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ïoiix que la plupart de ceux de France; au Brésil , au contraire , leur teinte est plus pâle. Quelques autres espèces appartenant à divers ordres ne sont pas moins répandues que l’Effraie. Les Oiseaux communs à plusieurs pays sont appelés cosmopolites. Autrefois, on admettait beaucoup plus d’animaux cosmopolites qu’il n’y en a réellement; et des espèces terrestres ou aquatiques, en grand nombre, étaient citées comme telles. A mesure qu’on a pu comparer ensemble des individus provenant de localités éloignées, des Phoques, des Requins, etc., on a vu que ces animaux, bien qu'ils soient de la même famille ou du même genre, sont néanmoins d’espèces distinctes, et que la distribution des êtres vivants à la surface du globe est soumise à des lois aussi fixes que celles de leur organisation. C’est ainsi que l’histoire naturelle descriptive, si dédaignée par quelques personnes, a fourni les renseignements les plus précieux, pour comprendre tout ce qu’il y a de profonde régularité, de majestueuse harmonie dans la répartition géographique des êtres vivants, et qu’on a pu entrevoir les rapports nécessaires qui existent entre leur structure et les circonstances au sein desquelles ils sont placés. Buffon a jeté les premiers fondements réels de cette branche importante de la science , et les travaux récents des naturalistes contribuent chaque jour à en rendre les découvertes pl us positives.
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I. 'oiseau précieux que chacun connaît sous le nom de ¥ x\s.Kn(l,luisianus culckuus ), nous rappelle les bords du Phase , sur lesquels on assure qu il était confine. On s’accorde à dire qu’il fut introduit en Europe par les Argonautes qui , en remontant (< fleuve pour aller à Colchos s'emparer de la Toison d'or, furent frappés de la beauté
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de son plumage , et le rapportèrent en Grèce an retour de leur expédition. Aujourd Imi, le Faisan est répandu dans presque toute l’Europe , et on peut à bon droit le considérer comme appartenant à la Faune ornithologique de celte partie du monde, line espèce fort voisine est le faisan a collier ( Phasianus lorqualus); elle est moins commune. Le faisan doré, dont les anciens attribuaient les couleurs au Phénix, elle faisan argenté ( Phasianus nyclcmerus) , dont le dos et la queue sont d’un beau blanc, linement strié de noir, et qui a le dessous du corps d’un noir foncé, sont beaucoup plus recherchés que les Faisans communs ou à collier blanc. Ils nous viennent de Chine. Le Faisan ordinaire produit avec les autres espèces; mais une particularité plus curieuse de l’histoire de ces animaux est le changement que subit le plumage des femelles, après qu’elles ont cessé de pondre : leurs plumes se développent à l’égal de celles des mâles, et elles en prennent quelquefois les couleurs. Les chasseurs connaissent ces Faisans variés sous le nom de Coquard s , mais plusieurs les prennent à tort pour des mâles. M. Is. Geoffroy a vu aussi des Coquards dans l'espèce des Faisans argentés et à collier.
Parmi les Gallinacés , un exemple de ce changement a été remarqué chez le Paon , par Hunier, célèbre chirurgien et anatomiste anglais, et Bechsein mentionne des Poules d’Inde qui auraient pris quelques-uns des caractères du mâle. Le Canard domestique et le Coucou édolio ont offert la même singularité. On cite aussi, parmi les Passereaux, des changements analogues chez de vieilles femelles de Cotinga , de Pinson , de Rouge- Queue, d’Elourneau et de Bec-Croisé.
Ces femelles, arrêtées dans leur développement par suite d’une sorte de métastase déterminée par la production des œufs, ne sont donc privées que pour un temps des ornements qui parent le mâle dans presque toutes les espèces d’Oiseaux. Mais la stérilité permettant bientôt à la nourriture de se répartir uniformément entre tons les organes, le développement continue son cours habituel, et tous les attributs de leur espèce reparaissent. Celte explication s'applique aussi bien aux Oiseaux que nous venons de citer qu’à des êtres beaucoup plus élevés qu’eux dans l’échelle animale.
Les pintades ( Meleagris) s’élaieul déjà attiré l'attention de l'antiquité. L’imagination poétique des Grecs avait supposé les sœurs de Méléagre changées en Oiseaux de celle espèce, et les taches blanches, si abondantes sur le fond noir de leur plumage, étaient l’empreinte laissée par les larmes de ces femmes éplorées. En Grèce et à Rome, <m en élevait , sous le nom de Poules africaines ou numides , à cause de leur patrie , et aujourd'hui encore elles comptent parmi nos Oiseaux de basse-cour. Leur caractère taquin et leur voix criarde sont les scids reproches qu’on puisse leur faire, car elles multiplient assez rapidement , et leur chair se rapproche, par sa saveur, de celle du Faisan. La variété blanche de cet oiseau montre encore une différence entre les taches perlées de son pelage et le blanc général de son corps. Celui-ci est légèrement grisâtre. On en élève dans tout l’Orient. Buffon rapporte que des Mahométans s’imaginèrent jadis de les appeler Poules de Jérusalem , pour exciter les Chrétiens à les acheter à un très-haut prix, mais que ceux-ci, s’étant aperçus de la fraude, les revendirent à de crédules serviteurs de l’islamisme, sous le nom de Poules de la Mecque.
