‹ Le jardin des plantesChapitre 17 sur 83 · C.YOYIO'S · texte numérisé non relu

C.YOYIO'S

UUL.

MENAGERIE.

assez dissemblables, ont cependant au moral et au physique des caiaclères communs; mais leurs spécialités d'existence n’étant pas les mêmes, la nature les a distingués par des faciès différents. Les Kinkajous sont essentiellement grimpeurs, qualité par laquelle iis se rapprochent de certains Makis; les Coatis grimpent aussi, mais avec moins de facilité ; les Ratons sont plus terrestres que les précédents, mais moins fouisseurs que les Blaireaux.

M. de Blainville a nommé Pclils-Ours , en latin Subursus , les animaux de cette petite famille, parcequ'ilssonl plantigrades comine les Ours, et assez voisins d’eux par leur organisation. C’est aussi dans ce groupe que se rangent le Mydaus ou Telagon, le Panda et \ Arcliclis Binlurong, trois curieuses espèces dont nous n’avons que les dépouilles.

5. martre (Muslelu). Le genre linnéen ou plutôt la famille naturelle dans laquelle ligurenl la Martre, la Fouine et les autres espèces européennes ayant la même structure, comprend aussi le Glouton, le Balel , le Taira et quelques genres moins connus. En Raid et un Taira ont fait partie de la ménagerie. Frédéric Cuvier a donné sur le second, qu’il appelle Luira ou Gâtera, des renseignements consignés dans son grand ouvrage Les mœurs de ces animaux n’ont rien qui soit bien digne d’alleniion. Ils ne sont pourtant pas sans intelligence, et le Batel , aujourd’hui vivant , s’est lié d’amitié avec un Coati. Ces deux animaux vont le plus souvent de société.

Les LOUTRES (Luira) sont des Carnassiers du même rang, mais leur qualité d'amphibies et leur organisation particulière les ont fait distinguer génériquement des espèces précédentes. Buffon, qui a peint les animaux avec des couleurs toujours brillantes, mais quelquefois infidèles, n'a pas été juste envers la Loutre, et c'est à tort qu’il la donne comme incapable de soumission. On cite plusieurs exemples de Loutres aussi familières que des Chiens, et on en a vu qui apportaient à leur maître tout le poisson qu’elles prenaient.

Nous devons encore parler d’un autre genre assez intéressant de la famille des Martres, celui des moufettes, dont le nom perpétue le souvenir de Moufel, naturaliste de quelque mérite.

La Ménagerie a possédé la Moufillc de la Louisiane et celle du Brésil ou le Cliinche. Les Moufettes au pelage noir et blanc sont célèbres par leur extrême puanteur; leurs glandes anales sécrètent une matière infecte dont l’odeur ne larde pas à dégoûter l’ennemi le plus acharné à leur destruction. Quelques voyageurs prétendent que cette odeur se répand à plus d’une demi-lieue de distance. M. Lesueur, qui a envoyé à Paris un de ces animaux, nous apprend qu’ils passent la journée à dormir, et la nuit à chercher leur nourriture, qui consiste principalement en oiseaux. Ils les saisissent par la tète, et les dévorent en les assujettissant sur le sol avec leurs pattes antérieures.

4. L’espèce la plus connue du genre des ma ngoustes (Alanyusla) esll'lchncumon, cet ennemi implacable des Crocodiles, dont il détruit les œufs. Les anciens Égyptiens, en reconnaissance de ce bienfait, lui rendaient une sorte de culte. Le premier qu ait possédé la Ménagerie lui a été rapporté par M. Geoffroy Saint-Hilaire à son retour d Egypte. « L’lchneumon,dil ce savant naturaliste, se nourrit, en Égypte, de rats, de serpents, d’oiseaux et d’œufs. L'inondation l'obligeant d’abandonner les campagnes, il se réfugie aux environs des villages, auxquels il fait un grand tort en se jetant sur les poules et les pigeons ; cependant les Égyptiens ne s’effraient pas beaucoup de ses dévas-

talions ; ils se reposent du soin de le détruire sur le Renard et leClracal, que les grandes eaux chassent aussi des plaines : les Ichneunions, jetés au milieu d’ennemis aussi rusés et réunis sur un terrain fort étroit, leur échappent assez difficilement. A ces causes qui s’opposenlà leur multiplication, s’enjoint une de plusdansl Égypiesupérieure. A Ceigé cl au-dessus, ils trouvent dans les Tupinambis des ennemis inexorables. Le Tupinambis est un grand Lézard qui vit des mêmes proies, qui use des mêmes artifices pour se les procurer, et qui, furetant de même dans les profonds sillons des campagnes, se trouve sans cesse sur leur chemin; il n’est guère plus grand que 1 Ichneumon ; mais comme il est beaucoup plus courageux, et surtout plus agile, il en vient facilement à bout. »

