‹ Le jardin des plantesChapitre 59 sur 83 · C 1 N Q U I È M I : PARTIE · texte numérisé non relu

C 1 N Q U I È M I : PARTIE

liroit de cité dans cette enceinte consacrée à deux des branches les plus intéressantes des sciences naturelles : la Minéralogie et la Géologie.

Entrez, regardez tout avec attention, scrutez la nature jusque dans ses replis les plus secrets, et que votre esprit, plongeant plus avant dans les abîmes de la terre, élève votre âme plus haut vers celui qui en est le créateur et le roi.

La Minéralogie déploiera a vos yeux sa robe brodée de métaux précieux

et de pierres éblouissantes reflétant toutes les couleurs du prisme et surpassant l’éclat des plus belles fleurs ; mais la Géologie étalera devant vous des merveilles encore plus surprenantes, et vous fera goûter des plaisirs encore plus variés.

De nombreuses populations d’animaux perdus; le globe entier bouleversé à plusieurs reprises, avec des preuves irrécusables de ces catastrophes terribles, se présenteront à vous dans toute leur imposante vérité.

Nous dépouillerons peu à peu la terre de ses enveloppes successives, et comparant les rapports de ses couches avec les débris qu’elles recèlent, nous arriverons à une conséquence remarquable : nous verrons que la vie. et par conséquent la mort, ont commencé longtemps avant l’homme ; et que cet être si fier, qui se pose en seigneur et maître de l’univers, est à

peine né d’hier, eu égard à l'antiquité incontestable de ses devanciers, lui qui cependant compte déjà son existence par vingtaine de siècles Nous vous montrerons, nous vous prouverons tout cela parles moyens qui sont à la disposition des deux sciences, dont nous sommes le trèshumble interprète. Mais avant tout, jetons un coup d’oeil sur cette belle galerie qui en est le digne sanctuaire.

Vous voyez les trente-six gracieuses colonnes, placées en deux rangs, par dix-huit de chaque côté, soutenant la voûte vitrée qui éclaire cette salle. Eh bien, c’est ici que les deux siences ont établi leur domaine.

Naguère encore resserrées dans deux ou trois chambres de l’ancienne galerie, elles y représentaient modestement l’état peu avancé dans lequel, comme sciences exactes, elles s’étaient trouvées toutes deux quelques dizaines d’années auparavant. A présent leurs richesses sont tellement grandes, que cette vaste enceinte les contient à peine.

Mais aussi quel rare exemple d’union n’ont-elles pas donné, ces deux sœurs jumelles : marchant, dès l’origine, toujours ensemble; s’appuyant l’une sur l’autre, grandissant l’une par l’autre, elles sont parvenues au point où nous les voyons aujourd’hui.

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