutionné la classification des êtres organisés. Buisson l'avait compris en 1780, à un moment où il y avait quelque mérite à s'engager dans cette voie. Guiart, beaucoup plus timide, n'osa pas rompre avec la vieille tradition du Jardin des Apothicaires : il se contenta d'une pâle adaptation de l'antique méthode à des idées plus modernes; il supprima la division surannée et depuis longtemps condamnée en herbes et arbres, rapprocha d'une façon plus naturelle quelques-unes des classes et en. fit un système qui pouvait présenter quelque commodité
(1) Classification végétale, par I>;-L. Guiart, page 32.
r)àr la détermination, mais qui ne donnait aucune idée du
développement déjà si remarquable de la méthode natui-3lle?
Dans un « Mémoire sur les moyens de perfectionner la méthode de Tournefort », lu à la séance publique de FÉcole en Tan XI (1803) (1), il avait exposé ses idées sur le groupement qu'on pouvait adopter, et indiqué Tordre qui lui paraissait avoir « l'avantage d'assimiler à la méthode de Tournefort, les connaissances acquises en botanique depuis la mort de ce grand homme. » Il appliqua ces idées dans son livre intitulé : Classification végétale et exposé d'une nouvelle méthode calquée sur celle de Tournefort, d'après laquelle sont rangées les plantes du Jardin de l'École spéciale de pharmacie de Paris, par D.-L. Ouiart, professeur adjoint de botanique à l'École de pharmacie de Paris. Paris, 1807. — Pendant près d'un demisiècle, ce fut d'après cette classification que fut disposée l'école botanique de la rue de l'Arbalète (2).
Le remaniement en question entraîna le défoncement complet du jardin. Puyhatier, le jardinier, fut chargé de
(1) Annales de Chimie t. 45, p. 149, an XI
(2) Voici la clef de la méthode de Guiart :
Fleurs complètes
Fleurs
complètes,
simples.
Corolle \ monopétale. )
Régulière.
V Irrégulière.
i Régulière.
Irrégulière.
Fleurs complètes, composées, à anthères réunies.
Fleurs incomplètes,
d'une ou de plusieurs
pièces régulières
ou irréguUères.
Fleurs incomplètes, distinctes.
Fleurs indistinctes;. . ..
Classes.