Les nombreuses espèces dont se compose le genre des Mangoustes sont toutes d Afrique ou de l’Inde. La Barbarie en possède deux ; mais la seule que nous ayons reçue vivante était une espèce qu’on rencontre aussi en Égypte. La Mangouste des Marais . originaire du cap de Bonne-Espérance, nous a été envoyée par M. Dussumier. L’Inde nous a fourni la Mangouste de Malacca. Tous ces animaux ont le corps allongé, et ce caractère les a fait confondre quelquefois avec les Rats, bien qu’ils appartiennent à l’ordre des Carnassiers. L’Ichneumon porte particulièrement le nom de Rat de Pliaaron. Tous ont les mêmes mœurs que les Martres , mais ils sont plus souples dans leurs mouvements. M. F. Cuvier a nommé crossarque ou Mangue , une Mangouste de Sierra-Leone qu’il a étudiée à la Ménagerie, et vansire ( Allnglax galera) , la plus grande des Mangoustes de Madagascar, dont un exemplaire a vécu à Paris pendant plusieurs années.

Beaucoup de Carnassiers ont près de l’anus deux poches muqueuses d’où s'exhale l’odejir qu’ils répandent et à l’aide de laquelle les individus de la même espèce se reconnaissent entre eux. Chez les Mangoustes, l’anus est en outre garni d’une plaque de même nature que les poches.

Le süricate, qui n’a que quatre doigts à chaque pied, comme toutes les Mangoustes précédentes, est un animal du même groupe, On a pu également en étudier un.

S. Les Mangoustes paraissent être une subdivision de la famille des civettes ( Vi verra). La Civette , le Zibelh et la Geneltc , qui sont tous des Viverra , sécrètent une matière odorante que l’on récolte et qu’on met dans le commerce sous le nom de civette. Cette substance s’amasse dans une poche spéciale placée près des organes de la reproduction. Pendant que nos soldats occupaient encore l’Egypte, le roi nègre de Darfour envoya quatre Civettes aux principaux généraux de notre armée.

«On apprit à celte occasion , dit G. Cuvier, quelques détails qui m’ont été communiqués par mon savant ami le professeur Geoffroy; les Darfouriens ont peu de Civettes; elles leur viennent de régions encore plus éloignées. Voici comment ils s’y prennent pour en augmenter le produit : on place dans la poche à musc un petit morceau de beurre ou d’autres corps gras ; on agite alors l’animal en le secouant avec force par les pieds , et en le frappant de manière à le mettre dans une sorte de fureur; cette pression accélère la sécrétion de la matière odorante , et le corps gras s’en pénètre tellement, qu’il a presque autant d’effet que la pommade elle-même. Les femmes de Darfour emploient ce beurre, imprégné de civette, pour graisser leurs cheveux. C’est sans doute au traitement barbare (pie les Civettes ont éprouvé

Y. WYÏW Y. \> Y. N Y \\ \ Y

MENAGERIE.

dans ce pays, qu'est due, en grande partie, la férocité qu’elles nous montrent. »

En 1850, une des Civettes delà Ménagerie a mis bas trois petits, mais ils n'ont vécu que quelques mois.

Le zibeth ( Viverra zibellia) est la Civette de l’Inde et des îles de la Sonde. Ses couleurs diffèrent de celles de l’espèce africaine. Son odeur a un excellent parfum et la matière musquée qui la produit est très-persistante. 11 arrive parfois que le squelette même de ces animaux la sent encore après avoir été préparé depuis plusieurs années.

Les genettes sont communes en Barbarie; on en voit aussi dans quelques parties de l’Europe, et même en France, depuis les frontières d’Espagne jusqu’en Sainlongeei au Poitou. On en cite une qui fut prise auprès de Lyon vers la lin du siècle dernier. Leur matière musquée est moins abondante. Deux autres espèces, la genette pantherine ( Viverra pardalis, Is. Geoff.) et la genette du cap ( Viverra felina , qui lui ressemble sous plusieurs rapports, ne vivent qu’en Afrique.

Les Paradox u res son t une subdivision de la même famille; on en a possédé deux vivants, le Paradoxurus typus , et un autre qui paraît être le bondar. Le premier, originaire de la presqu’île de Pondichéry, d'où il avait été envoyé par Leschenault, portail sa queue enroulée sur le côté gauche.

