Chapitre III de la Dépense
Article 1". — Payé au sieur Puyatier, dit Périgord, la somme de huit cent dix francs pour arrachement des arbres, arbustes et plantes, défoncement des terres à quatre pieds de profondeur de tout le terrein employé pour l'École de Botanique, ci W
Article 4. — Payé au sieur Puyhatier, dit Périgord, la somme de cent vingt-six francs pour vingt-trois journées d'herborisation, à l'effet de récolter les plantes nécessaires à la replantation du Jardin botanique, suivant quittance visée par M. Guiart fils, professeur de TÉcole, ci 126'
Article 5. — Payé au sieur Gallois, menuisier, la somme de dix-sept cent cinquante-trois francs cinquante centimes pour le renouvellement de toutes les plates-bandes, en bois de chêne neuf, poteaux et pieux du même bois, conformément au prix fait et arrêté par l'École, ci 1753*50
Article 8. ^ — Payé au S' Gallois la somme de cent trente-un francs pour journées aux employés à peindre à trois couches, les plattes-bandes, poteaux, pieux et caisses dans le Jardin de l'École, ci 131'
Article 11. — Payé au s' Gordier, peintre, la somme de trois cent soixantetrois francs soixante-quinze centimes pour peinture des étiquettes de l'École botanique et du treillage en verd porté à l'article 8 précédent, et autres petites parties, ci 363'75
Article 13. — Payé la somme de vingt-quatre francs aux garçons jardinieii du Muséum d'Histoire naturelle, pour avoir aidé le jardinier de l'École tant ï la replantation que de la serre chaude, ci .... « ... ^ Hf
toires seront fournis par Tadministration aux frais de rÉcole, d'après l'état présenté par le jardinier et visé par le professeur de botanique ou son adjoint. Pendant la durée du cours, il préparera les leçons du professeur et le suivra aux herborisations qui se feront à la campagne pour enlever les plantes propres à être replantées dans le jardin. La partie basse du jardin non employée aux usages de l'École, restera à la disposition du jardinier, à charge par lui de n'y cultiver que des plantes analogues à la pharmacie. La culture et l'engrais sont à sa charge. Le petit jardin donnant sur la rue de Lourcine reste à la disposition de l'administration.
« Le jardinier est chargé du nettoyement et du balayage de la grande cour de Técole ; il aidera autant que possible le garçon de bureau, les jours d'assemblée, pour les examens, les comités, assemblées publiques et toutes les fois que l'administration l'ordonnera. Les profits casuels qu'ils pouiTont recevoir seront partagés également entre eux. »
Cette réglementation est de 1804. Puyhatier, dit Périgord, remplit pendant vingt ans sa charge à la satisfaction de l'École, mais au bout de ce temps, il avait trente ans de services actifs et pour pouvoir subvenir à sa besogne, il s'était adjoint son gendre Baptiste, concierge. L'École aussi bienveillante pour ses employés, que l'avaient été la Corporation et le Collège, écoute très volontiers les demandes de son jardinier. Les professeurs de botanique, Guiart et Clarion, chargés d*un rapport sur le sujet, estiment « qu'il est de toute justice de faire droit à cette pétition : 1** pour récompenser les anciens services de Périgord; 2" pour attacher à rétablissement Baptiste, qui remplit avec intelligence la place de jardinier adjoint.; il est, en outre, occupé à suivre les herborisations, à récolter et à rapporter de la campagne les plantes qui sont utiles à remplacer celles qui périssent tous lea ans dans le jardin; il est encore obligé d'accompagner les professeurs qui font les visites de Paris.