lœs faons peuvent , comme les Pintades, prendre un plumage tout blanc, et se per-
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peiner avec ce caractère, mais ce n’esi là qu’une variété. Dans l'ctal de nature, ces Oiseaux ont une parure si belle, leurs couleurs ont tant de brillant, que la plume cl le pinceau deviennent également insuffisants pour en donner une idée complète. Ou en a depuis longtemps en Europe, et même dans le Nord on peut, à force de soins, réussir à les multiplier. Dès l’époque d’Alexandre, il y en eut en Grèce: et ils sont aussi compris parmi les présents curieux ou magnifiques que la lloüe de Tharsis rapportait périodiquement à Salomon , de la part des rois ses alliés. On n'a jamais constaté chez les Paons de la Ménagerie le changement de plumage des vieilles femelles, comme on le voit poulies Faisanes, les Poules, etc.
L’Amérique nous a fourni le dindon, que, par une singulière erreur, Linné appela du nom ancien de la Pintade ( Mcleagris ), parce qu’avant lui, Gessner avait cru en Irouver la description dans un des Oiseaux dont a parlé Élien. Les premiers Dindons que l’on vit en Europe avaient été apportés du Mexique en Espagne par des missionnaires de ce pays. Ils passèrent ensuite en Anglelerre, où il y en avait quelques-uns dès 1524, sous le règne de Henri VIII. Six ans plus tard, on les avait introduits en Allemagne, et il paraît que la France fut, comme pour beaucoup d’autres importations utiles, une des dernières à en recevoir, puisqu’on dit que les premiers n’y parurent qu’en 1570, aux noces de Charles IX. Bulïbn rapporte néanmoins une tradition populaire qui en fait remonter l’introduction au règne de François Ier, et qui l’attribue aux jésuites. Le Dindon sauvage est plus brillant que le Dindon domestique, cl son plumage est comme bronzé. On en a eu plusieurs couvées à la Ménagerie, et elles ont fourni ceux que l’on voit chez différents particuliers.
L’Amérique méridionale produit les noccos, dont on a dans ce pays plusieurs espèces domestiques. Gcs beaux Oiseaux sont presque aussi forts que les Dindons, et plus hauts sur pattes. Leur couleur la plus fréquente est le noir velouté, auquel se mêle aussi du blanc aux parties inférieures. Leur tète a une huppe de plumes frisées, ou même, dans celui qu’on nomme Pauxi , un gros tubercule osseux. Il serait à désirer qu’on en introduisît dans nos poulaillers.
Le cariama n’a guère été vu vivant que deux ou trois lois en Europe, cl il en existe un à présent à la Faisanderie. A la première vue, cet oiseau rappelle le Secrétaire que nous y avons vu il y a plusieurs années , et quelques ornithologistes l’en ont meme rapproché. C’est cependant un Échassier ; et si la longueur de ses jambes ne suflit pas pour le démontrer zoologiquement , son squelette et la nature de ses intestinsen donnent la preuve. Le Cariama vient du Brésil , du Paraguay, etc. ; il a le bec rouge, la tcle ornée d’une lmppe de petites plumes molles, et le plumage entièrement gris, lavé de roux clair et finement vermiculé de brun.
Il n'est pas sans affinité avec les agamis ou Oiseaux trompettes des mêmes pays. Ceux-ci se soumettent facilement, et, comme ils sont plus intelligents «pie la plupart des espèces de leur classe, on peut leur confier la garde des Oiseaux domestiques et même des troupeaux. Ils les dirigent presque aussi bien que pourrait le faire un chien, et les défendent avec un courage au-dessus de leur force. Ils font la police dans la basse-cour, et forcent le bétail à rentrer le soir.
Les compartiments de la Faisanderie reçoivent encore plusieurs Oiseaux : des Poules d'eau, des Combattants, et , parmi les Passereaux et les Grimpeurs, toutes les espèces
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de ces deux ordres que l’on peut obtenir vivantes. Mais nous ne finirions pas si nous voulions rapporter tout ce que ces Oiseaux, dont la taille est plus ou moins faible, ont de curieux dans leurs instincts, et de joli dans leurs formes ou leurs couleurs. C’est aux diverses familles qui les constituent que les marchands d’Oiseaux empruntent toutes ces élégantes espèces qu’on se procure chez eux, et dont le goût est aujourd'hui fort répandu. Nous ne saurions mieux faire que de renvoyer le lecteur aux nombreux traités dont ils ont été l’objet. On a aussi publié à leur égard des ouvrages de luxe aussi remarquables par la beauté des figures que par l’exactitude des descriptions.