MÉNAGE [UE. OU
la convenance nécessaire , qu'on apprivoise les Mammifères en apparence les plus farouches, et qu’on soumet au service de la domesticité la plupart de ceux qui constituent notre richesse agricole. Mais c’est là un sujet sur lequel nous aurons bientôt l’occasion de revenir.
4. Les gerboises, dont nous avons parlé à propos du Macroscéiide , forment une famille assez nombreuse, et dont les espèces, toujours petites, sont principalement d’Asie ou d’Afrique. On les distingue en Gerboises proprement dites, Gerbilles, etc.; les premières sont encore mieux organisées pour le saut que les secondes. En captivité , ccs animaux sont tristes et fort gênés dans leurs mouvements. Semblables à beaucoup d’autres, ils manifestent plus «l’activité à l’approche de la nuit. Ceux qu’on a reçus vivants ont été principalement envoyés du nord de l’Afrique. Il yen a beaucoup dans certains points de la Barbarie.
5. On a pendant longtemps ignoré les caractères zoologiqucs des chinchillas. Ccs jolis animaux n’étaient connus en Europe que par leur fourrure, dont l’Amérique méridionale, le Chili surtout, fait un commerce considérable.
Les premiers renseignements bien authentiques sur la structure organique «les Chinchillas ont été recueillis d’après des individus reçus à la Ménagerie. Ces animaux constituent, parmi les Rongeurs, une petite famille distincte, à laquelle appartiennent aussi la Viscache et le Lagolis, des mêmes contrées qu’eux , mais qu’on ne nous a pas encore amenés vivants.
G. porc-épic. C’est un être assez stupide, mais que la singularité de son coslun e rend tout à fait curieux. On a beaucoup exagéré sa facilité de lancer scs piquants. Le Porc-Épic d’Italie H d'Afrique est essentiellement conformé pour la marche. An même groupe que lui appartient une fort curieuse espèce de l'Amérique méridionale , appelée Cocndou, et qui nous arrive quelquefois. Celle-ci a la queue prenante, et elle grimpe aisément; son mufle est élargi et formé d’une sorte de protubérance qui ressemble assez à une truffe. Les piquants du Coendou sont variés de noirâtre, de blanc cl de jaune soufré.
7. Les cariais (Caria), au genre desquels il faut joindre le Cochon d'Inde , sont aussi originaires de l'Amérique méridionale claustrale. Les Agoutis , aux formes élégantes et au joli pelage , ainsi que le Paras, dont le corps est plus trapu cl plus bas sur jambes, sont les Cabiais (pie l’on reçoit le plus souvent en vie. Les premiers ont plusieurs fois reproduit à la Ménagerie, et ils pourraient être facilement acclimatés; les seconds offrent une singularité bien remarquab'e dans les espèces d’abajoues extérieures et sans communication avec la bouche, qui sont creusées sous Los de leurs pommelles, mais dont on ignore l’usage. Une femelle d’Agouli, r apportée par M. le prince de Joinville d’une de ses expéditions, a déjà eu deux portées, et dans l’une d’elles le nombre des petits a été de trois. De même que les petits du Cochon d’Inde, les jeunes Agoutis sont assez forts pour marcher dès les premiers jours de leur naissance. Leur pelage ne diffère pas de celui des adultes. A n’envisager que leurs caractères extérieurs, les Agoutis ne ressemblent guère aux autres Cabiais; leur tête osseuse paraît même leur assigner un rang à part. C’est avec les Rongeurs de la famille des Porcs-Epics qu ils ont le plus grand nombre d’analogies, principalement sous le rapport de la dentition. Leurs poils sont durs, et tiennent un peu de la nature des piquants; on assure même que les
Agoutis peuvent, comme les Porcs-Epics, les détacher de leur peau lorsqu'ils la contractent violemment dans un accès de colère ou sous l’influence d'une surexcitation quelconque.
Tous lès Mammifères Carnassiers ne se nourrissent pas exclusivement de chair, et parmi les animaux qui ont ce régime, il en est qui n’appartiennent pas à l’ordre des Carnassiers. Ainsi, lesDidelphes ou Marsupiaux, quoique leur mode d’alimentation soit souvent le môme, ne font pas partie de cet ordre.
Linné donnait aux animaux carnassiers le nom commun de Fcrœ, ou bètes féroces. Cette appellation était assurément la plus exacte pour des espèces telles que le Lion, le Tigre, l’Hyène, qui vivent de carnage et de sang; elle répond d’ailleurs parfaitement à l’expression vulgaire à’ Animaux procès.
Nous verrons cependant qu’individuellement les Carnassiers sont susceptibles d’être apprivoisés. Ils ont assez de véritable intelligence pour apprécier les soins qu’on leur donne, et assez de docilité pour subir le joug d’un maître. Il n’est aucun de ces animaux si farouches et si redoutables, que la main de l’homme ne soit parvenue à dompter. Quelques-uns, tels que le Chat et le Chien, sont devenus nos serviteurs (idèles et presque nos amis. Les Loutres et les Phoques pourraient être dressés à la pêche, les premières dans les eaux douces, les autres sur les bords de la mer.