Ce caractère, tout à fait individuel et résultant sans doute de la gêne éprouvée par l’animal depuis sa captivité , induisit en erreur F. Cuvier , qui donna au genre dont celle sorte de Civette devenait le type , le nom de Paradoxurus , signifiant queue singulière. L’erreur a été relevée depuis, mais le nom qui la consacre est resté dans la science. Ce genre est assez riche en espèces toutes indiennes. Les Paradoxures sont moins carnassiers que les Genettes ; ils mêlent à leur régime ordinaire des œufs et même des fruits. Leurs dents molaires sont aussi moins tranchantes.

5. Nous voici arrivés à une série de Mammifères beaucoup plus intéressants que les précédents, à un genre qui doit son nom à notre Chat domestique, et dans lequel figurent le Lion, le Tigre, le Jaguar, la Panthère, le Couguar, le Lynx. Les chats ou les Felis de Linné fournissent à nos ménageries leurs plus beaux animaux. La richesse de leur robe suffirait pour les faire rechercher, mais ce qui excite surtout notre curiosité, c’est leur réputation de force eide férocité. De tous les Carnassiers, les Chats sont les mieux organisés pour se noui rir de proie vivante : dents aiguës ou tranchantes, griffes acérées et rétractiles, souplesse extrême dans les mouvements, rien ne leur manque, et la nature semble les avoir créés tout exprès pour empêcher la trop grande multiplication des autres espèces. Les Pachydermes et les Ruminants les plus forts ne sont pas à l'abri de leurs attaques; et si tous les Felis ne sont pas de taille à attaquer les Bœufs, les Antilopes, etc., tous vivent cependant des produits de leur chasse, et ils choisissent des victimes en rapport avec le développement de leurs propres forces.

Comme presque tous les Mammifèresdu même ordre, les Felis ont six dents incisives ii chaque mâchoire, et une forte paire de canines. Leur mâchoire supérieure n’a que huit molaires et quelquefois six seulement ; la mâchoire inférieure en compte toujours six. Elles sont tranchantes à la couronne, et cellesd'en haut portent sur celles d’en bas, à peu près comme les deux branches d'une paire de ciseaux.

Le genre Felis est un des plus uniformes que l’on puisse citer. Ouest pourtant parvenu

loi;

à y établir, à l'aide de caractères secondaires, plusieurs subdivisions dont les plus distinctes sont celles des Lynx et des Guépards.

Le l i o n (F élis Léo) a, comme ses congénères, le naturel du Chat domestique ; etquieonque a un peu étudié le caractère de ce dernier, doit, en tenant compte des diflérences qui résultent de la taille et de la force de chaque espèce, se faire une idée assez exacte des mœurs de tout ce groupe. Les anciens nous assurent qu’il y avait en Tlirace des Lions si craintifs qu’ils se laissaient battre et chasser par des femmes; celte assertion paraîtrait hasardée si l’on ne savait qu’en Algérie les Arabes n’ont souvent qu’à pousser un cri ou à faireungeste menaçant pour éloigner les Lionsqui approchent deleurs camps.

L’espèce du Lion présente plusieurs variétés particulières aux diverses contrées d’où elles proviennent. La Barbarie, la Nubie, le Sénégal, le Cap, la Perse et l’Inde ont des Lionsassez différents entre eux pourqu'on les reconnaisse au premier coup d’œil. La Ménagerie a possédé un ou plusieurs exemplaires de chacune de ces variétés, mais celle qui lui a été envoyée le plus fréquemment est celle de Barbarie. En 1830, après l’expédition d’Alger, le Muséum reçut cinq Lions et huit Lionnes de l’Atlas. Deux décès dernières sont encore en vie.

Parmi les plus beaux individus île l'espèce, nous devons citer le lion et la lionne peints par Maréchal cl gravés par Miger. Ils avaient été pris très-jeunes dans la province de Constantine, et offerts, en 1798, par le dey d’Alger, au gouvernement français. Le mâle avait des formes plus arrêtées, la tête plus grosse et des mouvements plus brusques que la femelle ; mais leur pelage resta le même jusqu’à leur troisième année. Vers cette époque, la crinière du lion commença à pousser ; et trois ans plus tard, il avait atteint tout son développement. Sa longueur, de l’extrémité du museau à l’origine de la queue, était de cinq pieds deux pouces; sa queue portait deux pieds deux pouces; sa hauteur, au train de devant, était de deux pieds neuf pouces. Il mourut à l’àgc de dix ans. La femelle vivait encore en 1819. A celle époque elle était atteinte d’une opacité du cristallin (cataracte), maladie très-commune dans nos Ménageries d’animaux féroces, où elle est engendrée par l’humidité et par les vapeurs ammoniacales, inséparables de ces sortes d’établissements. Celte lionne de Constantine jouit d’ailleurs, jusqu’au dernier moment, d une santé florissante, et montra toujours un caractère doux et facile.

