‹ Le jardin des plantesChapitre 28 sur 83 · OISEAUX 1)EAU · texte numérisé non relu

OISEAUX 1)EAU

Plusieurs Échassiers mériteraient celte dénomination aussi bicai que les Mouettes, les Canards, les Pélicans, les Manchots, à qui on la donne exclusivement. Les doigts de ces Oiseaux sont toujours réunis par une membrane dite palmature; et de là le nom de Palmipèdes , sous lequel on les désigne quelquefois.

Beaucoup d’espèces de cet ordre se tiennent sur la mer; les unes planent a\c< légèreté au-dessus de sa surface ou près du rivage, et ce n’est que par intervalle qu ils se mettent à nager; d’autres n’ont que celte dernière ressource , et ils passent toute icm vie à l’eau on sur les rochers; ce sont, pour ainsi dire, les Phoques ou les Chélonées de la classe des Oiseaux. Les Sphénisques et les Manchots sont surtout dans ce cas. Ceuxci, non plus que les Palmipèdes de haut vol , ne supportent pas la captivité, et nous n’aurons à parler que de fort peu d’espèces du même groupe.

Les molettes, dites encore Hirondelles de mer, vivent surtout des cadavres d animaux que la mer abandonne sur le rivage; autant ces Oiseaux sont coquets dans leur forme et leur plumage d'un beau blanc, ou varié de rose cl de noir, autant ils sont dégoûtants par leurs appétits et leur voracité. Leur cri est également fort désagréable. Les Mouettes courent, nagent et volent avec une grande vivacité. Souvent elles se battent entre elles , et quand le sang a commencé à couler, il est rare que le blessé ne soit pas mis en lambeaux par le reste de la troupe. En captivité, elles attaquent parfois les autres Oiseaux qu'on laisse avec elles, et elles ne montrent pas moins de voracité que les Surmulots.

Les cygnes de l'hémisphère boréal sont de la plus belle couleur blanche; l’éclat de leur plumage est même passé en proverbe. On connaît, dans l’Amérique australe, un Oiseau du même genre, dont la tête cl tout le cou sont noirs, et, à la Nouvelle-Hollande, il y a des Cygnes tout à fait noirs, ce qui leur a valu le nom spécifique d'Anas plulonia. Une de nos expéditions au pôle sud avait rapporté vivant un de ces animaux. En Angleterre, on en voit assez souvent à cause des relations plus fréquentes de ce pays avec l’Australie.

Quant aux espèces d’Europe, bien qu’on n’en cite généralement que deux, le cygne tubercule, ou domestique, et le cygne chanteur , ou sauvage, il y en a certainement trois, et peut-être même quatre. Le Cygne domestique a le bec rouge, bordé de noir, et surmonté, à sa base, d’un tubercule de celle dernière couleur. On le voit quelquefois à l’état sauvage, au milieu de bandes de Cygnes chanteurs qui nous arrivent tous les hivers, et il paraît que, dans la mer Baltique, il est fort commun. Le Cygne chanteur, aux dépens duquel les poètes ont si longtemps exercé leur imagination, a le bec sans tubercule, et coloré partie en noir, partie en jaune. Il reste quelquefois sur les étangs où il s'est abattu, y fait ses petits, et peut devenir sédentaire. Les jeunes Cygnes de cette espèce sont entièrement gris, aussi bien que ceux de la précédente. La troisième espèce n’est connue que depuis une douzaine d’années. Il se pourrait néanmoins fort bien qu’un Cygne observé à Chantilly, et décrit par Mongès, lui appartînt. Sa taille est moindre que celle du Cygne chanteur, et son bec est un peu différemment coloré. Ajoutez que sa trachée-artère s’enfonce encore plus profondément dans le sternum que chez ce dernier. On a donné a ce Cygne le nom de cy’gne de bewick, ou Cygne d’Islande. Il nous en vient de temps en temps, mais en fort petit nombre : on en a pris dernièrement dans l’Artois, en Normandie et en Picardie; il s en est même vendu à la Vallée de Paris, avec des Cygnes sauvages de l’espèce commune. M. Yarrel soupçonne qu’il existe une quatrième sorte de ces animaux, et comme les jeunes de celle-ci seraient aussi blancs que les adultes, il propose de l’appeler Cygnus immulabilis , c’est-à-dire Cygne invariable. C’est un Oiseau que l'on doit recommander aux chasseurs, à qui seuls il appartient d'éclairer celle question intéressante.

Les canards se partagent en une multitude d’espèces. Ce sont principalement des Oiseaux du Nord, et il en vient chez nous plus de vingt espèces. La Ménagerie a dû à l'un de ses correspondants, M. Bâillon, d'Abbeville, dont le père avait lourni a Billion des notes excellentes, beaucoup d’individus de plusieurs de ces espèces de Canard : «les Siflleurs, Pilels, MMouinans , Tadornes , etc. Outre le Canard commun, on élève dans beaucoup de fermes le canard musqué, originaire de l’Amérique méridionale, et non de Barbarie , comme pourrait le faire croire son nom vulgaire de Canard de Barbarie ; c’est la plus forte espèce du genre : sa tête est earonculéc et son plumage est tantôt noir, lustré de rellels verdâtres, tantôt entièrement blanc; il exhale une odeur de musc assez prononcée. Son mélange avec le Canard ordinaire fournil des races plus fortes que ce dernier.

Le céréopse, de la Nouvelle-Hollande, tient a la fois des Canards, des C\gncs, et surtout des Oies Bernachcs. Il a le plumage gris cendré. On en a eu de vivants en Europe.

L’oie d’êgypte est du sous-genre des Bcrnaches. Elle se voit, non-seulement

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dans ce pays, mais aussi dans une grande partie de l’Afrique , et même dans les provinces méridionales de l’Europe. Moins grande que l'Oie ordinaire , elle est plus svelte, et plus élégante par ses couleurs. On l’habitue aisément à nos climats, et elle compte même parmi nos Oiseaux domestiques. Elle a deux portées par an , en mars et en septembre, et, pour chacune, l'incubation dure vingt-six jours. M. E. Geoffroy pense que celle espèce est le Chenalopcx (Oie-Renard) d’Hérodote. Les Égyptiens l’avaient mise au nombre «le leurs animaux sacrés, et la ville de Chenohoscion lui était même dédiée. D’après Ilorus Apollo, cet Oiseau était le symbole de la piété filiale, parce que les jeunes, devenus adultes, continuent de vivre sous l’autorité de leurs parents. Sur l’obélisque de Luqsor, on voit gravées plusieurs Oies de celle espèce, ainsi que des Ibis et des Eperviers.

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