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sont employées comme fourrages ou comme plantes potagères, tels sont les Pois, les Fèves, les Haricots, les Lentilles, les Trèfles, les Luzernes , etc. ; elles fournissent à la médecine un grand nombre de médicaments , tels que la Gomme arabique, la Gomme adragante, la Casse, le Séné, le Tamarin, le Cachou, la Réglisse, le Baume de Tolu, etc. -, c’est de cette famille que les teinturiers tirent le bois de Campêche et le bois de Brésil, si usités pour teindre en noir et en rouge-, c’est à elle qu’appartient V Indigotier, dont on extrait cette belle matière colorante bleue, nommée indigo; nous lui devons , en outre, beaucoup de plantes d’ornement , telles que les Genêts, les Cytises, les Acacias , le Baguenaudier , etc.; enfin, c’est surtout dans les Légumineuses que l’on observe des mouvements périodiques, exécutés par les feuilles, phénomène que Linné, dans son langage poétique, a nommé veille et sommeil des Plantes. Ainsi le Robinier faux Acacia , nommé vulgairement Acacia, a ses folioles étendues presque horizontalement au lever du soleil : les folioles se redressent à mesure que cet astre s’élève ; elles baissent en même temps que lui , et tant qu’il est au-dessous de l’horizon , elles sont presque pendantes, elles dorment.
La lumière artificielle peut quelquefois produire cette veille et ce sommeil, et des observateurs ont, pendant la nuit, éveillé des Plantes en dirigeant sur elles une grande quantité de rayons lumineux.
La Mimeuse pudique, que tout le monde connaît sous le nom de Sensitive, et qui est une Légumineuse, dort la nuit et veille le jour, comme l’Acacia. Mais son état de veille est soumis à des vicissitudes qui dépendent des causes les plus légères ; une faible secousse, un peu de vent, le passage d’un nuage orageux, la projection d’une ombre, le dégagement de vapeurs irritantes, le toucher le plus délicat, suffisent pour faire abaisser subitement toutes les folioles, qui se couchent les unes sur les autres; puis le pétiole s’incline à son tour; mais peu de temps après, si la cause cesse, la Plante sort de cette espèce de défaillance ; toutes ses parties se raniment, et reprennent leur position première. Et ce qui achève de révéler, dans la Mimeuse pudique, une sensibilité presque animale, c’est que si on l’arrose avec un liquide narcotique , tel que de l’eau contenant un peu d’opium, on peut engourdir la Plante et la plonger dans un sommeil indéfini.
Nous verrons dans les Serres une autre Légumineuse, bien plus remarquable encore : c’est un Sainfoin originaire du Bengale, que l’on nomme Hedysarum gyrans. La feuille se compose de trois folioles; les deux latérales, qui sont beaucoup plus petites, sont animées d’un double mouvement de flexion et de torsion sur elles-mêmes : ce mouvement est rapide et saccadé; il s’exécute la nuit comme le jour. La foliole impaire , au contraire, dort et veille suivant l’action de la lumière.
Enfin il y a une Plante, nommée Attrape-Mouche , qui nous est venue de l’Amérique septentrionale, et dont la sensibilité est funeste pour les Insectes qui s’en approchent : c’est le Dionœa muscipula , de la famille des Droseracées. — Les feuilles sont terminées par deux plaques arrondies , hérissées de poils. Entre ces deux
Sainfoin oscillant
Dionée attnipc-iiiourlu'
plaques s’étend une charnière qui les réunit, comme le dossier d’un livre réunit les deux côtés de ce livre; sur leur face supérieure sont deux ou trois petites glandes, distillant une liqueur qui attire les Insectes. Ces glandes sont très-irritables, car si une mouche vient à les toucher, les deux plaques se redressent vivement le long de leur charnière, se rapprochent et saisissent l’Insecte ; celui-ci, par les efforts qu’il fait pour sortir de captivité, augmente l’irritation de la Plante, et finit par être étouffé ; puis , quand ses mouvements ont cessé avec sa vie, les deux plaques de la Dionce attrape-mouche s’ouvrent et s’étalent de nouveau , en attendant une nouvelle victime.
Ces divers mouvements opérés par les feuilles sont des phénomènes exceptionnels, qui ne s’observent que dans un petit nombre de familles. 11 s’agit maintenant de vous expliquer les fonctions ordinaires de la feuille dans tous les Végétaux.
Les feuilles servent principalement à absorber dans l’atmosphère, et surtout dans l’atmosphère humide, les éléments nécessaires à la nutrition de la Plante qui les porte. De même que les racines, elles pompent l’eau, par leur face inférieure surtout. Vous savez combien l’eau est utile aux Plantes, et combien il est facile de leur rendre leur fraîcheur en les arrosant : or, il y a , dans l’ile de Madagascar, un végétal , le Nepcnthcs
distillatoria , que la nature a singulièrement favorisé à cet égard. Outre la faculté d’absorber de l’eau par les feuilles et par les racines , elle lui a fourni les moyens d’en amasser des provisions considérables: c’est dans des réservoirs placés à l’extrémité des feuilles que vient s’accumuler, par infiltration, l’eau que la Plante a pompée dans le sol et dans l’atmosphère. Chaque feuille porte à son sommet un long filament que termine une espèce d’urne; cette urne est close à son orifice par un couvercle mobile. Pendant la nuit, le couvercle est baissé, et l’urne se remplit d’une eau limpide, très-bonne à boire; pendant le jour, le couvercle se soulève un peu, et l’eau diminue de moitié, tant par l’évaporation que par l’absorption.