Les Lionnes portent environ cent huit jours, et mettent bas plusieurs petits. Le Muséum en a possédé quelques-unes qui ont reproduit malgré leur état de servitude.

Les jeunes Lions ont tous la livrée, on • appelle ainsi certaines taches ou bandes, blanches ou noirâtres, qui disparaissent quand l’animal approche de l’âge adulte ci qui se voient toujours les mêmes dans tous les jeunes d’une même espèce. Le Tapir d’Amérique, les faons de quelques cerfs, etc., présentent aussi cette particularité. Il est à noter que la livrée offre presque toujours les couleurs d’une espèce voisine de celle qui en est revêtue. Le faon du Cerf est tacheté comme l’Axis; et l’on pourrait dire, avec M. Isidore Geoffroy, que l’Axis est un Cerf qui ne quille jamais sa livrée. Les jeunes Lions sont barrés à peu près comme le Tigre; ils ont aussi quelques taches arrondies, comme celles qui ornent les Panthères, mais ces barres et ces taches sont beaucoup moins apparentes.

Les Lions sont en général assez faciles à apprivoiser. La Ménagerie en a eu de si doux, que leur gardien pouvait sans crainte entrer dans leur cage. Tout le monde connaît

UON V/Y UO’KM,.

,pSjMr\rr}

WC, TVV. S.

l’amitié qui s était établie entre un des Lions du Muséum et un jeune Chien. La même intimité a existé entre un Tigre et un Chien.

Le T ig R k ( F élis Tigris ), que l’on appelle aussi Tigre royal , pour le distinguer du Tigre des fourreurs, qui est le Jaguar d’Amérique, ne vit qu’aux Indes et dans quelques grandes îles voisines. Son pelage, rayé transversalement de noir sur un fond fauve, fournit une de nos plus jolies fourrures.

II diffère du Lion autant par sa physionomie que par ses couleurs. 11 a le front plus bombé; sa démarche est moins noble, et son regard a quelque chose de farouche et de perfide. Mais on serait dans l’erreur si l’on croyait celte espèce impossible a apprivoiser; plusieurs exemples prouvent qu’elle est susceptible d’éducation.

La fabuleuse inimitié du Lion et du Tigre est devenue proverbiale ; il ne paraissait pas vraisemblable que deux animaux également forts, également féroces, pussent vivre en bonne intelligence; les faits sont venus démentir tonies ces suppositions. On a tenu dans la même cage des Lions et des Tigres sans qu’il en résultât aucun accident. On a même réussi en Angleterre à les faire produire ensemble. Un Lion , né en ménagerie d’un mâle de Barbarie et d'une lionne du Sénégal, fut placé avec une tigresse originaire de Calcutta; â l’âge de deux ans, la tigresse devint pleine et mit bas, le 2i octobre 182-1, à Windsor, deux mâles et une femelle. La mère ayant négligé ses petits, ils furent confiés à une chienne de la race des terriers ; mais ils moururent avant un an. La seconde parturilion eut lieu a Clapham, le 22 avril 1825; la mère allaitait ses petits avec beaucoup de soin , mais ils ne vécurent que peu de temps. La troisième portée fut de deux femelles. Enfin, la tigresse a mis bas, en 1835, deux mâles et une femelle qui, en 1857, étaient encore en bonne santé. Ces curieux métis ont tous les caractères de leur double origine. Moins rayés que les Tigres, ils le sont plus que les Lions dans leur premier âge, et ils gardent la livrée particulière a ces derniers. On voit encore à Liverpool un individu mâle et une femelle de celte race mixte. Quoique adultes, ils n’ont pas reproduit. Le mâle n a pas de crinière, mais seulement un peu plus de développement dans les poils qui constituent celle du Lion. En somme, ces animaux ressemblent plus au Tigre qu’au Lion.