1. OURS (Ursus). — Existe-t-il une seule ou plusieurs espèces d’Ours terrestres en Europe? Georges et Frédéric Cuvier, M. Nilson et quelques autres naturalistes admettent la pluralité des espèces; mais M. de Blainville, après avoir examiné attentivement la plupart des matériaux mis à la disposition de ces savants, a déclaré qu’il ne regardait pas leur opinion comme suffisamment démontrée. Les différences qu’on remarque entre certains Ours lui paraissent dépendre de l’âge et du sexe, et il s’appuie particulièrement sur ce que le crâne des mâles n’a pas la même forme que celui des femelles.
La Ménagerie n’a pas encore fourni au Cabinet d’Anatomie comparée assez de crânes d’Ours pour que l’on puisse prononcer d’une manière définitive sur celle question. On y a vu des Ours clc Russie , de Norwégc, des Alpes el des Asturies; le premier, donné par M. de Rothschild, en 1825, y est encore aujourd’hui; le dernier, offert par le général Aubert, en 1824, y a vécu jusqu’en 1840.
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0\iV\S S, \j 0 ^ V'« V) ViS U^NYiUS.
Les Ours des Asturies et de Russie oui produit ensemble, et leurs descendants oui a leur tour fait des petits.
L’expédition de la Vénus a rapporté du Kamlschalka un Ours plus grand que ceux d’Europe, mais dont la différence spécifique n’est pas bien constatée. Peut-être faut-il le regarder comme appartenant à l’Ours féroce des naturalistes américains.
On voit aussi en ce moment, à la Ménagerie, un Ours du Pérou, assez xoisin, pai sis caractères zoologiques, des Ours d Europe, mais que son faciès semble signale! comme une espèce bien distincte. 11 a été amené en France par la frégate la lielle-l ouïe.
C’est au Jardin des Plantes que les naturalistes ont vu pour la première fois un Oms des Andes, YUrsus ornalus , qui est une des espèces les mieux caractérisées de ce genre. Sa taille est moins élevée que celle des autres, et sa face est en partie jaunâtre. I n Ours fort semblable à celui-ci vivait autrefois en Auvergne; nous ne le connaissons a
présent qvc par quelques os fossiles trouvés dans celle province.
La Barbarie est la seule partie de l’Aftique où l’on trouve quelques Ours; mais le Muséum ne possède encore aucun de ces Ours africains, ni vivant ni même empaillé.
Ceux d’Asie se divisent en plusieurs espèces. La seule qui nous soit venue jusqu i< i est Pour s jongleur ou à longues lèvres (Ursus labialus), que les bateleurs indiens savent dresser à une foule d’exercices. Sa fourrure est longue cl d’un beau mm ; ses lèvres sont très-longues et très-mobiles. On dit que le miel forme sa piincipale nom ri turc. Ses dents incisives sont petites et tombent facilement. Cette particularité a donne lien à une méprise assez singulière : un de ces animaux , qui avait perdu ces dents, lut considéré par Sliaw, naturaliste anglais, comme offrant le caractère essentiel des Mammifères de l’ordre des Edentés, et réuni aux Paresseux , sous le nom de Uradypus ursivus. Celle erreur resta jusqu'en 1SI7 dans les ouvrages des naturalistes.
S K CO N DK PABTIE.
L’Ours noir de l’Amérique du Nord (Ursus amcricanus) esl beaucoup plus 1:01111111111 que le précédent, cl on en amène souvent en Europe. Il en est de même des ours ulancs ou polaires (Ursus mari Limus) ; la Ménagerie eu a possédé quatre. Deux d’entre eux n'ont vécu que peu de temps; le quatrième, placé dans une des fosses, a supporté pendant trois ans notre climat, de 1857 à 1841 ; et le premier, ou le plus ancien , est celui qui a joui de l’existence la plus longue. On n’a sans doute pas encore oublié le singulier mouvement d’oscillation qu’il affectait constamment, mouvement que les autres Ours exécutent quelquefois à la vue des chasseurs ou des chiens prêts à les attaquer. Les chaleurs de l’été faisaient beaucoup souffrir cct habitant du pôle; et on était obligé de lui jeter tous les jours plusieurs seaux d’eau fraîche sur le corps. En hiver, il paraissait au contraire fort à son aise.
On connaît un Ours blanc terrestre, maison croit que c'est une variété de l'Ours terrestre ordinaire. Beaucoup d'espèces d’animaux, et surtout celle dont le pelage est uniforme, prennent accidentellement la couleur blanche. Les Ours du mont Sinaï sont blancs comme ceux du pôle, et il esl probable que les Ours blancs de Mysic, décrits par l’auteur du livre de Mirabilibus , et même le grand Ours blanc que IMoléméc Philadelphe lit voir à Alexandrie, selon Callixène le Rhodien , étaient de cette race. Albert le Grand paraît être le premier écrivain qui ait parlé du véritable Ours blanc polaire.
2. Iîlaireau ( Mclcs ). On pourrait faire au sujet du Blaireau d’Europe la même question que pour les Ours : y en a-t-il plusieurs espèces? La négation parait ici , quoi qu’en disent quelques chasseurs, la réponse la plus conforme à la vérité.
Nous ne citons cet animal que pour parler des espèces exotiques, qui appartiennent à la même famille naturelle, telles que le ltalon laveur, le Crabier, le Coali cl le Kinkajou ou Polio , qui nous arrivent quelquefois vivants. Tous ces animaux, en apparence