« D'après cet exposé, il est certain que Baptiste ii'est
pas assez payé en raison des travaux dont il est chargé, puisque l'École ne lui a encore alloué que 200 francs de gage par an à titre de portier; mais puisque aujourd'hui il remplit la place de jardinier, de concert avec son beaupère, nous croyons devoir vous proposer d'égaliser les gages. Cet arrangement consiste à donner à Périgord 900 francs en l'engageant à continuer à travailler dans le jardin, suivant que ses forces le lui permettront, à donner également à Baptiste 900 francs avec le titre de jardinier adjoint, avec l'espérance de devenir jardinier titulaire. Ce nouvel arrangement n'aura lieu qu'à la charge par eux de renoncer à la culture dans les jardins de l'École, de toute espèce de plantes en pleine terre, d'orangerie et de serre, pour ne s'occuper que de plantes qui appartiennent à l'École. M. le directeur sera prié de vouloir bien leur signifier les intentions de l'École à ce sujet et Louis (1) sera tenu d'enlever de l'École toutes les plantes de l'orangerie et autres qui peuvent lui appartenir, le plus promptement possible. »
Ce rapport présenté le 17 juillet 1824, fut adopté et mis immédiatement à exécution. Un an après, en 1825, nous voyons sur les états de l'École que Puyhatier est devenu concierge (il reste dans cet emploi jusqu'en 1858), et que son gendre Gercelle (dit Baptiste) est jardinier en titre. En 1840, il laissa sa place à son fils pour devenir successivement garçon de bureau jusqu'en 1840 et appariteur de 1842 jusqu'en 1865. Gernelle fils reste jardinier jusqu'à sa mort, en 1859. Avec les deux Gernelle finit une véritable dynastie de modestes, niais très honnêtes serviteurs.
Un garçon jardinier. Plomb, fut élevé, en mai 1860, aux fonctions de jardinier en chef, mais ne fit qu'une rare apparition. En septembre de la même année, il étaitremplacé par Drévault, qui a assisté aux derniers jours du
(1) Louis doit être le garçon de bureau, qui à cette époque s'appelait Louis Bourré. j
Jardin de TArbalète, et est venu mourir lui-même, en 1893, à la nouvelle école.
Le jardin avait d'ailleurs subi des changements importants. Le nombre des espèces cultivées augmentait peu à peu. En 1845, danslaséance du 27 décembre 1845, TÉcole réclame plus de place. Elle fait observer que Tamphithéâtre, bâti dans le jardin, en a considérablement diminué retendue : les plantes herbacées n'ont plus entre elles qu'un espace de deux pieds et demi, 0",66; les arbres eux-mêmes ne sont pas distants les uns des autres de plus d'un mètre.
Pour se faire une idée de l'infériorité du jardin de l'École, il faut, ajoute-t-on, se transporter dans le jardin botanique de la Faculté de médecine, alors établi au Luxembourg. Il y a 3.500 plantes (au lieu de 1.800), et les plus rapprochées sont à un mètre de distance l'une de l'autre, quelques-unes à deux mètres. (1).
L'espace, nous l'avons vu, n'augmenta pas. Les changements heureux portèrent sur la classification d'abord, puis sur quelques dispositions matérielles. M. Chatin avait remplacé Guiart en 1848. Presque immédiatement après son arrivée, il fit replanter le jardin d'après la méthode de de CandoUe. C'était une des heureuses applications de la méthode naturelle. Les livres classiques anglais et français, de matière médicale, étaient conçus d'après ce plan; les flores de France et d'Europe également; les étudiants avaient avantage à trouver dans le jardin le même ordre que dans le droguier et dans les livres qui servaient à leurs herborisations. Aussi, malgré les objections qu'on pouvait élever au point de vue systématique, à l'arrangement en familles d'après de CandoUe, cet ordre subsista jusqu'à la fin dans le Jardin des Apothicaires.
Les banquettes prirent une autre allure : au lieu de les border de planches de chêne, qui nécessitaient de fréquents remplacements, on les entoura de bordures de
(i) Proeè&-verbaux des séances de TÉcole (27 décembre 1845).
~ 102 — luis, qui donnèrent à L'ensemble un aspect plus agréable.
Nous avons, dans ce chapitre, consacré i l'organisatiOD le l'École botanique, fait une large part aux jardiniers, lui se sont succédés à l'Ecole. L'intelligence que la plupart ml montrée, surtout le zèle et le dévouement qu'ils ODl iiis au service du jardin en ont fait d'utiles auxiliaires, lont le nom méritait d'être rappelé comme celui de ces rieuK serviteurs, trop rares de nos jours, qui font vraiment partie des familles auxquelles ils ont consacré leur vie. A ce titre, les Descemet, les Périgord, et les Baplisle iont inséparables de l'histoire du jardin.
Il nous reste maintenant à montrer comment tous les Héments dont nous avons parlé ont été mis eu œuvre pour le but final auquel ils étaient destinés, je veux dire l'enseignement des élèves. Ce sera l'objet de noire dernier shapitre.