‹ Le jardin des plantesChapitre 36 sur 83 · VIL JARDIN DES SEMIS. — JARDIN DE NATURALISATION · texte numérisé non relu

VIL JARDIN DES SEMIS. — JARDIN DE NATURALISATION

Remontons maintenant l’allée des Marronniers; après avoir longé la limite méridionale de la l'allée suisse et les fosses des Ours , nous arrivons vis-à-vis de deux jardins enfoncés d’environ dix pieds au-dessous du sol ; ce sont : 1° le Jardin de Naturalisation ; 2" le Jardin des Semis. Commençons par ce dernier.

Le jardin des Semis, destiné à entretenir et augmenter les richesses végétales du Muséum, n’existe que depuis 1786; Buffon en confia l’ordonnance à André Thouin , jardinier en chef. Dans eet enclos, abrité par sa position contre les vents et le soleil , on sème, on fait lever, on conduit jusqu’à l’époque de la transplantation, les végétaux de tous les climats. La porte d’entrée est au bout de la terrasse de deux cents pieds de long, qui occupe le devant de la serre tempérée. Pendant la bellesaison, cette terrasse est garnie des arbres et arbrisseaux qui ont passé l’hiver dans la serre : vous pouvez, de l’allée des Marronniers, jouir du coup d’œil magnifique de cette exposition.

Dans ce jardin, garni de châssis et de couches, les plantes sont distribuées d’après la nature du climat qui leur convient: les unes sont constamment protégées pardeschâs-

sis, et trouvent, dans des couches chaudes, la température de leur patrie; ce sont les plantes tropicales. Les autres, qui appartiennent à des régions tempérées, sont abritées également contre les vents du nord et les ardeurs du soleil. D'autres, enfin, sont placées de manière à ne recevoir que quelques rayons le matin et le soir : ce sont les végétaux des régions polaires et des montagnes couvertes de neiges éternelles. Vous verrez parmi ces plantes de jolies fougères du nord, des Daphnés , des Gentianes, des Géraniums alpins, la Violette à fleur jaune, les Androsaces, les Primevères et Saxifrages des Pyrénées , la Soldanelle des Alpes, V Absinthe des Glaciers, les Renoncules , les Saules nains, etc.

La plate-bande adossée à l’allée des Marronniers est partagée dans son milieu par un passage souterrain et voûté, qui conduit à l'École de botanique.

Le jardin de Naturalisation est à l’est de celui que nous venons de visiter; il en est séparé par une plantation de hauts Thuyas, et un mur de clôture, au milieu duquel est la porte d’entrée : sa largeur est d’abord la même que celle du jardin des Semis, mais il se rétrécit en allant vers l’est, ce qui rend sa forme irrégulière. La face qui se présente au levant est destinée à recevoir pendant l’été la plupart des arbres et arbustes de la Nouvelle-Hollande, qui ont passé l'hiver dans la serre tempérée : ce sont les Melrosideros, Embothrium, Melaleuca, Eucalyptus, etc. Le long des murs qui entourent le jardin des trois autres côtés, ou voit, au midi, des Pistachiers, des Jujubiers, des Grenadiers , des Câpriers, etc. Au nord, des arbrisseaux et des plantes vivaces des pays froids, tels que des Spii'ées de Sibérie, des Orchidées, des Fougères, etc. Ce jardin est coupé transversalement par deux allées de Thuyas, qni sont rapprochés les uns des autres, et sous lesquels on élève en pots les plantes qui croissent dans les forêts les plus épaisses, et ont besoin d'être cultivées à l'ombre. Le reste du jardin est divisé en plates-bandes destinées à la culture des plantes vivaces de pleine terre, les plus intéressantes et les plus rares

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