La réunion d'animaux d’espèces différentes , quoique congénères, est un fait curieux en histoire naturelle, et d’une grande importance scientifique. On se rappelle la définition donnée par Buffon ; « il n’y a d'animaux de même espèce que ceux qui produisent ensemble , et dont les produits sont eux-mêmes féconds. » C est là un lait général, vrai dans la plupart des cas, mais qui a cependant ses exceptions. Buffon lui-même apprit pardes expériences que de l’union du Chien etdu Loup peuvent résulter des individus féconds. Dès 1775, le célèbre naturaliste français n avait plus aucun

doute à cet égard, et dans le septième volume de ses Suppléments, il donne 1 histoire d’une famille de Chiens mulets qui se propagèrent jusqu a la quatrième génération. La possibilité d’obtenir des métis féconds dans certaines circonstances favorables détruit donc le principal argument des personnes qui nient la multiplicité spécifique de nos animaux domestiques dans chaque genre ; il est beaucoup plus rationnel d admettre que nos diverses races de Chiens, de Moutons, etc., provienncntdu mélange de plusieurs espèces sauvages de ces différents genres, que de les croire, avec Billion , issues d'une seule espèce pour chacun d’eux.

La liste des Métis ou Hybrides, c’est-à-dire des produits de l’accouplement de deux espèces, que l’on a obtenus au Muséum, mérite d’être rapportée ici:

Métis de Guenon-Grivet et de Macaque commun ;

— de Bonnet-Chinois et de Macaque commun ;

— de Chacal de l'Inde ( Canis aurons, Linné ) , et de Chacal du Sénégal ( Canis anthus , F. Cuvier) ;

Métis de Zèbre et d’Ane ;

— de Zèbre et de Cheval;

— de Bison et de Vache ;

— de Bouc et de Brebis.

Le Midet obtenu de l’Ane et du Zèbre était une femelle; il naquit le 15 mars 1808, après un an de gestation , et vécut jusqu’en 1857. On en voit la ligure dans le bel ouvrage de MM. E. Geoffroy Saint-Hilaire et F. Cuvier. Son pelage était gris varié de bandes transversales sur les jambes, au garrot et sur la queue. Il en avait aussi de longitudinales sur le devant du chanfrein. A deux ans, sa taille surpassait déjà celle de sa mère. Cet animal ne supportait que ceux qui le soignaient, et son caractère était des plus difficiles. Il aimait beaucoup à se rouler dans la poussière ou sur la terre humide, comme le font aussi diverses espèces du genre Cheval ; à cet effet il avait adopté un endroit spécial de son parc. Le Mulet de Cheval et de Zèbre n’est pas né viable, la mère étant morte avant qu’il fût à terme. Celle-ci avait été ramenée à bord du Géographe, qui revenait, avec le Naturaliste, de la célèbre expédition de Baudin aux Terres Australes. G. Cuvier publia un article à son sujet dans la Ménagerie du Muséum national ; et c’est depuis lors qu’on a fait connaître les deux variétés métives dont il vient d’être question.

On a aussi obtenu des hybrides d’oiseaux autres que ceux que l’on connaît vulgairement. M. E. Geoffroy parle, dans le septième volume des Annales du Muséum , d’un mulet de Canard morillon et de Sarcelle. Dans le tome douzième du même recueil, F. Cuvier rapporte l’accouplement d’un Cygne chanteur avec une Oie domestique, et il décrit leur mulet.

Buffon avait confondu la pa nthêre de l’ancien monde ( Felis Pardus ) avec le jaguar d’amérique ( Felis onça), qui en diffère par des taches plus grandes et plus rares, ainsi que par des proportions plus fortes et plus trapues. Beaucoup d’autres espèces, I'ocelot, le marguay, le ch a ti ( Felis milis ), le c h a t élégant, offrent un système de coloration plus ou moins analogue, et sont très— difficiles à distinguer des espèces qui les avoisinent. Le Jaguar, ou la grande Panthère d’Amérique, est le carnassier le plus redoutable du Nouveau-Monde. Les autres Felis tachetés qui vivent avec lui, et dont nous venons de nommer les principaux, ne dépassent pas la grosseur du Lynx. Le Jaguar présente plusieurs variétés; quelques naturalistes les regardent même comme des espèces distinctes. Cette question n’est pas encore éclaircie.

Les Panthères de l’ancien monde n’habitent plus actuellement que l’Asie et l’Afrique; autrefois il y en avait en Europe. On les divise en deux espèces : la Panthère proprement dite, et le Léopard-, mais on n’a pas encore pu leur assigner de caractères différentiels bien positifs. I! en est de même pour l'Once de Buffon.

iKGttkW O Y>m\S

Page 1