Les feuilles ne se bornent pas à absorber de l’eau; elles hument l’air , en un mot , elles respirent. Or, pour que vous compreniez bien la respiration des Plantes, il faut que vous ayez une idée exacte de la respiration des animaux. Je serai court, et je tâcherai d’être clair.
Le sang, que renouvellent sans cesse les aliments que nous prenons, va déposer dans tous nos organes les matériaux propres à les consolider, et à son retour il emporte avec lui les matériaux qui ont déjà vécu , et que le temps a détériorés. Ces molécules vieillies sont composées essentiellement de carbone (charbon); elles rendent noir et boueux le sang qui les charrie, et il faut à tout prix qu’il s’en débarrasse : pour y parvenir, le sang se rend dans deux sacs celluleux comme une éponge, qui remplissent notre poitrine, et communiquent avec l’extérieur par le nez et la bouche.
NVpentlies.
Ces deux sacs, nommés poumons, reçoivent à chaque respiration l’air atmosphérique, qui s’y engouffre et en remplit toutes les cavités. Or, l’air atmosphérique se compose en partie d’un gaz nommé oxygène, qui a une grande affinité pour le carbone : au moment où nous respirons , l’oxygène entre dans notre poitrine, attire, à travers les pellicules du poumon , le carbone qui altérait la pureté du sang; la combinaison s’opère à l’instant, et de cette combinaison résulte un gaz nouveau , composé d’oxygène et de carbone, et nommé acide carbonique. Ce gaz, une fois formé, est chassé de la poitrine, et se mêle à l’air extérieur; le sang , débarrassé de ses matières charbonneuses, redevient rouge et propre à nourrir les organes.
De ce que je viens de vous dire , vous devez conclure que l’air sorti de notre poitrine diffère de celui qui y est entré; en d’autres termes, que l’air expiré diffère de l’air inspiré. L’air inspiré contenait beaucoup d’oxygène , l’air expiré en possède beaucoup moins , et la quantité perdue est remplacée par du gaz acide carbonique. Ce gaz est impropre à la respiration ; et ce qui le prouve, c’est que si vous restez longtemps renfermé dans un lieu bien clos, tout Y oxygène de l’air que contient ce lieu devenant acide carbonique au moyen du carbone de votre sang, cet air n’est plus respirable, et vous mourez asphyxié, comme si vous aviez allumé du charbon dans votre chambre (seulement l’asphyxie est moins rapide qu’avec un réchaud).
De là découle une règle d’hygiène bien importante : c'est qu’il faut aller souvent à la promenade , habiter des appartements bien aérés , et surtout ne pas s’emprisonner, pendant le sommeil , dans des rideaux où l’on respire plusieurs fois le même air.
«Mais , dites-vous , si l’oxygène est constamment changé en gaz acide carbonique par la respiration des animaux , ce n’est plus seulement l’air des maisons qui est dénaturé; l’air extérieur doit aussi peu à peu s’altérer, et il viendra un moment, éloigné , mais inévitable , où l’atmosphère tout entière sera viciée : dès lors l’air n’étant plus respirable, tous les animaux périront par asphyxie.»
Cette conclusion est logique ; mais rassurez-vous. La Providence a rendu celte catastrophe impossible ; elle a placé dans le voisinage des animaux d’autres êtres, qui se font un aliment de ce qui est un poison pour nous : ces êtres sont les Végétaux. L’air chargé d’acide carbonique n’est plus propre à notre respiration ; il va l’être pour celle des Plantes : leurs feuilles absorbent le gaz acide carbonique par une infinité de petites bouches dont leur épiderme est criblé, et qu’on peut voir avec une loupe. Elles décomposent rapidement ce gaz, gardent pour elles le carbone, qui se liquéfie, se solidifie, et s’ajoute à leur substance; puis elles rejettent dans l’air l’oxygène, et rétablissent les proportions que les animaux avaient détruites en respirant. L’air setrouve de la sorte purifié par les Végétaux, à mesure qu’il est vicié par les animaux. Cette respiration des feuilles s’effectue à la lumière : de là le plaisir indéfinissable que nous fait éprouver une promenade matinale dans les bois et dans les prairies , où nous respirons un air riche en oxygène.
Ainsi les Plantes nourrissent les Animaux ; mais ceux-ci à leur tour alimentent les Végétaux, et il ne serait pas absurde de dire à un Pommier dont vous avez autrefois mangé le fruit : En respirant sous ton feuillage, je te rends l’aliment que tu m’as donné.
Je viens de vous exposer rapidement la respiration diurne des feuilles : elles en ont